Motorsport Academy – essai circuit Porsche 911 GT3 RS et Cayman S

Les stages de pilotage ou stages de découverte de véhicules exceptionnels ont toujours été un plaisir à double tranchant : d’un côté la possibilité d’essayer des machines incroyables en environnement sécurisé et de l’autre le risque de tomber sur une offre et des instructeurs très prudents ne laissant aucune latitude au stagiaire. J’avais pu, il y a quelques années, m’en rendre compte en testant deux offres très différentes, l’une avec énormément de plaisir et l’autre avec beaucoup de frustration. Depuis, je n’ai pas réessayé, quelque peu échaudé mais faisant en revanche la promotion de ceux qui m’avaient convaincu à l’époque.

Motorsport Academy m’a contacté il y a quelques mois pour me proposer d’essayer leurs services et prestations, au volant de voitures que je n’ai pour ainsi dire jamais l’occasion de prendre en mains, absence de politique de prêts blogueurs de Porsche oblige. Je les connaissais par ailleurs de nom, en avait eu de bons échos et l’occasion était également belle de découvrir le circuit de Lohéac et de pousser un peu plus loin la découverte de la Bretagne. Que du plaisir : j’ai donc accepté et vais maintenant jouer au blogueur équilibriste, à savoir donner un avis argumenté sur ce qui est et reste un cadeau.

L’idée, en accord avec les équipes de Motorsport Academy, a donc été de créer un pack d’essai, au même titre qu’un client qui réserverait sa prestation. Choix du circuit, choix des dates, le site est bien fait et permet de très rapidement savoir quelles sont les dates et véhicules disponibles. C’est d’ailleurs de cette manière que j’ai spécifié mes choix et identifié une date pour cet essai de prestation, voyant une date disponible dans mon agenda, à Lohéac et avec les deux voitures qui m’intéressaient le plus, à savoir les Porsche Cayman S et Porsche 911 GT3 RS. Le rendez-vous fut ainsi pris et j’ai reçu par la suite une confirmation officielle. Peu de temps avant le stage, une convocation est également arrivée avec toutes les informations pratiques dans ma boîte mail.

Le parcours client, de ce point de vue, est simple et permet de vite choisir ce que l’on souhaite faire. Cette simplicité se retrouve aussi au moment de l’arrivée sur le circuit. L’ambiance est détendue, les voitures trônent sur la zone de départ et les sourires sont larges sur les visages des stagiaires comme des hôtes. J’ai décidé de la jouer incognito en récupérant mon badge comme tous les autres clients – fort nombreux, sans faire savoir qui j’étais et d’ailleurs, il n’y avait sur les listings aucune mention particulière attachée à mon nom ! Alors voilà, accueil souriant, bonne ambiance, voitures luisantes et indications claires sur la suite du programme : installez-vous, promenez-vous, emplissez-vous les mirettes et vous allez vite être appelés pour le briefing !

Le briefing est justement un moment clé pour créer la bonne dynamique parmi les stagiaires et c’était à dire vrai le premier point d’évaluation que je m’étais fixé. Trop de discours sécuritaire et on perd la notion de plaisir. Trop de discours technique et on effraie les novices. Pas assez et on risque fort d’avoir un festival de n’importe quoi sur la piste. Il faut trouver le bon équilibre et je pense que c’était cette fois-ci réussi. L’instructeur a pris le temps de bien spécifier que les voitures appartenaient à Motorsport Academy et étaient entretenues par l’équipe de préparation course de l’entreprise, insistant donc sur le fait qu’il ne s’agissait pas de locations mais bien de voitures sportives destinées à être exploitées en tant que telles ! Voilà qui annonçait bien la couleur, je trouve. Du côté de la sécurité, les principes de base et écouter son instructeur, toujours. Pas de blabla culpabilisant ou de volonté de « faire peur ». Pour la dynamique, même chose ! Transferts de charges, freinages dégressifs, trajectoires, tout cela fut expliqué le plus simplement possible et sans terminologie technique superflue avec également un point sur la position des mains sur le volant, toujours à 9h15.

Il s’agit donc de contenus habituels dans un briefing. Là où j’ai été surpris, c’est sur la suite. L’instructeur a été franc : oui les moniteurs vont vous brider si vous leur faites peur, oui ils vont vous pousser à rouler très fort si vous les rassurez. Le principal conseil fut donc clairement énoncé : rassurez votre instructeur, écoutez-le, mettez en application et vous aurez carte blanche pour envoyer du lourd sur la pédale de droite, oubliez votre ego et votre certitude d’être de « bons » conducteurs ou conductrices.

