Les harmoniques célestes – Jean-Claude Dunyach

Jean-Claude Dunyach fait partie de cette génération d’écrivains français extrêmement connus dont je n’ai pas lu grand chose si ce n’est le démentiel Étoiles Mourantes coécrit avec son ami Ayerdhal, livre qui reste encore dans ma tête comme l’une de mes plus belles lectures. En parlant de ça, il faudrait que je le relise, tiens.

Mais bref, je suis tombé sur ce recueil de nouvelles publié chez l’Atalante : Les harmoniques célestes. Il s’agit en fait du septième recueil de ce type et je vais donc « devoir » acheter les six tomes précédents tant celui-ci m’a convaincu : écriture ciselée, nouvelles rythmées et visionnaires, un régal que la plume de Mr Dunyach.

Le recueil commence par la nouvelle éponyme, une jolie étude sur les expériences de mort imminente (il faut d’ailleurs lire Passage de Connie Willis sur ce thème) et sur l’impact de celles-ci sur la société et sur celui qui a fait la découverte, passé du statut de chercheur à celui de Dieu. Le cadre est un futur proche et l’auteur en profite pour nous décrire un monde où l’on construit de mini-atolls à partir de la mer d’ordures qui trône au centre du Pacifique. L’ensemble est bien construit, agréable à lire et a le mérite de nous faire réfléchir sur ces derniers instants de notre vie et ce que nous aimerions voir à ce moment là. Notre âme ? Ou un joli tunnel tout blanc ?

La nouvelle suivante, la fin des cerisiers, nous mène au Japon et nous pousse à la réflexion sur le traitement de l’actualité, le respect de l’identité d’un peuple et de ses coutumes… mais aussi la propension d’une certaine industrie cinématographique à tout gauchir au nom du sacro-saint profit. Oppressante et délicate à la fois.

Les cœurs silencieux concerne quant à elle les derniers instants de celui qui a bouleversé le monde que nous connaissons en créant une gélule miraculeuse générant l’empathie de ceux entourant celui ou celle l’absorbant. Une douce utopie que celle d’un monde pacifié où l’on pourrait déambuler dans les endroits les plus sordides sans rien craindre pour soi, distribuant des gélules et changeant doucement le monde. Cet homme, pape d’une génération d’humains, va mourir. Peut-il mourir seul. Peut-il faire partager sa mort à tous ceux qui sont venus se recueillir au pas de sa porte ?

Repli sur soie est une belle métaphore sur l’origami, sur la façon dont nous pouvons replier et déplier notre univers, nos réalités, nos sensations, sur le codage et le décodage de ce qui nous entoure et sur le pliage ultime. Celui qui nous permettrait de nous replier sur nous pour aller dans un ailleurs immobile.

Aime ton ennemi aborde quant à elle la question de la recherche environnementale dans un monde saturé de pollutions où la traque de ce qui pourrait améliorer le quotidien environnemental est un Graal. Un monde où les crédits de recherche sont distribués à l’aune des résultats. Alors quand une société récupère des crédits mais ne publie rien, on envoie quelqu’un qui forcément va découvrir le pot aux roses. Solution miracle ? Vraiment ? Jusqu’où peut-on aller pour relancer la machine environnementale ?

Enfin, le visiteur secret est un petit régal de perversité, de curiosité et de questionnement sur le premier amour et ce qu’il représente pour tout un chacun de nous. Une nouvelle un brin étrange au début et qui prend tout son sens dans les dernières lignes. Parfaitement menée en quelques pages…

Je vous le dis, je me suis régalé. Haro sur les six autres recueils !

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