Ralph Lauren – l’Art de l’Automobile aux Arts Décoratifs – encore 10 jours…

C’est ça, il vous reste 10 jours (10 !) pour vivre un polyorgasme visuel au musée des Arts Décoratifs grâce à l’exposition unique de quelques joyaux de la collection Ralph Lauren. Depuis que je m’intéresse à l’automobile, j’ai toujours su que le fameux homme avait un goût certain pour l’automobile d’exception avec pour preuve les multiples publicités de la marque dans le magazine Automobiles Classiques qui a bercé mon adolescence. Je crois même qu’il avait eu droit, en plus des publicités, à quelques articles sur sa collection. J’avais alors bavé et pleuré du sang sur ce papier glacé de toute beauté.

© Photo Michael Furman

Il était donc hors de question de rater cette exposition qui se clôt donc le 28 août prochain. L’exposition, assez chère, vaut le coup d’oeil pour peu que l’on soit passionné d’automobile mais elle mérite de la même façon un détour pour peu que l’on soit amateur du beau, de l’Art. Car ici, ce n’est pas l’Automobile qui est exposée mais bel et bien son summum, ce qui a pu se faire de mieux, ce qui reste d’ailleurs comme le mieux de l’Automobile avec tout ce que cela implique d’exceptionnel.

© Photo Michael Furman

Bien sûr, depuis le temps (la plupart des modèles datent d’avant la moitié des années 60), la technologie a évolué, la maîtrise des matériaux aussi, les performances se sont envolées mais la carrosserie n’a en revanche rien produit de plus beau que ce qui est exposé ici, à de très rares exceptions près. L’exposition n’est pas exhaustive c’est certain mais elle regroupe un grand nombre d’influences, de styles, de signatures de la légende automobile.

© Photo Michael Furman

L’exposition commence par le “sommet” Bugatti 57C Atlantic, une voiture réalisée à quatre (4 !) exemplaires qui représente ce qui a pu se faire de mieux dans la carrosserie française, rien de plus, rien de moins. On monte les marches, encore un peu sous le choc de cette pièce d’orfèvrerie et l’orgie commence. Dans la galerie des Arts Décoratifs s’égrènent les monstres sacrés. Les massives Bentley Blower et Mercedes-Benz SSK nous montrent leurs mufles proéminents, archétypes des voitures des années 20. Moins de finesse, moins de délicatesse mais beaucoup de muscle, de puissance évoquée (et disponible pour les courageux…) et de souci du détail tandis que derrière se profile l’Alfa Romeo 8C Monza, machine à gagner des Grands Prix.

© Photo Michael Furman

Juste derrière, c’est la 8C Mille Miglia puis la Bugatti 59 Grand Prix, enfin la Ferrari 375 Plus… Claque sur claque car les voitures sont à quelques centimètres du spectateur, laissant voir leurs entrailles, leurs cockpits, leurs détails. A portée de main, à portée de souffle. C’est pour moi une véritable audace de la part des commissaires et de Ralph Lauren que de laisser les voitures si proches de nous. Chapeau bas. On continue avec la légendaire Jaguar XKD et à côté la 550 Spyder de Porsche, légende elle aussi car pilotée par James Dean lors de sa mort.

© Photo Michael Furman

Sur le côté gauche de la galerie se cachent d’autres voitures de légende. La Mercedes-Benz 300SL et ses portières à ouverture en papillon, la délicate Jaguar XK120, la “brute” de tôle Jaguar XKSS et puis bien sûr, la fameuse, l’ultime McLaren F1 dans sa version LM “orange papaye”. La seule moderne ici présente est une légende, elle aussi, elle ne dépareille pas.

© Photo Michael Furman

L’apothéose se situe pour moi dans la présence dans l’exposition de quatre Ferrari 250. Quatre. Ce monsieur Ralph Lauren possède quatre variantes de la plus mythique des Ferrari. 250 GT Berlinetta, 250 Testa Rossa, 250 LM et enfin 250 GTO. Rien que ça. L’amoureux de l’automobile tombe en pâmoison. Le néophyte observe, savoure les lignes, se délecte de cette quintessence automobile.

© Photo Michael Furman

Ralph Lauren sait donc bien s’entourer avec ces 17 modèles. Leur sortie hors d’une collection privée est un évènement rare, le fait qu’elles se trouvent à quelques centimètres de nos nez, accessibles, l’est encore plus. Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte si l’on aime la chose roulante ou si, à défaut, on souhaiterait tutoyer l’olympe de ces machines à liberté. Vous avez jusqu’au 28 août prochain.