L’autre bon point fut également de conseiller aux stagiaires d’annoncer la couleur à l’instructeur au début des tours : volonté de rouler vite ou volonté toute simple de « rouler » dans une belle voiture, sans nécessairement chercher la performance. Autrement dit, le conseil fut bien de discuter et de créer un climat de confiance dans l’auto. C’est simple, évident, mais c’est la première fois que j’entendais cela annoncé haut et fort lors d’un briefing. Un excellent point et de l’honnêteté quant au rôle des instructeurs, là pour nous pousser à prendre le maximum de plaisir pour peu qu’on les considère avec respect et confiance.

En bref : des mots simples, une incitation à prendre du plaisir, à utiliser le mode manuel des boîtes séquentielles, à aller chercher la zone rouge et enfin à parler le plus possible à son instructeur. Pas d’incitation en revanche à prendre des tours supplémentaires (ce qui est faisable, soit dit en passant !) sauf à vouloir justement chercher la performance et la vitesse. J’ai aussi apprécié cette franchise consistant à dire que si la volonté du stagiaire est simplement de « rouler » dans une belle voiture, 2 tours suffisent.

Le temps des choses sérieuses commence ensuite avec un tour du circuit réalisé en Porsche Cayenne, à très bon rythme ! Freinages dégressifs, accélérations franches, transferts de charges un peu forcés et trajectoires propres ; l’attaque n’est bien sûr pas maximale mais c’est de la conduite très dynamique qui est montrée aux stagiaires afin de donner le ton : vous allez rouler avec des véhicules sportifs, il faut rouler comme ça pour en profiter. Bon point !

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Les premiers roulages commencent ensuite très vite. L’équipe Motorsport Academy est parfaitement rodée, avec un planning serré et des roulages qui s’enchaînent rapidement. Le speaker appelle les stagiaires quelques moments avant le retour de la voiture au stand, s’assurant ainsi d’une bonne rotation mais sans créer de stress non plus. Autour de moi, alors que j’attends mon tour, cela discute, les sourires sont larges sous le soleil breton et j’en entends quelques uns parler du tour de démonstration, agréablement étonnés du rythme proposé. Les voitures partent pour 2, 3, 5 tours et rentrent vite, bien chaudes, sans pause ! Elles sont faites pour ça, me direz-vous. Allez, c’est mon tour.

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Porsche Cayman S. Six cylindres atmo de 3.4L, 325 ch, 370 Nm, une boîte PDK, propulsion et moteur central. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas installé à bord d’une Porsche et cela m’avait manqué. La position de conduite est idéale, trouvée en trois clics du siège, volant qui tombe sous la main. Épaules bien calées, je tends les bras, haut de jante au niveau des poignets. Il n’y a plus qu’à faire connaissance avec mon instructeur, Jim, pilote en Porsche Carrera Cup France. Poignée de main, les premiers échanges sont souriants et il me pose la question la plus simple du monde : as-tu déjà roulé sur circuit ? La réponse est évidemment oui et je lui parle de mes tours de R8 sur le Lausitzring, tempérant ensuite en lui disant que c’est rare et que j’ai toujours besoin d’apprendre. Je teste, pour voir la réaction.

Il me dit que ça devrait aller, qu’on verra bien après le premier tour et surtout après le premier freinage. Oui, c’est comme cela qu’on rassure son instructeur : sur le premier freinage. Une fois qu’on a compris ça, qu’on lui a montré qu’on sait faire un dégressif avec une belle attaque de pédale pour commencer, cela se passe très bien. Imaginez-vous dans le baquet de droite, c’est tout de même mieux de savoir que le conducteur ou la conductrice sait freiner ? Cela permet de se concentrer sur toute autre chose, comme le placement de l’auto, les remises de gaz, la projection du regard. Alors quand je suis sorti des stands, j’ai mis pleins gaz pour rejoindre la ligne droite de Lohéac et j’ai tiré jusqu’en 4 et au point officiel de freinage, un double cône. J’ai freiné. Fort, dégressif, jusqu’au pif-paf sur épingle tout au bout. Jim, après ça, m’a laissé rouler comme je le voulais, corrigeant tel ou tel point de corde, tel oubli de projection de regard, commentant avec moi la sonorité incroyable de ce six cylindres avec la boîte PDK qui claque bien comme il faut et me faisant en même temps doubler toutes les autres voitures !

