Kev’ Adams fait son Young Man Show au Théâtre du Temple

Jeudi dernier, j’étais invité à découvrir le spectacle de Kev’ Adams, un jeune homme qui présente bien, gonflé d’une motivation énorme, repéré et soutenu par des très bons (on citera Anne Roumanoff ou Michel Hazanavicius) mais dont la tête semble encore bien reposer sur les épaules ! Et pourtant, il a tout juste 18 ans et est déjà le chef d’orchestre de son spectacle au théâtre du Temple depuis quelques mois. Le spectacle justement… que vaut-il ? J’avoue y avoir été avec un mélange d’enthousiasme et de circonspection… Enthousiasme puisque les retours reçus sur le spectacle étaient plutôt bons, circonspection parce que ça fait quand même un peu étrange de voir un « garçon » (écoutez le vieux con qui parle…) de cet âge sur scène, seul, avec un succès galopant ! Le verdict est au final à peu près du même acabit que la sensation de départ.

Je m’explique… Enthousiasme parce qu’on rit régulièrement, qu’il y a de bonnes blagues, de bons sketches, un gros (mais alors gros) investissement de Kev’ sur scène qui s’éclate, qui bouge, qui mime, qui interagît avec le public… Enthousiasme aussi quand on écoute certaines vannes, certains enchainements : on rit et on a aussi parfois l’impression d’avoir 60 ans, mais bon c’est aussi le but de ce spectacle : parler essentiellement aux jeunes et renverser les rôles puisqu’on voit trèèèès souvent des vieux comédiens (ils me pardonneront l’usage du mot « vieux » j’espère, ‘fin si tant est qu’ils me lisent…) parler de leurs ados, de leur vision de l’adolescence. Ici c’est l’inverse : c’est l’ado (enfin le presqu’adulte…) qui vient nous parler et parler à ses semblables et ça fonctionne bien. Resteront aussi quelques vannes excellentes (« et ninninnin » / « vas-y maman, va au bout de tes rêves ! » / etc.),  quelques remarques sur le quotidien de l’ado pleines de justesse… bref c’est globalement pas mal !

Circonspection parce qu’on sent quand même pas mal d’influences dans certaines blagues ou mimiques. C’est certes bien fait, mais Kev’ manque encore peut être un peu de « bouteille » pour qu’une identité véritablement propre émerge de l’ensemble. Mais clairement, même si parfois cela traine un peu en longueur, que certaines vannes tombent à plat ou que cela manque de rythme, Kev’ Adams a du talent et une aisance sur scène qu’on ne peut nier. Autrement dit, s’il arrive à se renouveler, à créer, à faire évoluer son spectacle et son humour dans le bon sens, il va continuer à exploser et à faire salle comble.

Cela fait finalement pas mal de circonspection me direz-vous ? Oui. C’est un premier vrai spectacle, dans une « vraie » salle, alors forcément il y a des choses à revoir, à améliorer… et Kev’ en est bien conscient puisque j’ai pu échanger un peu avec lui après son show. Et quand je vous dis que le jeune homme a la tête sur les épaules, qui plus est une tête bien faite, je ne vous mens pas. Honnête, franc, direct, attentif aux remarques, réaliste quant à ses influences, très franchement flatté quand Charles lui dit qu’il a vu du Courtemanche dans son spectacle… voilà pas mal de qualificatifs qui lui vont bien.

Et puis il a bien conscience qu’il doit travailler, beaucoup, toujours, faire évoluer son texte, mieux le caler.  Et évoluer parce qu’il a certes pour l’instant la possibilité de se positionner en tant que « jeune » mais ça ne durera pas toujours ! Alors il faut s’attendre à pas mal d’évolutions dans les mois à venir, ou les années, c’est selon. Toujours est-il qu’il a là aussi parfaitement conscience de sa chance d’être là et qu’il a bien l’intention d’y rester, ne serait-ce que pour ne pas se faire chier en fac de droit !!!

Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas un spectacle absolument parfait mais cela reste un moment très agréable à passer soit entre potes, soit avec un ado qui traîne du côté de chez vous (on en a en général tous un, alors autant le sortir et gagner un peu de crédit à ses yeux…). Reste pour l’instant le problème de cette salle annexe du Théâtre du Temple, plane, profonde, qui ne facilite pas l’interaction et le retour d’informations à l’artiste (qui n’entend du coup pas bien les rires du fond de la salle !), vraiment dommage. Mais gageons qu’en septembre, pour la rentrée, Kev’ Adams aura une salle vraiment à la mesure de sa présence sur scène !

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