Le Mans Driver – quelques tours à bord d’un proto Pescarolo

Pour fêter la fin de mes quatre années passées à la SNCF, mes ex-collègues se sont dit que ça me ferait plaisir de me mettre au volant d’un truc qui envoie (presque) autant qu’un TGV : un prototype développé sous l’égide de l’ACO par l’équipe Pescarolo, destiné à l’école de pilotage du Mans, Le Mans Driver. Ma foi, ils ont eu bien raison, ça m’a fait tellement plaisir que c’est devenu mon stage de pilotage préféré, et de loin !

En fait, pour dire les choses de manière exacte, j’ai retrouvé dans ce stage « commercial » la même ambiance que celle vécue lors des expériences Continental Safety Days organisées par Tribeca : de l’humour, une belle ambiance, une confiance donnée aux conducteurs avec simplement quelques consignes logiques à respecter et un leitmotiv : « faites vous plaisir, nous ne sommes pas là pour vous brider ».

Une fois l’entrée du circuit repérée, on se faufile entre les bâtiments pour rejoindre le circuit de Maison Blanche (snif, ce ne sera pas le Bugatti !) et le vestiaire où l’on s’équipe : combarde, chaussures, gants, casque. Yeah. (pardon). Petit briefing pour nous présenter le concept, le principe de la conduite sur circuit (freine fort, regarde loin, etc. etc. etc.) mais sans tomber dans l’infantilisation que j’ai pu connaître dans d’autres stages moins onéreux et donc ouverts à un public un peu plus… hétéroclite, dirons-nous.

Direction la piste et l’installation dans la voiture. Aheum. Il faut être souple parce qu’on se retrouve strictement allongé, les pédales à la verticale, sans grande visibilité si ce n’est en ligne de mire la piste et les loupiottes du volant. Démarrage, le V8 vrombit derrière, ça vibre un peu, on passe la première, on relâche à peine l’embrayage et on met un peu de gaz (sans gaz, on cale, j’ai testé) et c’est parti.

Devant moi, c’est une Audi RS5 qui s’ébroue et qui va me montrer la trace. Avantage : elle me montre la trajectoire et en a  suffisamment sous le pied pour qu’au pire je vienne lui renifler les échappements du haut de mon statut de conducteur. Inconvénient : elle pèse lourd et freine très tôt. Du coup au premier tour on a tendance à se baser sur ses freinages pour caler les siens. Erreur ! Le proto freine en 4 fois moins de temps et les tours suivants, la RS5 est déjà en train de tourner que vous êtes gaz à fond et vous commencez à songer au freinage.

Les sensations ? Folles. La voiture pousse fort et il ne faut pas hésiter à mettre le pied complètement au fond avant de passer la vitesse supérieure, passage de boîte d’ailleurs assez brutal mais qui enchante le pilote. La tenue en courbe est encore plus impressionnante. C’est simple : le circuit passe intégralement à fond à l’exception des épingles avec une petite pointe à 200 km/h. Honnête. Le meilleur morceau étant le Virage Corvette du circuit des 24h et son mur bien gris, bien proche de la piste. Qu’importe, on laisse le pied au fond. Mais ce qui cogne, c’est le freinage pour peu qu’on ait une bonne jambe et la conscience du fait qu’il n’y a pas d’amplificateur de freinage. En clair : tu tapes dans le frein comme une brute, tu relâches en dégressif, tu amorces la voiture, regardes loin et gaz ! Les trois tours passent beaucoup trop vite. Il faudra revenir, absolument. Pour l’ambiance, pour la confiance et pour la voiture.

Vivement la prochaine et merci aux collègues de m’avoir fait découvrir cette belle école !

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