Le monde tous droits réservés – Claude Ecken

 Petite pause au niveau de la lecture en ce moment mais j'ai terminé un recueil absolument remarquable : Le monde, tous droits réservés de Claude Ecken. Dix nouvelles, dix merveilles d'anticipation et d'immersion dans des mondes passionnants et stupéfiants de réalisme.
D'abord édité aux éditions du Bélial' (gage de qualité, en général !), le livre passe maintenant chez Pocket SF et aborde une foule de thèmes allant du clonage au voyage interstellaire, en passant par l'exclusion, la phytobiologie ou encore l'immortalité. En gros tous les thèmes fondateurs de la SF, si l'on résume… ce que fait une fois de plus parfaitement la 4ème de couv' :

Imaginez un monde où les organes de presse auraient le pouvoir de copyrighter l'information…

Un monde où il serait possible de déléguer les tâches subalternes auprès de clones et mener ainsi plusieurs vies de front…

Un monde où l'avenir serait prédéterminé en fonction d'un ADN attribué…

Un monde dans lequel il serait concevable de parcourir l'univers en s'incarnant dans des entités extraterrestres…

Un monde qui, ayant banni la mort, punirait le suicide par une peine de vie à perpétuité…

Imaginez… demain.

Le recueil commence par "Le monde, tous droits réservés", ou la mise en perspective d'une société où l'information est devenue monayable et surtout dotée de droits de copyright, de propriété… Un texte effarant qui dépeint le quotidien de deux journalistes et qui nous détaille le fonctionnement de cette société de l'information issue de la nôtre, comparaisons et rappels du passé à la clé. Splendide.
 
La suite est du même accabit, "Membres à part entière", une société où les "Debout" sont les seuls à avoir résistés à un virus rendant l'ensemble de la population paraplégique et où l'exlusion a donc changé de visage. Puis "Edgar Lomb", l'homme qui a rendu le voyage interstellaire possible au moyen d'une technologie à l'origine prohibée, un magnifique voyage psychologique. Puis "L'unique", ou l'histoire d'un être humain "naturel" dans une société ne vivant que pour et par le clonage d'une sélection de 10000 génomes "parfaits" à la destinée déjà écrite… effrayant !
 
Après, ce sont "les Déracinés", une nouvelle un peu moins percutante mais qui ouvre beaucoup de questionnements sur la transgénèse et l'amélioration du corps humain grâce à la phytobiologie. Idem pour "Esprit d'équipe", un texte court mais impactant sur le clonage… Enfin, "Fantômes d'univers défunts" est proprement monstrueuse… Je n'en dis pas plus mais c'est un régal sur le thème des univers parrallèles ! S'ensuite un petit texte nommé "La Bête du recommencement" qui porte décidément bien son nom (imaginez un animal permettant de remodeler son passé…).
 
Enfin, dernier rush avec "Eclats lumineux du disque d'accrétion", un long texte sur une société où les désoeuvrés ne sont pas laissés à l'abandon, à méditer… Ce texte est à mes yeux l'un des plus actuels, l'un des plus puissants sur notre société en dérive. Et puis, imaginez une société où le suicide est interdit, où la vie peut être prolongée à l'infini si l'on décide de l'achever prématurément, c'est "La dernière mort d'Alexis Wiejack"… Magnifique mais vraiment flippante ! Et puis "En sa tour, Annebelle", un zeste de poésie et d'amour dans ce recueil, cela fait du bien avant de partir sur le dernier texte : "la fin du Big Bang", magnifique là aussi, une histoire d'amour mêlée de mécanique quantique…
 
Un ensemble hétéroclyte et pourtant ravageur, cohérent, puissant. Un livre à lire absolument.
 

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