Journée de pilotage avec Porsche Distribution au Mans !

Faire un stage de pilotage avec une Porsche ou deux, c’est déjà une chose. Faire un stage de perfectionnement au pilotage, avec des instructeurs de la Porsche Sport Driving School, au volant de plusieurs Porsche et au Porsche Experience Center du Mans, c’est encore autre chose et c’est ce qu’a souhaité me faire vivre Porsche Distribution ! Voilà qui fait beaucoup de Porsche dans une seule phrase mais ça a aussi fait beaucoup de Porsche dans une journée alors il fallait bien ça.

L’organisation Porsche Distribution, acteur majeur du constructeur en France et plus particulièrement en Île de France avec 8 centres Porsche, organise un bon nombre d’évènements tout au long de l’année. Le panel est varié : de l’invitation à venir vivre les 24h du Mans à la découverte en avant-première de nouveaux modèles en passant par des track days ouverts à tous et à des stages de pilotage de niveaux variés. C’est à l’un de ces évènements « piste » que je me suis retrouvé invité, pour la seconde journée, celle du perfectionnement au pilotage.

Le vendredi, 84 voitures ont ainsi limé la piste du circuit du Mans permanent, le fameux Bugatti. Ils étaient forcément un peu moins nombreux le lendemain, tous clients Porsche cette fois-ci et tous voulant rouler encore et encore, cette fois sur la piste de Maison Blanche et avec le support du Porsche Experience Center et de l’école de pilotage maison. Je n’étais pas retourné au Mans depuis deux ans, que ce soit pour les 24 heures ou plus récemment pour la dernière édition du Mans Classic. J’ai donc découvert ce lieu unique pour la première fois samedi matin.

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Construit il y a deux ans à l’occasion du retour désormais triomphant en LMP1 de la marque au Mans, l’endroit est impressionnant par sa taille et par l’espace disponible, s’établissant à deux pas du virage du Raccordement et offrant donc un accès direct sur le circuit « école » de Maison Blanche. L’emplacement est stratégique et symbolique, célébrant les 60 ans d’histoire de la marque avec le Mans et venant s’ajouter aux centres déjà existants à Silverstone, Atlanta et Leipzig. Ici, tout est Porsche, des véhicules exposés aux citations et signatures sur les murs en passant par une certaine idée du premium dans l’accueil, à la fois d’un professionnalisme absolu et chaleureux. On est en famille, dans la famille Porsche. C’est l’un des points qui m’aura finalement le plus marqué pendant cette journée, cet équilibre entre l’offre professionnelle et une ambiance familiale et détendue autour de la marque.

Circuit exigeant, piste off road à quelques centaines de mètres, accès au circuit du Mans, possibilités de séminaires et autres évènements, boutique, installations supplémentaires de formation comme des pistes basses adhérence et enfin la Porsche Sport Driving School en cerise sur le gâteau : si la première journée du pack proposé par Porsche Distribution était un track day ouvert à toutes les GT, cette seconde journée est un peu plus réservée à la marque et plante le décor sans équivoque. Les clients sont venus pour apprendre à se servir de leur voiture, pour apprendre à l’exploiter au mieux, à savoir ce qu’elle sait faire et enfin pour avoir l’opportunité de tester également les nouveaux modèles de la marque.

Sous la canopée, les clients ne s’y sont pas trompé et ont ramené leurs machines, contrôlées et bichonnées pour l’occasion. Porsche Distribution mettait en effet à disposition une équipe de mécaniciens pour vérifier que tout allait pour le mieux sur les machines, avant et pendant ces deux journées d’usage intensif. Hormis quelques plaquettes pour les plus gourmands, la tâche se sera limitée à quelques purges, quelques pressions et les vérifications d’usage sur le bon fonctionnement de l’auto. Les clients étaient également invités à laisser un des pilotes de la Driving School au volant de leur voiture, avec eux en passager, afin de mieux réaliser ce dont était capable leur précieuse machine !

