Docteur à tuer – Josh Bazell

Docteur à tuer… Je vous en avais parlé il y a quelques semaines à l’occasion de la sortie d’un teaser vidéo présentant le livre, une drôle d’approche pour un livre avec notamment la promesse d’un mix « Dr. House – The Sopranos » et l’achat par Leonardo Di Caprio des droits du livre. Et donc, forcément, pas mal d’attentes quant à ce livre mais aussi une certaine crainte.

Je viens d’achever ma lecture des quelques centaines de pages écrites par Josh Bazell et racontant l’histoire de Peter Brown / Pietro Brwna, un médecin du genre caustique au passé trouble. Et pour cause, cet homme est en effet un ancien tueur de la mafia, réintégré dans la « vraie vie » après sa participation au programme WITSEC (protection des témoins aux US)… Le livre s’attache donc à raconter sa course avec et contre la Mort (d’où la couverture d’ailleurs), à la fois dans son présent de médecin mais aussi dans son passé que l’on découvre chapitre après chapitre sous forme de flashbacks, intégrés au récit des évènements en cours.

Une alternance qui a parfois tendance à donner le tournis tant les évènements, présents ou passés sont riches d’actions et d’informations et parfois quelque peu confus au niveau de la narration. L’usage de la narration personnelle n’y est surement pas étranger d’ailleurs, même si ce choix dynamise le récit. L’écriture se veut d’ailleurs moderne mais précise, à base de phrases courtes et tranchantes mais détaillées parfois, notamment pour les parties d’action ou pour les éléments médicinaux qui parsèment l’histoire, après tout il ne faut pas oublier que le Dr. Brown est médecin au Catholic Hospital (tout comme l’auteur est médecin lui aussi).

Sur la forme, on peut donc dire que si ce n’est pas transcendant en terme d’écriture mais ça a au moins le mérite d’être plutôt prenant et rythmé même si la lecture reste d’un niveau un peu trop simple et efficace justement et l’on comprend parfaitement pourquoi ce roman a retenu l’attention du cinéma hollywoodien, il y a là tous les ingrédients pour faire un « bon » film.

Reste le fond qui finalement est plutôt convenu (et efficace, là aussi)… Le scénario tient la route, les descriptions tant médicales que du fonctionnement de la mafia sont bien ficelées et les scènes de « violence » sont d’une efficacité redoutable, on est en immersion et le rythme s’accélère peu à peu jusqu’aux toutes dernières pages, dénouant les intrigues posées quant au passé du docteur mais aussi celles de son présent. Reste qu’à trop vouloir emmêler ces univers (mafia et système de santé US), Josh Bazell ne touche finalement à aucun des deux et reste très en deçà d’un Donnie Brasco (le livre et/ou le film) ou d’un Dr. House pour reprendre le parallèle fait à la base par l’éditeur.

Verdict : le livre se lit, bien et vite, parfaitement rythmé, riche d’informations dans tous les sens mais on en sort aussi très rapidement dès la fin de la lecture, sonné par une fin abrupte et sans trop de saveur qui en plus laisse une porte grande ouverte pour une suite aux aventures du Dr. Brown. Ecriture efficace, histoire efficace, cadre médical détaillé et intéressant, environnement mafieux lui aussi plutôt détaillé, l’ensemble est bien calé mais ne bouleverse pas… Enfin, le résultat reste excellent par rapport à d’autres livres du même genre littéraire qui ne méritent que d’être lus au bord de l’eau.

2 Commentaires

  • Ping : Viinz
  • Mouais tu as lu mon avis sur ce livre, je me répète mais peut-être que notre approche aurait été différente sans avoir eu le « battage » fait auparavant sur la comparaison avec House M.D., les Sopranos ou whatever…

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