La France de Raymond Depardon à la BNF

Jeudi dernier, à l’occasion d’une soirée organisée par Roederer, j’ai eu l’opportunité de visiter l’exposition « La France de Raymond Depardon » à la BNF François Mitterrand. Étant à la base plutôt amateur du travail de ce grand monsieur, j’avais bien hâte de voir cette exposition, fruit de plusieurs années de pérégrinations, repérages et photographies sur les routes de France.

Seul, accompagné simplement de son van et de sa chambre 20×25, il a immortalisé la simplicité des villes et campagnes françaises, livrant un témoignage sans concession sur l’explosion des villes et villages tout au long de cette seconde moitié du XXème siècle : d’un côté des paysages bucoliques, de l’autre des images de ces verrues ayant poussé aux abords des villes : parkings, immeubles sans charme bâtis le long du littoral et ainsi de suite.

La première salle de l’exposition, pièce maîtresse s’il en est, met parfaitement en valeur ces clichés grâce à des tirages montrés en pleine lumière, sans agressivité toutefois, en très  (très) grand format, à savoir 1,6 m par 2 m. 36 photos et autant d’occasions de se plonger littéralement dans l’image tant la taille des tirages est faite pour. Le choix de ce format de reproduction est profondément bénéfique et permet de se positionner, à un ou deux mètres en retrait, à la place de Raymond Depardon au moment de la capture de l’image. Il s’agit là d’une scénographie qui n’est pas sans rappeler les grandes toiles de maîtres dont la taille était calculée afin que le spectateur se sente immergé dans la scène.

© Raymond Depardon / Magnum Photos / CNAP

Pour ce qui est des photos à proprement parler, la sélection est très variée et très familière, on a souvent l’impression d’être « passé par là » ou même d’avoir déjà vu certaines scènes. Il n’en est pourtant rien quand on découvre les lieux de prise de vue dans le petit couloir qui mène à la seconde partie de l’exposition consacrée à ses influences, ses carnets et travaux préparatoires.

Mais revenons-en à ces photos, simples en apparence et qui sont pourtant parfaitement construites et exposées. Ce sont des lignes partout dans la construction, des couleurs neutres souvent, des rouges et des ocres qui contrastent souvent avec le reste du décor, pas de monuments, simplement des bâtiments du quotidien, de ceux qu’on croise souvent en quittant notre décor quotidien pour revenir dans celui de notre enfance ou de notre adolescence. Des photos qu’on croit simples à reproduire mais qui sont en fait d’une grande complexité, se situant à la croisée des chemins, entre le paysage, l’architecture et la photo de détails.

© Raymond Depardon / Magnum Photos / CNAP

Raymond Depardon n’enlaidit ni n’embellit sa France, il capture simplement et subrepticement ce qu’il a aperçu et qui lui semblait digne d’intérêt et de témoignage, ce qui allait nous rappeler des souvenirs du territoire français que l’on a forcément parcouru une fois dans notre vie. A découvrir d’urgence avant le 9 janvier prochain…

2 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.