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C’est d’ailleurs le propre de la Porsche Sport Driving School : apprendre, progressivement, à se servir de son auto et si le programme est ouvert aux porschistes, il l’est également aux autres grâce à une flotte de véhicules dédiés à l’exercice de la formation. Cinq niveaux de stage sont disponibles, que ce soit sur le Bugatti ou sur Maison Blanche, pour peu que l’on ait 23 ans et son permis depuis 5 ans : stage Précision, Performance, Coaching, GT3 et GT3 RS enfin ! C’est le troisième niveau, celui du Coaching, que j’ai pu expérimenter en partie grâce à Porsche Distribution, avec un accompagnement individuel par un pilote maison pour me faire progresser.

Le briefing fut très clair mais concis : sécurité, rapidité, attaque, sécurité de nouveau. S’agissant d’un niveau 3, tout le monde dans la salle avait déjà roulé sur circuit et savait donc à quoi s’en tenir pour les consignes de base et les bons comportements à adopter sur piste ! L’ambiance était donc professionnelle mais détendue, plutôt orientée sur le bon respect de la mécanique, des refroidissements et phases de repos pour l’auto. Le ton était bien choisi par l’équipe car personne n’est sorti ni ne s’est fait d’énorme chaleur !

Pendant toute la journée, j’ai par ailleurs vu les instructeurs de la Driving School monter à tour de rôle dans les voitures avec les clients, vu les gestes dans les habitacles, les menues corrections. Le nombre de tours avec la voiture personnelle était bien quasiment libre, avec a minima quatre sessions de 30 minutes ! En sus de cela, les clients et moi avec avions la possibilité d’essayer les nouvelles voitures disponibles chez Porsche : 718 Boxster S, 911 Carrera 2S et 911 Carrera 4S.

Avant de parler de ça, n’oublions pas les SUV. Car oui, Porsche fait des SUV et en vend même des quantités astronomiques ! Pour les clients Cayenne et Macan, il y avait aussi la possibilité de se faire une idée des capacités de franchissements de leurs véhicules sur la piste off road du Porsche Experience Center. J’y suis forcément allé faire un tour, fort d’un à priori plutôt négatif sur ceux qui sont bien souvent des 4×4 des villes. Le but pour Porsche Distribution ici n’était pas d’inciter ses clients à traverser quotidiennement bourbiers, souches, crevasses et montagnes mais plutôt de les inviter à partir off road l’esprit décontracté, en parfaite conscience de ce que ces voitures peuvent faire très facilement.

J’avoue que j’ai moi-même été plutôt bluffé ! Pourtant, je partais avec un à priori, comme je le disais ! Alors il s’agissait bien sûr d’un Cayenne plutôt « standard » dans sa monte pneumatique, disons que je ne recommanderais pas forcément de faire ça avec un modèle Turbo ou GTS, mais l’exercice est concluant. Franchissement de pont pour se mettre en bouche, forte ascension de pente en dévers pour se mettre un peu à l’aise, tour complet sur une pente à 43 degrés pour serrer les f*sses et enfin la montée / descente qui permet de tester l’assistante à la descente à 3 km/h et aussi la capacité à grimper aux arbres de l’auto sans aller jusqu’à l’exercice de franchissement dans des baignoires de boue, ce n’est pas le propos de l’exercice. Le travail des différentiels et de l’électronique est audible, perceptible dans le volant et la confiance est là. Je n’aurais jamais cru faire ça avec un Porsche Cayenne, tout simplement.

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Après une session de karting que j’ai poliment déclinée mais à laquelle s’est jointe la majorité des clients, il était temps de prendre la piste au volant des 718 Boxster S et 911. J’ai eu pour mes trois sessions le même instructeur, Damien, de quoi apprendre de mieux en mieux et de plus en plus et d’avoir un retour direct sur les éventuelles progressions.

