Ferrailleurs des Mers – Paolo Bacigalupi

ferrailleurs_des_mersPaolo Bacigalupi, que j’avais découvert lors de la parution en français de son premier roman “La Fille Automate” est donc l’auteur qui m’a forcé à ressortir de ma retraite de lecteur. Je l’en remercie puisque je n’avais pas ouvert un livre depuis octobre et avant cela, mai. 2012. J’ai donc lu deux livres en un an. Misérable.

Mais bref, n’en parlons plus, je tente de reprendre un rythme après avoir achevé ces “Ferrailleurs des Mers”, plongée dans un futur très proche et bien peu enthousiasmant. Le pétrole est venu à manquer, la montée des eaux s’est confirmée et l’équilibre géopolitique du monde a basculé, entraînant dans les profondeurs des villes comme la Nouvelle-Orléans, à proximité de laquelle se déroule l’aventure de ce roman, qui sera suivi d’un second tome, voilà qui modère la déception somme toute légitime ressentie en fermant l’ouvrage.

Bienvenue quoiqu’il en soit chez les ferrailleurs, ces jeunes et moins jeunes, séparés entre “légers” et “lourds”, qui dépècent les grands navires du siècle passé. Les matériaux sont revendus à de grands groupes spécialisés dans le recyclage et parfois, tel ou tel ferrailleur tombe sur une poche perdue de pétrole, un “lucky strike”. C’est d’ailleurs ce qui arrive à notre personnage principal qui découvre suite à un ouragan un de ces bateaux en matériaux composites mus seulement par le vent et qui ne quittent d’ordinaire jamais le large…

La suite ? Une succession de situations rocambolesques, autant d’aventures permettant de continuer la description de ce nouveau monde. Si la première partie du roman s’attache à décrire le monde des ferrailleurs, ses conditions de vie et ses risques, son côté sauvage également, la seconde partie, plus romanesque et aventureuse, nous laisse entrevoir le monde extérieur, totalement inaccessible et opaque à ces forçats du futur dont l’horizon est plus que bouché, lucky strike ou pas. Il faudra toutefois attendre le prochain opus pour y pénétrer puisqu’on se contente pour le moment d’un final en forme de bataille navale mêlant technologies modernes et codes de la piraterie tels qu’on les imagine.

Relations familiales, amicales et amoureuses. Honneur, folie et opportunisme plus ou moins malsain. Êtres mi-hommes, mi-chiens aussi… le tout saupoudré d’une séparation des classes des plus violentes. Paolo Bacigalupi reprend une partie des ingrédients qui ont fait le succès de sa Fille Automate, roman à mes yeux nettement plus adulte, abouti et ambitieux que celui-ci.

Si le style est très correct, je l’ai trouvé simpliste par rapport à son précédent roman, plus abordable et orientée “jeunesse”, territoire littéraire où ces ferrailleurs ont d’ailleurs reçu un prix. Cela se ressent surtout au niveau du traitement des personnages, nettement plus tranchés, moins complexes ; je suis quelque peu resté sur ma faim ! C’est mon sentiment global d’ailleurs, en refermant ce livre. L’univers est prometteur, les thématiques abordées intéressantes et le contexte historique et politique a de quoi faire frétiller n’importe quel amateur d’aventures et de SF mêlés.

Qu’importe, Paolo Bacigalupi confirme qu’il est un créateur d’univers doué et j’attends la suite avec impatience. Rendez-vous en novembre, j’espère d’ici là avoir lu un peu plus qu’un ou deux livres !