Essai – MINI JCW Cabrio

Depuis la renaissance de la marque MINI sous l’égide de BMW, je n’avais pour ainsi dire jamais pris le volant d’une de ces mignonnes « petites » voitures, encore moins celui d’une des versions préparées par la fameux division John Cooper Works. Le trou dans la raquette est désormais corrigé, il faut dire aussi que j’ai toujours observé avec une certaine circonspection ces nouvelles « petites » voitures qui n’en étaient plus vraiment, ayant du mal à apprécier le positionnement très chic assumée et une partie de l’image véhiculée involontairement par la marque.

Les déclinaisons JCW et les variantes Coupé / Roadster de la précédente génération m’avaient en revanche bien aguiché mais les opportunités d’essai n’avaient pas pu déboucher sur une véritable prise en main ! Voilà qui est donc fait au travers de la découverte de la toute nouvelle MINI JCW Cabrio, jolie machine de 231 chevaux, séduisante en diable et pleine de promesses de sportivité.

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L’extérieur fait en effet la part belle aux attributs sportifs, venant compléter une présentation très chic et rondouillarde. La base est en effet tout sauf acérée et brutale, les équipes JCW ont donc du y aller un peu franchement pour rendre cette MINI JCW Cabrio plus délurée et agressive, sans remettre en cause le concept d’origine. Au delà des ailes élargies, on récupère donc une face avant plus épatée avec de multiples prises d’air, notamment pour la partie centrale basse avec une découpe du spoiler avant en trois belles ouvertures reprenant en partie les formes de la calandre chromée et barrée d’un trait couleur carrosserie.

Le blason John Cooper Works trône comme d’habitude en bonne et due place, tout comme les bandes en contraste sur le capot et la prise d’air supplémentaire au dessus du badge MINI. Vue de face ou de 3/4 avant, la MINI JCW Cabrio annonce donc bien la couleur avec le contraste carrosserie / éléments noirs, calandre, lame de spoiler remontant sur les contours d’ailes, bandes sur le capot et rétroviseurs. Le seul élément un peu étonnant est l’alternance entre le mat côté ailes et les autres éléments, en noir brillant. Avec toujours ses grands yeux et ses rondeurs mais avec cette nouvelle signature visuelle, la MINI JCW Cabrio annonce bien la couleur sans renier ses origines et se montre donc plutôt équilibrée.

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La suite est du même niveau avec de belles roues de 17 » de noir et de chrome via usinage, un blason JCW au niveau des ailes et enfin la bascule à l’arrière avec une redite d’ouvertures factices noires un peu moins réussies qu’à l’avant et la traditionnelle double sortie d’échappement centrale. Seul petit hic à mon sens, la capote, une fois repliée, ne s’escamote pas afin de préserver ce qui reste de coffre et les deux petites places arrière.

Je crois que j’aurais préféré un choix plus franc, quitte à perdre les deux places justement et en préservant le coffre ! Mais bon, cela aurait bien signifié une renaissance du Roadster, ce qui n’est à priori pas au programme de la marque. Dommage, je l’aimais bien moi ! Bon, je chipote mais clairement, dans l’ensemble, la MINI JCW Cabrio offre une belle présentation extérieur, homogène et mêlant bien les lignes d’origine et les « signes extérieurs de sportivité ». Un peu plus de radicalité aurait peut-être été bienvenu mais cela n’aurait pas été très MINI, du moins pas au sens moderne du terme.

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A l’intérieur, le combat est le même avec tout d’abord un constat de ma part : on sent bien l’influence de BMW en terme de premium car MINI fait très fort dans sa présentation et son équipement. Il faut bien évidemment justifier le prix demandé (on parle de plus de 36000€ !) et du point de vue des finitions et matières, c’est réussi. Cela commence avec le joli volant et ses touches bien placées, sa jante fine et son revêtement de cuir avec coutures agréables au doigt. Cela continue avec les excellents baquets JCW, dotés d’une très belle finition et forme, offrant un maintien très correct pour un gabarit moyen comme le mien. Les réglages sont manuels uniquement, ce qui n’est pas un problème pour trouver une bonne position de conduite, pédales, volant et enfin levier tombant bien sous la main.