Dès le premier tour avec le Porsche 718 Boxster S, le ton est donné. Je suis là pour exploiter les 350 ch du tout nouveau flat-4 turbo de 2.5L et voir si le Boxster est toujours un jouet amusant ! Première sortie de stand, premier tour de reconnaissance ou plutôt de rappel du tracé de Maison Blanche, circuit très amusant et varié, plutôt sollicitant pour les freins et empruntant pour partie un bout de la piste des 24h. Les freins sont justement au rendez-vous et dans les premiers tours, prudents, je m’intéresse surtout à la sonorité du moteur.

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Que l’on soit bien clairs après plusieurs tours et enchaînements de pifs et de pafs : les 350 ch sont bien là, le châssis est toujours affûté et sportif à souhait mais la bande son est manquante. Il va falloir attendre la greffe d’échappements « sport » sur le 718 Cayman S pour voir ce flat-4 se libérer et tenter de compenser la perte du fantastique flat-6 atmo que j’entendais dans le même temps chanter sur le Cayman GTS d’un client Porsche Distribution. La forme n’est donc pas en cause car à l’intérieur comme à l’extérieur, ce 718 Boxster S est un régal pour les yeux et pour le conducteur. Le fond, pour ce qui est du moteur, est assurément vindicatif et puissant mais il manque ce petit quelque chose de sonorité qui rend la comparaison douloureuse avec l’ancienne génération. Il faudrait confirmer cela sur un essai sur la durée mais c’est en tout cas le premier ressenti à bord de cette auto assurément sportive mais qui semble souffrir d’une petite extinction de voix.

Du côté des conseils, je m’en suis pris plein dans les oreilles ! Je braque trop tôt, je ne projette pas encore assez mon regard dans certaines courbes, je tends à trop lisser mes trajectoires mais mon freinage est propre et dosé. Bon. Il va falloir corriger car j’ai eu du mal sur ces premiers tours. C’est toujours le problème du petit matin, ça ! Il faut se remettre dans un esprit « circuit » souvent à l’opposé de la conduite, sportive ou non, des routes ouvertes où l’on n’exploite jamais l’intégralité de la « piste ». Donc : braquer moins tôt, aller jusqu’au point de braquage, mieux regarder, élargir certaines trajectoires. OK.

Porsche 911 Carrera 4S pour continuer. La légende troque elle-aussi son flat-6 atmosphérique pour un moteur suralimenté ! Point de dénomination Turbo pour autant mais ce flat-6 se dote d’une suralimentation du même type et cube désormais 3.0L et développe 420 ch et surtout 500 Nm. La fiche technique est du genre copieux et annonce du changement, tandis qu’à l’intérieur, je me retrouve dans une ambiance bien proche de celle de la 911 essayée il y a déjà… longtemps.

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Allez, gaz ! Les deux premiers tours se passent bien mais je sens qu’il manque quelque chose. Je tente d’attaquer plus. Relâche les freins trop tôt, amorce de tête à queue et dérive… Merci le « 4 » avant le S. La projection du regard est un peu mieux, par contre pour les points de braquage ce n’est pas encore tout à fait ça même si j’atteins de bonnes vitesses de pointe. Le freinage est là. Encore une ébauche de dérive sur un nouveau relâcher de freins trop enthousiaste. Damn it ! Je corrige petit à petit, le dernier tour est propre et bien à l’attaque en suivant les bons conseils de mon moniteur. Il va falloir confirmer cela sur la prochaine session.

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Passons sur la Porsche 911 Carrera 2S pour une dernière session, au volant de celle qui reste à mes yeux la 911 la plus proche de sa définition d’origine… Mode Sport engagé, échappement libéré, c’est parti pour un beau nombre de tours et la magie des conseils opère enfin ! Pas d’erreur ou presque, encore un ou deux braquages trop tôt, un trop tard, toujours trop rien à signaler du côté des freins (oh, il y a encore de la marge pour améliorer hein !!!) : cette dernière session m’a permis de mettre en application tous les conseils donnés et d’aller gratter un paquet d’autres autos ! Mission accomplie.

