Le monde inverti – Christopher Priest

Je ne connaissais pas du tout Christophe Priest, souvent présenté comme l’un des romanciers britanniques les plus talentueux. Le monde inverti est en théorie son chef d’oeuvre. Bon…

J’avais atteint l’âge de mille kilomètres. De l’autre côté de la parte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s’assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l’impatience et de l’appréhension de l’instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie. Helward Mann est l’un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d’une planète effrayante. Il ne sait rien de l’extérieur et doit maintenant jurer qu’il ne révélera jamais ce qu’il y découvrira. Mais le long des rails qui mènent à l’optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés, éclairés par l’hyperbole du soleil.

En effet. Quelle claque. Ce livre, tel le célèbre ogre, est un oignon dont un épluche les différents niveaux de lecture avec délectation, sans verser une seule larme si ce n’est devant la maîtrise du récit par l’auteur.

Le problème de l’écriture de cette chronique, c’est qu’il est strictement hors de question que je vous dévoile la nature de la Cité Terre, ni du monde qui l’environne, ni des tenants et aboutissants des hyperboles.

Mais croyez-moi, ce livre est une merveille. Sociale, avec le fonctionnement de la ville, ses castes, le rapport aux populations extérieures, les rapports homme-femme. Humaine, avec le suivi de la vie du Futur Mann, ses doutes, sa formation, son apprentissage, son conditionnement sociétal.

Quand bien même le récit saute parfois d’un point de vue à un autre, passant de la troisième à la première personne, tout tourne autour de cet unique homme qui sert de point de focale au déroulement de ce monde inverti. Au final, c’est un mélange savant et maîtrisé de science-fiction, d’anticipation, de fable sociale et de mise en abîme permanente de notre monde actuel.

Brillant, définitivement brillant. A lire et à relire, comme tout grand classique qui se respecte.

5 Commentaires

  • Ping : Viinz
  • Argh, je l’ai commencé, et juste après PAF Trône de Fer. Du coup je l’ai laissé en suspens à la vingtième page.

    Tout n’est pas perdu ! \o/

  • Ping : Viinz
  • Bien, m’y voilà. L’intrigue est parfaitement amenée, le déroulement totalement addictif, on VEUT comprendre (parce qu’on se pose toutes les questions bien avant que le personnage ne commence à se demander ce qui cloche – mais je dois lire trop de SF, j’avais vu venir le dénouement avec ses gros sabots).

    La fin en revanche, si intéressante et logique soit-elle, m’a à la fois trop déconcerté par sa rapidité, et pas assez par sa nature. La démystification brutale m’a laissé sur ma faim.

    Un excellent roman, quoi qu’il en soit !

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