Guadeloupe – le sentier de Beautiran et Petit-Canal

Seconde journée. Le réveil est autrement plus simple que le matin précédent, même si l’excellent rhum Longueteau (ou Bielle, je ne sais plus, les deux sont fameux dans tous les cas) a laissé quelques traces ! La météo sur Basse-Terre est toujours très menaçante, aussi prenons nous la direction de Grande-Terre pour un mélange de randonnée et de visites. La route qui mène à Petit-Canal passe par Morne à l’Eau, très célèbre pour son cimetière créole. Impossible de le rater en effet depuis la route, il est tout à fait remarquable. Beaucoup de monde sur la route, je ne m’arrête pas mais n’hésitez pas à le faire de votre côté, l’endroit semble bien mériter le détour.

A Petit-Canal, je me dirige vers le stade de la ville pour garer la voiture. Le départ du sentier de Beautiran est ici, une randonnée mêlant comme hier un paysage de cultures, de mangrove et c’est aussi une plongée dans le passé cannier de Petit-Canal avec les ruines du port sucrier de Beautiran à la toute fin. Le début de la randonnée est en tout cas bucolique et agricole, avec quelques vaches et leurs gardes aviaires tandis que des ruines de moulin se fondent dans le décor. Grande-Terre est un plateau de corail et de calcaire (redondant, je sais) et il n’y a donc pour ainsi dire pas de dénivelée, comme sur Marie-Galante. Le volcanisme, c’est pour Basse-Terre. Ici, c’est plat, il fait très chaud et les nuages filent bien plus vite mais arrosent néanmoins copieusement les lieux !

La première section avalée, le sentier s’enfonce maintenant en forêt, en suivant ce qui apparaît bientôt comme étant une ancienne voie de chemin de fer. Quelques vieux wagons retournent à la nature ici et là, on devine également quelques rails et traverses alors qu’un pont enjambe un marigot et que la mangrove faite ensuite franchement son apparition. Cette grande ligne droite à travers bois menait directement de l’usine sucrière de Beauport au port de Beautiran.

Les ruines de celui-ci, avec d’abord un grand entrepôt et ensuite les installations portuaires, rouillant tranquillement au soleil, les pieds dans le Grand Cul de Sac marin ! Le soleil tape fort, on s’abrite un temps sous un arbre avant de rebrousser chemin à travers la mangrove et de nouveau les champs de canne à sucre.

Maintenant, direction le littoral de Petit-Canal. Il ne faut pas manquer de venir rendre hommage à l’Escalier des Esclaves. C’est en effet ici que débarquaient les esclaves qui étaient ensuite exploités dans les fameuses usines sucrières mentionnées ci-dessus. Le village a donc une place très importante dans l’histoire moderne de l’île, cet escalier édifié par les esclaves eux-mêmes en étant l’un des symboles. Le tam-tam à la mémoire de l’esclave inconnu en bas des escaliers achève de planter un décor pesant. Impossible de ne pas avoir un bout de prise de conscience en ce lieu, tout comme dans les ruines voisines de l’ancienne prison / entrepôt mangées par un figuier maudit.

Après cette randonnée et cette découverte de lieux importants pour la compréhension du passé et du présent de l’île, il est temps de poursuivre avec la bonne habitude prise le jour précédent : finir la journée par une baignade. Sur les bons conseils d’un ami habitué de l’île, direction la plage du Souffleur, qui restera d’ailleurs parmi mes toutes préférées de l’île !

La carte de la balade sur Grande-Terre :

La carte de la randonnée du sentier de Beautiran :

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