Essai – Mazda MX-5 2.0 184 Aki Edition

Double prétexte… Vous connaissez mon amour du Mazda MX-5, plus particulièrement encore pour la version ND que je trouve remarquablement aboutie. Vous vous doutez donc bien que tous les prétextes sont bons pour en reprendre le volant et que mon petit coeur s’est brisé en les voyant évoluer sur l’une des plus belles routes du monde, en Roumanie, sans moi.

Depuis ce jour, j’attendais mon heure et les beaux jours, cherchant l’opportunité, l’occasion, de retrouver ces fins baquets, ce petit volant, cet habitacle dans lequel on est si bien calé et ces plaisirs simples. Tout prétexte n’est bien sûr pas bon à saisir car on appellerait alors cela de l’abus. Or, j’essaie depuis douze ans de ne pas tomber là-dedans.

Alors voilà : le Mazda MX-5 a évolué en fin d’année dernière… et il se dote qui plus est d’une édition limitée à 110 exemplaires en France, l’Aki Edition. L’évolution évoquée concerne le moteur, le 2.0 devenant un tout petit peu plus puissant pour atteindre les 184 chevaux. Bon, voilà qui ressemble à joli double prétexte, une vraie raison d’essayer l’auto, même. Dont acte.

Je suis dans le Cantal (enfin !) et l’Eternal Blue Mica de la carrosserie brille à merveille dans ce paysage verdoyant. Si je reste un aficionado du Soul Red Crystal, force est de constater que ce bleu est désormais ma seconde couleur favorite et remplace le Machine Gray dans le classement dans le cadre d’un éventuel achat, un de ces jours. (oui, ça fait longtemps que je dis ça, je sais)

L’Aki Edition de ce Mazda MX-5 crû 2019 embarque au même titre que la version Cherry Top essayée un an plus tôt un toit spécifique. La capote est toujours souple et prend un coloris unique, un marron / brun assez sombre qui contraste et se marie bien avec la robe bleue. La série spéciale visait à célébrer l’automne et me voilà au printemps au milieu du vert. Faut que je revoie mes plannings…

Enfin, le concept de départ de la série limitée n’en interdit heureusement pas l’usage hors saison et au vu du nombre de regards et discussions entamées lors de ce long essai de quatre jours, l’auto séduit toujours le plus grand nombre, hommes et femmes, enfants et vieux. La couleur ? Ils aiment tous. Mais le rouge gagne à la fin, chez eux aussi. Bon. On ne peut pas séduire tout le monde, l’essentiel étant que la voiture plaise.

On n’oubliera pas sur cette Aki la présence de jolies petites roues en 17″, signées BBS. Finalement, au même titre qu’avec la Cherry, Mazda décline sa Miata ND au gré des saisons, avec bon goût à défaut d’audace technique ou d’éditions réellement tranchées en terme de définition technique. J’aimerais bien qu’ils s’essaient à l’allègement un de ces jours… Ce sera en tout cas pour après la version 30th Anniversary toute d’orange vêtue ! Une couleur d’automne, ça, non ?

A l’intérieur, la personnalisation est nettement plus limitée, puisque l’Aki Edition fait le choix d’une sellerie noire très classique, allant avec les sièges standard du Mazda MX-5. Point de Recaro optionnels donc, c’est dommage et à la fois, cela avec le côté cruising automnal. Bon.

Ce qu’il faut noter dans l’habitacle, c’est le petit pédalier en aluminium, mignon à souhait et que j’ai globalement lamentablement échoué à photographier. On note aussi la plaque du collector, vissée entre les deux sièges, bien en vue. Mais le vrai bonheur vient de l’option Apple CarPlay/Android Auto. Oui, je sais, je vous bassine avec ce truc.

Le système infotainment Mazda n’est pas mauvais en soi mais si on est honnêtes… il a pris un sacré coup de vieux depuis la sortie de l’auto et la sortie du système en tant que tel. La mise à jour le rendant compatible des dernières interfaces smartphones, autrement plus évoluées et évolutives, est donc un vrai plus pour rendre l’auto encore plus vivable tous les jours.

Le Mazda MX-5 avait déjà à mon sens fait un bond de géant en se dotant de ce genre de technologie (multimédia, navigation, aides à la conduite, sécurité, etc.), il persiste en signe en adoptant, à défaut d’une refonte de l’interface et de la qualité d’écran, du meilleur au moindre coût.

Que dire de plus ? Rien. L’Aki Edition aurait mérité une sellerie dédiée, dans les tons de la capote peut-être, ou de la couleur de la capote. Ou autre chose. Là c’est un peu léger à mes yeux mais le roadster est toujours un vrai régal à vivre au jour le jour, qu’il fasse beau ou mauvais, que l’on roule fermé ou à découvert. Le meilleur des choses simples, dans un écrin tout à fait moderne et pratique.

Passée la cosmétique qui vous coûtera 33.500 €, soit 1800€ de plus (le prix de la rareté ?) que le modèle ayant servi de base, la version Sélection, passons à la performance. Car n’oublions pas que ma présence dans ce Mazda MX-5, au delà du plaisir toujours renouvelé d’être à son bord, répondait à un double prétexte.

Nous avons parlé extérieur et intérieur, liés à l’Aki Edition faute de restylage à proprement parler… passons maintenant à la tripaille car Mazda fait évoluer les ND là où nous l’attendions, à savoir une petite augmentation de puissance, en sus de les rendre plus économes et compatibles avec les nouvelles normes. Si ça, ce n’est pas du double effet bonus d’une maison d’ingénieurs… !

