Avoir le choix …

… de sa mort.

Je reviens sur une actualité récente : la mort d’un patient italien atteint d’une sclérose latérale amyotropique (Googeulisez et vous verrez, c’est moche) depuis déjà 7 ans. Agé de 53 ans, il avait demandé à de nombreuses reprises à être aidé, afin d’abréger son calvaire de douleur, d’immobilisme et de déchéance. La police avait été obligée d’intervenir pour empêcher un anesthésiste de débrancher son assistance respiratoire … Il s’est finalement éteint après avoir fait une grève de la faim et de la soif pendant plusieurs jours. Calvaire terminé, bouton OFF.

Il aura finalement choisi sa mort. Mais combien de souffrances pour ça ? 7 ans de décrépitude progressive, 7 ans de douleurs, 7 ans à perdre son corps à petit feu. Et enfin cette grève de la vie, peut être le pire. Le tout avec “juste” des sédatifs, rien d’autre.

Le débat sur l’euthanasie est lancé depuis maintenant longtemps, surtout avec, encore en Italie, l’acquittement de ce médecin qui avait aidé un de ses patients à mourrir.

Ce débat me touche d’autant plus que mon père avait demandé à ma mère de tout faire pour qu’il ne souffre pas, sur la fin. De tout faire pour qu’il puisse partir vite, d’oublier ces cons de médecins qui parfois ne cherchent qu’à prolonger la vie, au détriment de la dignité humaine. Il est parti vite, oui, mais pas autant qu’il l’aurait voulu, il nous l’a dit. La faute à la médecine, emprisonnée dans le carcan de la Loi française.

Le serment d’Hippocrate qui prône un juste milieu entre prolongement de l’agonie et le fait de donner intentionnement la mort est-il donc si dur à cerner ? Est-il donc si important qu’on refuse à des personnes conscientes de leur état de choisir leur mort ?

Cette putain de morale catholique est-elle donc encore tant ancrée dans nos têtes que nous refusons de voir la vérité en face et continuons à nous plier à ses dogmes fumistes ?

Quid de la volonté du patient, qui est après tout solitaire avec sa maladie, malgré la présence ou l’absence de ses proches …

L’opinion publique est prête à l’entendre. Depuis longtemps. La banalisation du cancer, sa prolifération même, fait que toutes les familles sont touchées, cela n’arrive plus qu’aux autres. J’en ai fais la triste expérience. Et OUI, l’euthanasie doit être légalisée, dans un cadre strict, mais légalisée.

On ne badine pas avec la mort, mais quand on danse avec elle depuis des mois … il me paraît essentiel de pouvoir lancer soi-même la dernière danse.

Mon père aurait voulu la choisir, il n’a pas pu. J’espère pouvoir le faire, quand le moment sera venu.