Omale – Laurent Genefort – Intégrale

omale_integrale_2Cela fait des années qu’un certain Thibaut me serine à l’envi qu’Omale est un livre à lire absolument, particulièrement pour un client comme moi, féru de space-operas de qualité… J’avais reçu dans le cadre des 13 ans de la Collection Lunes d’Encre les deux tomes de l’intégrale, réédités pour l’occasion dans une splendide édition dont la couverture seule (©Manchu) fait envie mais, à l’époque en panne totale de rythme de lecture, je les avais posés dans un coin pour ne les rouvrir finalement qu’au mois d’août, pendant les vacances. Une belle idée, car mon conseiller ne s’était pas moqué de moi : Omale est une merveille.

Bienvenue donc dans cette intégrale regroupant quatre romans situés dans le même univers, celui d’Omale, édifice inimaginable s’il en est et auquel pourtant Laurent Genefort donne corps et réalité avec brio ! Omale est une planète inversée dirons-nous, une sphère entourant un soleil, située à bonne distance de celui-ci. Je vous laisse quelques secondes pour imaginer la chose. Imaginez une sphère de rayon Soleil – Terre entourant celui-ci, faite d’un matériau indestructible, en rotation autour de l’étoile pour assurer une gravité, doté d’une atmosphère par endroits (autour de l’équateur).

Laurent Genefort nous emmène dans une aire habitable de cette sphère, située au niveau de l’équateur. Sa surface ? Plusieurs fois l’équivalent de notre Terre, beaucoup de fois plutôt mais je n’ai plus le chiffre exact en tête. Inimaginable, vous dis-je. Sur cette grande Aire, trois espères, trois rehs, dont l’espèce humaine. Comment sont-ils arrivés là ? Je ne vous en dirai pas trop mais ces trois espèces utilisaient des portes de Vangk, artefacts assimilables à des trous de vers permettant de passer d’une zone à l’autre de l’univers. Ces portes communiquaient une à une jusqu’au jour où elles se sont toutes mises à pointer vers l’intérieur d’Omale. Voilà pour le début de l’histoire…

La suite, ce sont les quatre romans de l’intégrale, l’occasion pour l’auteur de développer son huis-clos fantastique, avec brio disais-je. Là où la facilité aurait été de raconter quelques histoires abracadabrantesques ou basiquement des « aventures », en gros du Jack Vance de mauvaise qualité, Genefort a su mêler toutes les thématiques d’un très grand roman de SF : politique, science, religion, culture, différences anatomiques et autres aspects liés aux interactions inter-culturelles. Omale foisonne de détails, de précisions anatomiques, scientifiques, culturelles, le tout au service à la fois de l’univers créé par l’auteur mais aussi du récit, mélange permanent d’aventure et d’explications déguisées sur le fonctionnement de la sphère et des questions soulevées par son existence.

omale_integrale_1Le premier roman présente l’univers, les différentes rehs, il nous raconte le parcours de plusieurs protagonistes issus de mondes et de cultures différents en quête d’une part de la vérité sur Omale, ce à quoi ils ne s’attendaient à dire vrai pas vraiment. Le récit est une alternance brillante de phases d’actions, de huis clos et flashbacks nourrissant la connaissance du lecteur comme des protagonistes du monde qui les… entoure. La chute est un régal et une frustration à la fois tant tout se goupille parfaitement mais qu’on souhaiterait en savoir nettement plus !

Le second roman du premier tome permet justement de se remettre un peu de ses émotions en repartant 700 ans en arrière pour découvrir la conquête d’Omale et ses conquérants ! Un récit encore plus réussi à mes yeux car plus complet, moins initiatique et plus riche au niveau des personnages. Là-aussi, j’ai véritablement subi la fin du roman comme une frustration intense.

Troisième et dernier roman, dans le second tome : la muraille sainte d’Omale. Laurent Genefort nous plonge cette fois-ci plus loin dans le temps, après les évènements du premier roman. C’est l’occasion pour lui de nous rapprocher du cœur de l’aire humaine, fraction de l’aire globale où cohabitent tant bien que mal les trois espèces et d’aborder avec énormément de violence, comme pendant tout le cycle d’ailleurs, la question de la religion. L’auteur doit avoir quelques comptes à régler, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire car j’y ai trouvé une caisse de résonance à mes propres interrogations et doutes sur la religion, tantôt ciment d’une civilisation, tantôt frein et bourreau de ses ouailles. C’est également un roman particulièrement intéressant d’un point de vue relations inter-rehs et notamment pour ce qui est de la solidarité et des amitiés pouvant naître malgré des différences culturelles fondamentales. Peut-être pas aussi réussi que les Conquérants mais néanmoins fantastique.

Enfin, dernier roman qui n’en est pas un, la seconde moitié du second tome est un recueil de nouvelles, tantôt situées avant ou après les évènements des trois romans et apportant un éclairage intéressant et bienvenu sur certains des personnages ou périodes « légendaires » mentionnés au court du récit. L’ensemble est réussi une fois de plus et vient encore enrichir l’univers et la quantité déjà pléthoriques de détails qui le composent.

J’en termine ici avec le sentiment de n’avoir qu’effleuré tout ce qu’il y a à dire sur Omale, aussi ne puis-je que vous suggérer très fortement de vous procurer ces deux tomes avant qu’ils ne soient de nouveau épuisés ! Omale est à n’en pas douter l’un des romans SF à posséder absolument et pour ne rien gâcher, il est particulièrement bien écrit, aidé en cela par l’absence de traduction, Laurent Genefort étant l’un de nos compatriotes (et un homme adorable de ce que j’ai pu en voir aux Utopiales)…

Il ne me reste plus qu’à attendre patiemment l’arrivée de la suite, à savoir les Vaisseaux d’Omale, nouvel opus à paraître toujours chez Lunes d’Encre au mois de mars 2014. Autant vous dire que j’ai hâte de replonger dans cet univers si difficile à quitter !

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