Sardaigne – Autour d’Alghero et du Capo Caccia – petit bout de paradis

En partant de Bosa, on prend une petite route à flanc de montagne qui ne paye pas vraiment de mine. Le tracé serpente et grimpe peu à peu, s’enfonçant dans le cirque de Bosa avant de revenir vers la côte. C’est à partir de ce moment là que l’œil ne cesse d’être attiré vers la gauche et vers le bas : la route est littéralement accrochée à la falaise et les kilomètres s’enchaînent sans que le regard ne cesse d’être sollicité. Cette route est belle. Tellement belle. D’ailleurs on la prendra pour repartir d’Alghero, pour le plaisir d’enchaîner de nouveau les virages avec un nouveau point de vue.

L’arrivée sur Alghero se profile, la ville apparaît peu à peu mais ce que l’on voit de prime abord, c’est le Capo Caccia, promontoire vertigineux abritant entre autres la fameuse Grotta di Nettuno. Une fois à Alghero, on se rapproche de la vieille ville enclavée de murailles et donnant sur la mer. Si Bosa ressemblait à Porto, je crois bien qu’Alghero ressemble à Syracuse et à Saint-Malo… Disons : les bars en front de mer de Syracuse avec des remparts larges comme ceux de Saint-Malo. On retrouve dans cette ville une belle douceur de vivre alors que le soleil se couche et baigne d’une lumière dorée tous ces vieux murs.

Le lendemain matin, direction le Capo Caccia et sa fameuse grotte. Premier arrêt du côté de Porto Conte, petit village donnant sur une baie assez fermée qui a tout d’un havre de paix. Un petit phare en marque l’entrée, doublé d’une grande tour de guet. Les chats y sont légion et on pose un regard empreint d’humilité sur le cap qui semble de plus en plus gigantesque.

En arrivant au Capo Caccia, après avoir dépassé nombre de tours de guet et sans avoir trouvé de distributeur de billets, on refait un nouvel arrêt au niveau d’une énorme percée dans la roche, percée donnant sur l’Isola di Foradada, un bloc de roche qui n’est pas sans me rappeler le Pan di Zucchero. Splendide paysage quoiqu’il en soit ! L’air est vif, le soleil se réveille gentiment et c’est tant mieux car la descente des 654 marches s’annonce vertigineuse.

On arrive en bas, les premiers pas dans la grotte sont étranges, on se sent à la frontière d’un monde inconnu, au ras de l’eau… On aimerait aller plus avant. Sauf qu’on n’a plus de cash. Et qu’ils ne prennent pas la CB (logique me direz-vous)… Tant pis, on est bon pour remonter ! Qu’importe, même si nous n’avons pas pénétré dans les entrailles de la grotte, la descente et la remontée au milieu des oiseaux et au ras de la falaise valaient à elles seules le déplacement.

Pour nous remettre de nos émotions et de cet exercice sportif incongru en pleines vacances, on s’en va découvrir les contrées plus au nord du cap avec, dans l’ordre, Porticciolo, le lac Baratz et Argentiera.

Comme vous pouvez le voir, Porticciolo vaut le coup d’œil et doit sûrement mériter une baignade aussi mais il faisait bien trop chaud pour tenir sous le soleil sans l’abri salvateur d’un parasol ou d’un coin d’ombre. Le lac Baratz, le seul et unique lac naturel de Sardaigne, est quant à lui un coin bien frais, ombragé et agréable où il fait bon se balader durant les heures chaudes. A voir, pour son plan d’eau et ses forêts d’un calme absolu, pour ses arbres submergés…

Enfin, Argentiera est un ancien port minier désaffecté qui possède un charme certain et dont le nom est lié aux minerais argentifères qu’on y extrayait jusque dans les années 60. Depuis, la zone a été abandonnée, les mines conservées en l’état. De nos jours, la rénovation et la restauration sont en cours pour redonner à la zone un certain lustre et c’est réussi ! Les vieux bâtiments miniers ont vraiment de la gueule tandis que l’eau reste d’un splendide turquoise. Argentiera, futur eldorado sarde ? La question reste à renseigner mais n’a nul besoin de l’être concernant la fameuse plage des Bombarde, à deux pas d’Alghero. Une plage splendide, assez peu de monde et une eau délicieuse avec Alghero qui se profile au loin. Qui dit mieux ?

Mieux ? Ce sera le soir pour l’apéro, allongés à quelques kilomètres du centre historique d’Alghero, le long du Viale Primo Maggio qui longe la mer entre la ville et Fertilia. Cette vaste zone est constituée d’une large pinède qui protège la plage qui se déroule tout le long du golfe. Un vrai petit coin de paradis qui sera notre rendez-vous quotidien, chaque soir.

Avant-dernier jour… Une journée parfaite, comme celle passée autour de la péninsule du Sinis, avec un bout de paradis à la clé. Et ce qu’on ne savait pas, c’est qu’il y avait encore mieux au menu de la dernière journée.

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