Science et Fiction – Aventures Croisées à la Cité des Sciences et de l’Industrie

© eppdCSI / csuperLa balade du weekend, du moins il y a deux semaines, a été consacrée à une exposition qui me faisait frétiller très fort : Sciences (et) Fiction – Aventures Croisées, établie à la Cité des Sciences et de l’Industrie et co-réalisée avec la BNF. C’est d’ailleurs la première fois que la SF s’installe dans un grand musée / centre culturel alors il était hors de question de rater ça ! D’autant plus que l’annonce faite autour de cette exposition était bien alléchante : nombre d’objets uniques issus du cinéma, un récapitulatif de la plupart des courants de la SF et bien sûr les interactions entre la science et la science-fiction…

Qu’il soit fan ou néophyte, le visiteur se balade entre les différents tableaux traitant des différents genres SF. On commence par un préambule sur ce qu’est la SF avec une citation fort à propos du maître Asimov : « On peut définir la science-fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l’être humain aux progrès de la science et de la technologie ». Après cette courte introduction, tout y passe ! Le premier plateau s’intéresse à la traversée de l’espace et du temps : la conquête de la Lune tout d’abord avec des œuvres datant de de l’an 180 tandis que la réalité n’a rejoint la fiction qu’en 1969 (enfin paraît-il), ensuite Mars et les combinaisons imaginées dans la littérature, dans le cinéma  et même une vraie combinaison (et hop quelques pièces magnifiques déjà) puis la conquête de l’univers et le genre space-opéra, rien que ça… Au centre trône une magnifique réplique à l’échelle 1:1 du Viper de BSG et ensuite des manuscrits de Bordage, de Wul, de Genefort et des story-boards de Star Wars ! Bref, un premier plateau magnifique et qui pourtant va laisser sa place à quelque chose d’encore mieux.

© eppdCSI / T. Shimmura / A. Robin / A. Robin

Car la suite, ce sont les sociétés imaginées dans la science-fiction et là, le genre ne manque clairement pas d’imagination ni de réflexion sur nos maux contemporains… Ce sont les robots qui sont traités en premier, de manière très complète d’ailleurs (avec un exemplaire original de R2-D2) et ensuite un élément qui va bien avec eux : l’enfer des villes, souvent très présent en SF. Quelques pièces du Cinquième Élément et de Blade Runner sont là pour illustrer ces mégalopoles dantesques où l’homme se perd et voit ses démons réapparaître… une transition parfaite pour parler des dystopies comme le Meilleur des Mondes, Fahrenheit 451 ou 1984. Bonheur inaccessible, monde sous contrôle, une tendance très nette de la SF que de noircir le futur de manière horriblement tangible, une tendance que n’apprécie pas la néophyte qui m’invitait !

© eppdCSI / A. Robin

J’espère simplement que cette exposition lui aura montré que plutôt que d’inventer des mondes noirs, la SF se contente souvent de parler au futur des problèmes d’aujourd’hui. D’ailleurs, la suite s’attache au cyberpunk et à son œuvre majeure : Neuromancien et son adaptation un poil libre, Matrix, qui gagne une salle où la matrice est projetée tandis que des costumes et pièces du film (mais aussi un costume de Tron !) sont en vitrine juste à côté. Enfin, le clonage, la maîtrise du génome et les sociétés guerrières à la Starship Troopers (une maquette du film…) sont rapidement traités… là-aussi des thèmes récurrents dans la SF. Dernière étape avant de finir, nos amis les aliens et cette splendide reproduction d’un Alien justement et d’une quantité de personnages bien connus de l’imaginaire SF : Cinquième Élément, Star Wars, la Planète des Singes, Men in Black, etc.

© eppdCSI / A. Robin / JP. Attal / A. Robin

Alors, verdict ? Le fan de SF n’apprendra pas grand chose. Le néophyte en revanche va en apprendre beaucoup… Reste que le fan va quant à lui trimbaler une demie-molle – pardonnez-moi l’expression – pendant l’intégralité de l’exposition tant son contenu est – petite liste – bien choisi, complet, gavé de pièces uniques, tout à fait enthousiaste sur le genre et pas du tout critique sur ce qui fut longtemps considéré comme une sous-littérature. En clair la Cité des Sciences et la BNF ont fait un boulot remarquable et toute personne un tant soit peu curieuse (ne parlons pas des fans… s’ils n’y vont pas, ils ont raté leur vie) a intérêt à aller découvrir cette belle expo avant le mois de juillet 2011.

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