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D’ailleurs, le levier est également bien fait, belle tige de métal remontant dans l’habitacle avec le sélecteur de modes à son pied. La petite boule du pommeau tombe bien en mains et les débattements et verrouillages sont plutôt courts et francs, un très bon point. On retrouve derrière deux gros vides poches / dépose cannettes ronds, pas forcément très pratiques. Devant le pommeau, on retrouve un élément déjà bien connu sur des BMW, avec son pendant du côté de l’écran. Le système d’infotainment est effectivement repris dans le groupe et comme vous le savez déjà : j’aime les choix réalisés par BMW sur son interface et son pilotage, avec le partage d’écran, l’intégration native d’applications comme Spotify mais avec une présentation nettement plus « MINI ».

La MINI JCW Cabrio ne réinvente bien sûr pas la poudre du côté des fonctionnalités et des menus, reprenant la classique séparation entre téléphonie, médias / radios, navigation et autres. La molette cliquable et tactile située en amont du levier de vitesses permet de passer rapidement d’un menu à l’autre et d’un volet à l’autre, découvrant les options ou fonctions d’un mouvement vers la droite ou vers la gauche. C’est pratique, bien pensé, à la fois classique et sûrement l’un des systèmes d’infotainment les plus aboutis à date. Seul bémol pour moi, plus lié au design de cette zone qu’à l’écran à proprement parler, qu’on attend tactile d’ailleurs du fait de sa proximité : la roue se pare de couleurs en fonction du mode engagé, ce n’est pas particulièrement réussi, tout comme les boutons plastique pas très heureux juste en dessous de l’écran. Peut-être qu’un écran tout à fait rond aurait été bienvenu, renvoyant au design rond de la molette de sélection et des compteurs. Même combat pour ce qui est du flocage JCW sur le contour de cette zone, trop voyant et pas vraiment réussi au contraire des éléments liés à la conduite sportive.

Je continue la revue de détails avec l’affichage tête haute, une surprise pour moi sur un modèle de cette taille et bien qu’il ne s’agisse pas de projection directement sur le parebrise, le résultat est réussi. De même, la console centrale et ses contacteurs type presque aviation est réussie, il y a comme sur la Mustang par exemple un vrai plaisir à venir les actionner. Dernier point, les compteurs avec jauge lumineuse sur le rebord sont originaux et changent des habitudes des autres constructeurs !

En somme, l’habitacle de cette MINI JVW Cabrio est tout à fait réussi et bien fini, doté de fonctions avancées pour un véhicule de ce segment comme le système infotainment très complet, le régulateur adaptatif, l’affichage tête haute et bien d’autres. Les matériaux sont également au rendez-vous au vu du prix demandé, tout comme les assemblages et un vrai parti pris de design pour ce qui est des formes utilisées et de l’ambiance générale de la voiture, assurément unique dans un paysage automobile un peu plus consensuel. Extérieurement et intérieurement, cette MINI en version JCW est une réussite et je n’en attendais de toute façon pas moins étant donné que la marque se positionne de manière originale et affiche des tarifs dans la partie haute du panier.

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Bon, du côté du toit repliable, il va malgré tout falloir travailler un peu sur le timing car ce ne sont pas moins de 18 secondes qui sont nécessaires pour passer d’une position à l’autre. Clairement : c’est lent. Le coffre… bon, le coffre. Il y a quatre places, mais pas de quoi emmener des sacs pour quatre personnes. L’art du compromis me dépasse parfois franchement !

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Le look y est, un beau plumage bien comme il faut, à la voyant, cossu et chic, sportif mais pas trop, totalement assumé. Mais est-ce que cette MINI JCW Cabrio va aussi vite qu’elle veut bien l’annoncer avec ses copieux 231 ch et 320 Nm ? Soyons clairs : le moteur et la boîte vont très très bien ! Le moteur est doté d’une belle énergie, à bas régimes et jusqu’à 5500 tr/min environ. Au delà, il ne sert plus trop à grand chose d’y aller, la puissance maxi étant d’ailleurs atteinte à 5200 tr/min, autant jouer sur le couple très présent sur presque toute la plage de fonctionnement grâce à une cylindrée plutôt rare de 2.0 L (avec une consommation raisonnable de 9.5 L/100 sur les 430 km d’essai).

La boîte sert bien le bloc avec des verrouillages en utilisation dynamique très agréables. La boîte claque bien, se verrouille et se montre précise dans les enchaînements, même si le moteur pousse à enrouler en 2 ou en 3. La mise en vitesse ? Elle est forcément satisfaisante mais il est vrai que j’aurais aimé un moteur plus volontaire et rageur dans les tours. MINI a fait le choix d’un turbo qui coupe vite et remplit le bas du moteur, c’est splendide pour le cruising, un peu moins pour l’arsouille mais ça reste très convaincant.