L’Aki Edition n’est disponible qu’en version 2.0 L. La cylindrée n’évolue donc pas par rapport à la version de naissance du Mazda MX-5 ND mais la puissance évolue, montant désormais à 184 ch en lieu et place des 160 d’origine. Surtout, ces petits poneys sont obtenus bien plus haut qu’avant, à 7500 tr/min vs. 6800 tr/min.

Ce n’est pas encore une GT3 RS mais cela veut dire que ce moteur appréciera désormais qu’on le titille tout là-haut et non plus seulement qu’on enroule sur son couple plus important que le petit frère de 1.5 L. Un peu plus dudit couple à signaler d’ailleurs, 5 Nm… mais surtout plus bas, à 4000 tr/min vs. 4600. Bref : c’est un peu mieux partout.

Admission, débit d’air, soupapes, frictions, tout ce petit monde a travaillé pour arriver à ce résultat, annoncé également plus sonore. Il faut dire que jusqu’à présent, c’est bien le 1.5 L le chanteur de la famille ! Le 2.0 L 160ch était de ce point de vue assez quelconque et pas vraiment excitant. Le timbre du 184 ch est effectivement un chouïa plus rageur et métallique, faisant penser au petiot !

C’est tant mieux, même si j’aurais tendance à monter une ligne Akrapovic sur l’auto… car cela manque encore un peu d’expressivité. Pas tout le temps non, juste quand il n’y a vraiment personne autour et qu’on a envie d’aller un peu plus loin.

Le moteur est donc une belle évolution. Le caractère moteur et mécanique de l’auto n’est pas transfiguré, avec toujours le besoin d’aller chercher la puissance dans les tours et la possibilité, avec ce bloc, de rouler coulé sur le couple, en cruising tout à fait agréable et sympathiquement sonore. Le gain existe, même si d’aucuns pourraient le trouver marginal à mi-vie du véhicule.

Ce n’est assurément pas une révolution mais y en avait-il vraiment besoin ? C’est une piqûre de rappel, nécessaire, celle qui vous dit que l’auto est toujours bonne mais se bonifie un brin quand même, pour rester l’unique référence. C’est aussi un signe du fait que Mazda écoute ses clients et leur donne un petit plus loin d’être anodin à une époque où on chasse avant tout le CO2 et le plaisir de conduire…

Pour le reste, sur les petites routes du Cantal, je me suis une nouvelle fois émerveillé au volant de cette auto. Le Mazda MX-5 crû 2019 reste une fantastique machine à plaisirs simples, avec sa direction un peu floue parfois mais communicative, légère et intuitive ; avec sa boîte si bien verrouillée et guidée court ; avec ses pédales et commandes qui tombent parfaitement sous le pied et sous les mains, autant d’éléments qui participent de la connexion à la route et à la machine.

Cette version 2.0 L toutefois manquait des éléments du pack Sport pour me séduire définitivement. Je crois que je préfère les séries limitées sur base de 1.5 L. Ce dernier ne peut prétendre à autant de dynamisme que le 2.0 L et quitte à orienter une version limitée vers du grand tourisme, de l’apparence et du bon goût, autant le faire sur le petit frère et orienter du côté performance pour le grand frère.

Car oui, le rythme qu’est capable de tenir le Mazda MX-5 sur les routes tantôt bosselées, tantôt géniales du Cantal, est ahurissant. Le nez se glisse toujours à la corde avec envie, l’arrière enroulant doucement, poussant ce qu’il faut pour que le séant du conducteur perçoive l’équilibre du châssis toujours si parfaitement suspendu.

Cela me ramène aux éléments sportifs sus-cités, à savoir les Bilstein, le DGL et les Recaro… ils auraient été parfaits sur ces petites routes où le Mazda MX-5 est dans son élément le plus naturel. Des routes finalement assez peu rapides où le dépassement de la limite de criminalité de 80 km/h n’est pas nécessaire pour prendre un plaisir fou.

Le confort s’en serait forcément retrouvé dégradé, car au gré de mes 1430 km d’essai, jamais je ne me suis retrouvé dans l’inconfort dans cette version 2.0 L “sage”… Le poids, toujours très limité, du MX-5, participe à cette qualité, les amortisseurs n’ayant pas grand travail à fournir, tandis que le moteur n’a pas à forcer non plus. On déroule, on déroule et on se retrouve parfois à se surprendre néanmoins en regardant le compteur tant tout cela est facile et coulé, dynamique mais confortable.

Ce qu’il faut retenir de ces évolutions 2019, c’est finalement la plus grande distinction entre le 1.5 L et le 2.0 L, tant d’un point de vue performances (le premier n’évolue que peu) que tarifaire. Le grand frère prend du galon mais aussi du prix, demandant un effort non négligeable, en sus du sempiternel malus. Au moins les règles sont plus claires et la frontière plus difficile à franchir d’un bloc à l’autre, c’est peut-être ce qui manquait dans la gamme précédente.

Oh, j’ai oublié de vous parler de la consommation de ce nouveau bloc… 7.1 L/100 de moyenne… sur un moteur 2.0 L et en ayant quelques franchissements de col à mon actif ! Tout ça sans SkyActiv-X. Pas de doute, si Mazda greffe cette nouvelle technologie sous le capot du MX-5, celui-ci a de grandes chances de devenir NE et passer outre les limitations et castrations actuelles.

Bref, longue vie au Mazda MX-5 ! On croise les doigts et on se donne rendez-vous pour fêter les 30 ans, déjà… en attendant on l’espère les 40 d’une voiture qui a la bonne idée d’évoluer sans se renier et qui nous empêche agréablement de vieillir.