Parlons rapidement de cette « phase 2 » de la 911 type 991 : c’est une réussite. Le flat-6 turbo sonne avec hargne et vigueur, montant haut dans les tours, toujours très métallique dans sa sonorité. Il monte bien sûr moins haut et moins fort que sa version atmosphérique car les miracles n’existent pas mais franchement, Porsche a fait un excellent travail sur cette voiture et ne dénature pas du tout son tempérament en lui greffant un suceur d’air.

L’équilibre dynamique est quant à lui toujours si agréable avec une direction parfaite, une pédale de frein consistante au fil des tours et un châssis qui fait toujours des merveilles dans les enchaînement sinueux, avec juste ce qu’il faut d’équilibre dans le train arrière pour se remémorer que l’on reste au volant d’une 911. La 991 ph2 va encore un peu plus loin que sa première mouture, saine et communicative, moderne en revanche dans sa motorisation désormais turbocompressée par les contraintes modernes.

Impossible bien sûr de se faire un avis complet en si peu de tours mais l’adjonction du mot « turbo » à la 911 basique ne tarit absolument pas le sex appeal de cette auto légendaire et toujours au faîte de la sportivité ! L’envie d’en posséder une, d’en essayer une, est toujours là.

La journée touche à sa fin. J’ai effectué mes tours, les clients ont enchaîné entre leurs autos personnelles et ont bien sûr profité de la possibilité pour tout un chacun de prendre le volant de toutes les voitures de la Porsche Sport Driving School : Macan, Cayenne, 718 et les 911.

En clair, les clients Porsche Distribution ont payé pour ceux présents les deux journées la somme de 900 € pour avoir la possibilité de rouler sur le Bugatti et Maison Blanche. Il leur était également possible de bénéficier d’un transport camion (optionnel, cela va de soi) pour se faire amener leur auto à tarif préférentiel au circuit et de réserver un hôtel également à tarif négocié pour eux. Tout le reste était inclus : les repas, le karting surprise, les conseils des pilotes en permanence (8 pilotes disponibles tout au long du weekend), la possibilité de rouler avec les cinq voitures de l’école et ainsi de suite.

Dans le cadre d’un stage avec la Porsche Sport Driving School, le niveau Coaching est facturé 1690€ pour près de 150 km de roulage, soit grosso modo 50 tours de Maison Blanche (2,9 km le tour) ! Au regard de la qualité des conseils dispensés, du rythme autorisé sur piste (élevé !), de la qualité de la piste et du lieu, c’est certes une somme conséquente mais une somme judicieusement dépensée par rapport à certains stages « supercars » où l’on n’apprend rien.

Il va sans dire que pour les clients Porsche Distribution, l’offre est intéressante car, au delà des consommables (remise de 15% pendant l’évènement), ils ont la possibilité pour moins de 1000 € de rouler de manière très large sur les circuits Bugatti et Maison Blanche tout en bénéficiant du support du centre Porsche, d’une équipe de mécaniciens et des pilotes de l’école de pilotage maison.

Pour ce qui me concerne, je suis triplement ravi, à défaut de faire partie des clients Porsche Distribution pour le moment ! D’une part, j’ai pu m’amuser avec un Cayenne d’une manière inattendue, d’autre part j’ai pu corriger certains des défauts que je me connaissais grâce à trois longues sessions de coaching sur piste et enfin, j’ai pu prendre en main trois des Porsche les plus récentes pour me faire un premier avis à leur sujet !

Le remerciement à Porsche Distribution est donc triple, voire quadruple d’ailleurs puisqu’il m’aura également permis de rencontrer un bon nombre de clients Porsche passionnés, enthousiastes et très humbles sur piste, simplement ravis d’apprendre et de piloter encore et encore au volant de leurs petites merveilles.

Je file faire des économies pour passer au niveau 4 et faire le stage Porsche 911 GT3 !

1 Commentaire

  • Un Damien de bons conseils donc 😉 Et le nouveau flat 4 qui continue à faire parler à défaut de communiquer comme son prédécesseur… ça fait plaisir de voir une marque qui s’occupe bien de ses clients – certes fortunés – investissement récompensé par une réputation qui franchit les décennies et lui permet de s’aventurer sur des territoires où les autres hésitent encore.

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