La Nostagie de Dieu à la Comédie Contrescarpe

Hier soir, je suis allé faire un tour du côté gauche de Paris, fort heureusement pour une très bonne raison : j’avais rendez-vous avec Dieu. La Nostalgie de Dieu, c’est l’adaptation théâtrale des BDs de Marc Dubuisson, elles-mêmes issues de son fameux blog.

Je suis à la base assez fan du travail de Marc Dubuisson, son dessin et son traitement de la discussion de Dieu avec ses quelques interlocuteurs mortels : humour bien cynique, réparties cinglantes et une bonne alternance entre l’emphase des interlocuteurs humain et le franc-parler d’un Dieu misanthrope, cynique et démissionnaire.

Du coup, j’étais assez curieux de la manière dont l’adaptation théâtrale serait faite par Lætitia Grimaldi, le format de la BD étant ma foi plutôt adapté à l’exercice. Une heure après l’entrée théâtrale du dépressif chronique voulant mettre fin à ses jours puis celle, tonitruante, de Dieu, il est temps de faire le bilan. Est-ce bien drôle ? Oui. Est-ce complètement hilarant du genre à péter un fou rire pendant 15 minutes ? Non. Explications.

Il est évident qu’il faut être assez « ouvert » en terme d’humour et pas trop sensible aux blasphèmes. Pour ce qui me concerne, je me bien évidemment fendu la gueule de bout en bout tant les jeux de mots et déclarations provoc’ de Dieu fusent de tous côtés. C’est à ce niveau là tout à fait jouissif et les deux acteurs s’en donnent à cœur joie. L’un comme l’autre jouent juste. Le déprimé et le psychologue sont plein d’emphase, de beaux mots, de superlatifs et de belles idées bien arrêtées, ils jouent à ce titre le jeu que l’on attendrait justement de Dieu. Ce dernier joue au contraire la carte de la blague, du cynisme et du sarcasme, le tout ponctué de mimiques et de quelques remarques à la destination du public. Bref : c’est un fêtard, un menteur, un blasé et il n’en a strictement plus rien à foutre de sa création qui ne cesse de le décevoir et de l’emmerder avec ses doléances et ses interprétations délirantes.

A côté de ça, je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai explosé de rire à chaque répartie mordante car cet humour, c’est finalement celui que je pratique avec beaucoup moins de talent et aussi celui auquel je suis le plus habitué quand je bois des coups avec mes amis athées, agnostiques ou avec les plus ou moins croyants bien qu’ouverts au blasphème sauvage. Pas trop de surprise donc à ce niveau là mais la mise en scène, le bon enchaînement des choses et la pertinence du propos font qu’au final, l’absence de fou rire n’est pas un problème et le sourire reste vissé sur le visage pendant l’ensemble de la représentation.

Au final, c’est une belle surprise, un moment agréable à passer, quelques réparties pouvant devenir cultes et une très bonne entrée dans le monde des petits théâtres pour ceux qui n’auraient pas l’habitude d’y aller ou qui seraient un peu peureux à l’idée de pénétrer dans un grand et vieil établissement. Bref, si vous voulez passer une petite heure à vous marrer des horreurs de Dieu et de l’Humanité, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller les voir avant le 15 septembre. Au pire, il vous restera les BDs. D’ailleurs, faut que je les commande. Zou.

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