Ivoire – Mike Resnick

Ivoire, de Mike Resnick. Complètement inconnus au bataillon, l’un comme l’autre ! Alors malgré une couverture un peu étrange, je me suis basé cette fois-ci sur le fait que ce livre était publié chez Folio SF (bien peu de mauvaises surprises dans cette collection) pour retourner l’ouvrage et découvrir la description.

Il y a encore plus difficile que de retrouver une aiguille dans une botte de foin : retrouver les défenses de Malima Temboz, le grand Éléphant du Kilimandjaro, trophée légendaire dont on a perdu la trace depuis plus de trois mille ans dans le fourmillement des mondes unis. C’est pourtant le défi que va relever Duncan Rojas, en cette année 6303 de l’Ère Galactique, à la demande d’un certain Bukoba Mandaka, qui se prétend le dernier des Masaïs. Sherlock Holmes d’un nouveau genre, Rojas est l’homme idéal pour retracer l’épopée des fabuleuses défenses, d’une planète, d’un propriétaire ou d’une époque à l’autre. Mais est-il sûr d’être à la hauteur des surprises que lui réservent l’Afrique et ses sortilèges ?

Et ma foi, bien m’en a pris car ce livre est un très bon divertissement pour qui aime l’Afrique et le space-opera. On mêle ici technologie extrêmement avancée, mysticisme et histoire du peuple Masaï. En fait, bien qu’il se passe au neuvième millénaire de notre ère (l’ère galactique ayant commencé peu ou prou en 3000 ap. J-C), ce roman est en fait basé sur une histoire vraie, ou plutôt disons une vraie légende, celle de cet éléphant du Kilimandjaro dont les défenses sont conservées dans le British Museum. Elle se base aussi sur un fait malheureusement établi : les Masaïs étaient la tribu dominante de l’Afrique de l’Est mais n’ont absolument pas pris part à l’indépendance du Kenya ni ne se sont impliqués dans le développement de la Tanzanie, pays dont ils avaient pourtant la gouvernance de facto avant la mise en place des frontières de l’empire colonial britannique et européen.

Ce sont ces problématiques que va aborder Mike Resnick sous couvert d’un astucieux système de flashbacks divers et variés ponctuant la recherche de Duncan Rojas. Ces douze flashbacks sont écrits en alternance avec des passage actuels de la vie de Duncan Rojas, les interludes : son travail, son bureau, ses recherches, son caractère et surtout son âme de chasseur qui va se retrouver confronter à de nombreuses difficultés dans la recherche de l’ivoire. Sans parler de Mandaka qui va se livrer peu à peu, au fil des découvertes de Rojas mais aussi au fil de ses propres confidences à son « employé » qui cherche toujours et encore à découvrir le fin mot de l’histoire.

La trame du livre se construit donc peu à peu, remontant le passé, siècles après siècles, l’ivoire changeant de mains, de planètes, de signification et se perdant peu à peu jusqu’à être totalement perdue. On voit bien sûr arriver le dénouement avec un peu d’avance mais cela n’a pas grande importance puisque celui-ci s’accompagne des révélations que l’on attendait, les dernières pièces du puzzle de cette ivoire mythique.

La fresque ainsi tissée tient en haleine, nous propulse de planète en planète, de culture en culture tout en nous dépeignant le monde et l’univers tels qu’ils sont en cette année 6303 de l’Ère Galactique. C’est passionnant, chacun des tableaux apporte une touche d’exotisme et d’émerveillement mâtinée d’un humour qui n’est pas sans rappeler celui de Jack Vance ! Sans oublier l’indéniable constat politique et culturel sur l’évolution des peuples et le traitement que nous avons réservé à notre berceau originel mais aussi aux planètes colonisées depuis. Bref : c’est un livre à lire pour les deux voyages qui nous sont offerts : l’Afrique et la Galaxie, rien que ça !

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