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Le Porsche Cayman S a beau être la plus petite des voitures disponibles, je ne saurais que trop vous la conseiller ! Son châssis est un régal, son train arrière se place et se déplace gaiement et poliment, son moteur adore le haut des tours et c’est un gabarit de véhicule parfait pour un circuit comme Lohéac. Mais ça c’est l’auto, ce n’est pas le stage… Que dire de plus ? Que j’ai reçu de bons conseils, oui. Surtout qu’on m’a laissé rouler à mon rythme, fort, comme je le souhaitais et comme je le voulais. Si j’avais payé pour ces 5 tours, c’est ce que j’aurais souhaité vivre et c’est ce que j’ai pu faire. Le contrat est parfaitement rempli par Motorsport Academy.

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L’expérience Porsche / Motorsport Academy continue avec la 911 GT3 RS, ce monstre au six cylindres de 4.0 L développant 510 ch au régime stratosphérique de 8250 tr/min ! Roues arrières directrices, aéro active, boîte PDK désormais en lieu et place de la boîte manuelle et un 0-100 tombé en 3.3 secondes. C’est n’importe quoi, cette chose orange. Elle fait peur, même quand on a un peu l’habitude d’essayer des voitures de ce niveau de puissance, même quand on a déjà bien roulé sur circuit. Il y a quelque chose dans la Porsche 911 GT3 RS qui effraie et impose le respect. Mon instructeur, Kevin, le sait bien et me pose la même question que Jim. Même réponse de ma part, mêmes explications et même combat.

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Sortie de stands. Pleins gaz. 1-2-3, il faut freiner un peu pour la première courbe là où ça passait full throttle avec le Cayman. Gaz, 3 jusque tout en haut des tours. 4. Frein. Plus encore que sur le Cayman, il faut sur ce genre de véhicules (et cela vaut pour les Ferrari, Lamborghini et consorts du parc disponible) freiner pour rassurer car la mise en vitesse est démentielle ! Je m’y suis donc appliqué et cela a encore payé : Kevin m’a laissé rouler à mon rythme pour le reste des tours, faisant quelques corrections, commentaires, donnant quelques conseils pour aller toujours plus vite et plus propre. Contrat rempli, étoiles dans les yeux pour moi car vraiment, la Porsche 911 GT3 RS est un aboutissement automobile. Feeling parfait dans la direction, dans les reins, toucher de pédale de frein parfait, moteur apocalyptique et capacité à tourner vite vite vite très vite. Hallucinante. Quel bonheur de la conduite et quel bonheur d’avoir le droit de la conduire dignement !

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Difficile de descendre du petit nuage de ces 5 tours menés tambour battant, même pour le baptême de drift, expérience toujours amusante qui permet de se faire une idée de ce qu’on peut faire et faire faire à une voiture ! La 911 GT3 RS est un monstre de plaisir automobile. Je vous ai dit qu’elle était monstrueuse ? Je le redis. Encore et encore. J’aurais pu faire 30 tours que je n’en aurais pas encore eu assez d’elle ! Je veux l’essayer plus longuement.

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C’est finalement l’heure du bilan pour cette prestation Motorsport Academy et vous aurez compris que pour moi, tout s’est remarquablement bien passé et je n’ai pas vu ou entendu de grises mines autour de moi parmi les autres stagiaires. Accueil agréable, organisation infaillible et efficace, briefing maîtrisé et orienté plaisir, tour de chauffe tout sauf fainéant, instructeurs à l’écoute et liberté totale quant au rythme choisi et à l’attaque possible avec les deux voitures et enfin baptême de drift amusant !

Si j’avais payé pour cette prestation, serais-je satisfait ? On parle de quelque chose comme 399 € pour ce pack de 2 * 5 tours avec le baptême de drift en supplément. A l’aune de mon expérience, la réponse est oui, sans hésiter. Est-ce que je paierais pour cette prestation ? La réponse est oui également si je me retrouve avec la même équipe et la même liberté de rouler !

J’ai accepté cette proposition sans vraiment savoir à quoi m’attendre, pour les raisons évoquées dans le premier paragraphe de cet article. Je ne le regrette pas car si j’avais la garantie de rouler dans deux voitures qui me font rêver, je ne savais pas si j’allais pouvoir le faire à ma façon. Je ne saurais donc que vous conseiller Motorsport Academy, que ce soit à Lohéac ou sur les autres circuits où l’entreprise opère, car la promesse de plaisir et de liberté a été tenue en ce qui me concerne !

(et n’oubliez pas, prouvez que vous savez freiner et on vous aidera à aller toujours plus vite…)

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