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Il faut dire que la MINI JCW Cabrio est par ailleurs dotée d’un échappement tout à fait diabolique ! Dans la lignée du look inter/exter maîtrisé et assumé, la double sortie centrale pétarade à l’envi, à l’accélération, au rétrogradage ou au lâcher de gaz ! Addictif au possible ! C’est à dire vrai, avec les lignes Monza chez Abarth, l’un des meilleurs échappements de « petits » moteurs que j’ai pu essayer. Certaines autres petites GTi feraient bien s’en inspirer.

La sensation de petit kart survitaminé perdure également du côté de l’amortissement, plutôt sec sur routes dégradées sans devenir trop inconfortable. Le compromis confort / sportivité est satisfaisant, au même titre que la dureté de la direction. Les premiers tours de roue sont donc largement encourageants et donnent envie d’en savoir plus.

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Aller vite en ligne droite, c’est plutôt facile à dire vrai. Roues droites, le couple et la puissance passent bien au sol sur cette MINI qui reste une traction et qui doit donc composer sur deux roues uniquement ce qu’une Audi S1 par exemple gère sur quatre ! Premier freinage. Le système de freinage Brembo me déçoit directement. La pédale manque de consistance et la course est un poil longue, le mordant de la plaquette est inexistant. Alors oui ça freine mais sans vrai retour d’information et avec quelques instabilités dont on reparlera plus bas, sans vraiment convaincre également que le système de freinage va tenir la distance. Première déconvenue donc, pas de quoi se mettre en confiance avant de mettre du rythme dans le sinueux.

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J’y vais quand même. Je m’arrête bien vite. La MINI JCW Cabrio est chaussée en Pirelli, pas des P-Zero comme il le faudrait (ou des SportContact, ou du Mich’ bien gourmand de bitume) mais en Cinturato P7. Des pneus « été », classés « très bon » en Sport par le fabriquant, pas « excellent » non, « très bon ». Pour encaisser un moteur et un châssis de qualité, parce que c’est ce dont dispose cette JCW, il faut autre chose qu’un pneu de tourisme, il faut un pneu de sport. Avec ces gommards, on sent la caisse de la MINI JCW Cabrio bouger, prendre du roulis, se déstabiliser, on sent le pneu se déformer sur sa carcasse et chercher son grip, son équilibre, sans succès. Les remises de gaz roues braquées ? Oubliez. Les gros transferts de masse ? Même pas envie d’essayer ou alors une fois, avec de la place pour sortir. Aucune confiance, aucun feeling, la peur de perdre le pneu ou l’avant ou je ne sais quoi à tout moment. Du coup je roule moins, moins propre, moins bien. Qui a fait ce choix chez MINI, sérieusement ? Et pour quelle cible ? Si c’est pour préserver le confort, mettez-ça sur une Cooper S ? Mais une JCW dotée de si bons atouts mécaniques mérite un pneu à la hauteur. Bref : c’est une catastrophe.  Soit les pneus de mon modèle d’essai étaient morts, soit c’est moi, je ne sais pas mais je n’ai jamais été aussi lent au volant d’une voiture de ce gabarit et de cette puissance.

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Cruelle déception que voilà après de premières bonnes sensations ressenties au volant de cette auto ! Look impayable, habitable au rendez-vous et équipement pléthorique, échappement incroyable et couple moteur / boîte au rendez-vous : pourquoi diantre la liaison au sol ne tient-elle pas le choc ? Sur une Cooper S, soit. Sur une JCW facturée à prix d’or, c’est inacceptable. Je ne vais pas m’attarder plus loin dans la critique, vous aurez je pense compris mon message qui dit que cette MINI JCW Cabrio est avant tout là pour le look et l’esbroufe, pour le bruit en et la vitesse en ligne droite mais que cela s’arrête là, à moins de m’être radicalement trompé dans mon ressenti. C’est dommage car la base est tout à fait excellente. A confirmer un de ces jours sur une version fermée, pour peut-être mettre à jour cet article !

1 Commentaire

  • Pneus Runflat. A virer d’urgence pour profiter de cette sportive tellement plaisante à conduire et piloter.

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