Etat de Rêve – Ian McDonald

Difficile de se faire un avis sur ce recueil de nouvelles de Ian McDonald tant il m’a surpris parfois, laissé sur mon cul sur d’autres textes mais aussi complètement perdu sur quelques uns. Vous l’aurez compris, il s’agit ici d’un recueil de nouvelles, dont celle ayant donné naissance au Roi du Matin, Reine du Jour que j’ai chroniqué il y a peu.

Dix nouvelles, dix textes étonnants à un point tel qu’on ne sait pas trop si l’on nage dans le fantastique, dans la science-fiction ou dans une palanquée d’autres genres littéraires, tous mêlés ici pour ce qu’il convient bien d’appeler un état de rêve. C’est bien ce qui prédomine ici. Il faut s’abandonner pour adhérer, pour comprendre. Oublier le pragmatisme et suivre ce qui ressemble à des divagations de l’auteur.

Il n’en est pourtant rien car il nous mène où il l’entend. A commencer par ce premier texte sur les songes et leur potentiel médical poussé à l’extrême. Voilà un texte qui aurait du me mettre en garde. Le texte « Christian » est une petite merveille, tout comme « la roue de Sainte Catherine », magnifique vision de Mars et splendide réflexion sur la douleur et la pureté du corps.

Au milieu de tout ça, les « Scènes d’un théâtre d’ombre » nous plongent dans une Venise bien étrange, cruelle, dérangeante aussi. Surtout la chute.

« En des cités singulières  » est un hymne au(x) voyage(s) et à l’appréciation de tout un chacun des endroits qu’il parcourt. Surprenante nouvelle bien qu’un peu usante à lire. Ce n’est pas le cas du « Portrait inachevé du Roi de la Douleur par Vincent Van Gogh » qui retrace la fin de la vie du peintre génial et malade, donnant un visage à sa folie, une justification, une explication. Un texte qui laisse le souffle court de part son ambition et sa maîtrise narrative. A lire absolument.

A côté, « Radio Marrakech » et « l’Île des Morts » sont tous deux de beaux textes, peut-être moins puissants que le Van Gogh mais tout aussi accrocheurs et parfaitement menés. Et enfin, « Vivaldi », pas facile à appréhender, emplie de thèmes variés, dont le rythme va croissant, tout comme la déchéance des personnages. Splendide, au final.

Ian McDonald m’a dont séduit une fois de plus, par son écriture toujours délicieuse mais aussi par l’ambition énorme de certains de ses textes, ambition qui avait présidé au dément Fleuve des Dieux. Prochaine lecture de cet auteur : Desolation Road… et j’attends avec grande impatience les prochaines parutions française de l’auteur, chez Lunes d’Encre.

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