Peugeot EX1 – plus qu’un concept-car
Hier soir, après deux journées de test sur l’anneau de Montlhéry, c’était la présentation « officielle » de la Peugeot EX1 dans l’espace de la marque sur les Champs-Elysées… Etaient bien sûr présents les grands du groupe, à commencer par Vincent Rambaud, Xavier Peugeot, Jean-Pierre Ploué et aussi Gilles Vidal, sans oublier Nicolas Vanier, « parrain » de la voiture et aussi pilote dans le cadre des records établis par le petit monstre électrique.
Au delà du discours des têtes de pont du groupe, Nicolas Vanier était ému et fier de faire partie de cette aventure électrique basée sur le plaisir et la performance. Il était aussi convaincu qu’avec l’EX1, Peugeot pose des jalons supplémentaire dans l’évolution vers le tout-électrique : silence, propreté, efficacité et sécurité. Autant de crédos auxquels il adhère et dont il tente de véhiculer les valeurs au travers de son travail que tout le monde connait… Un partenariat qui peut donc paraître étrange au premier abord et qui une fois mis en lumière prend tout son sens.
A côté de cela, l’EX1 est une sacrée gageure d’ingénieur car autant il est « simple » de faire un concept-car qui va rester au chaud sur un plateau de salon ou rouler à 40 km/h sur un billard hyper contrôlé, autant créer un concept-car roulant sur un anneau comme celui de Montlhéry (bosselé, avec des trous, etc.) à plus de 200 km/h, cela se mérite ! Chapeau bas à l’ingénierie Peugeot sur ce coup là.
Une fois la belle couverture enlevée, la bête apparaît. L’EX1, « EX » pour exigence, c’est une petite barquette deux places au design résolument futuriste et profilé, un doux mélange d’automobile, de char à voile pour le poste de commande et d’aéronautique dans lequel le conducteur et son passager sont allongés au ras du sol, propulsés en 4 roues motrices par deux moteurs développant l’équivalent de 340ch. Quand on sait que la petite bête triangulaire ne pèse que 750kg à vide et 1000kg avec les batteries, on voit que le rapport poids-puissance, valeur phare de l’automobile, est plutôt agréable ! Et les performances s’en ressentent puisque l’EX1 a battu 6 records mondiaux dans sa catégorie, dont un 1000m D.A. en 28″16 secondes. J’aurais bien voulu être à bord et je ne parle même pas du 0 à 100 km/h annoncé en 3″58 (4″4 mesurés à Montlhéry je crois, ça reste énorme pour ce type de véhicule) et des 6″6 nécessaires pour atteindre sa vitesse maximale, 260 km/h.
Bref, l’EX1 est une prouesse technique, une splendide percée pour ce qui est de l’efficacité du véhicule électrique (450km d’autonomie annoncés) et elle préfigure donc ce qu’il est possible de faire avec des batteries… Après, n’espérons pas la voir dans la rue, ce n’est bien évidemment pas prévu (quoique… ce serait une belle idée que de faire une série limitée de ce bolide)… Du coup, je vais continuer à rêver en regardant cette structure allégée, cette carrosserie fusionnée avec le châssis telle un exosquelette de carbone et pour ça, rien ne vaut les photos du constructeur, splendides !
Et celles prises à l’aéroport espagnol de Lleida Alguaire… (le genre de spot parfait pour faire des photos…)
Et pour finir, la vidéo de « promo » tournée à l’occasion de cette moisson de records !
Bilan ? Une prouesse technique, une splendide réalisation stylistique en plein dans la veine des nouveaux codes de la marque au Lion et beaucoup de belles choses à venir avec Peugeot, du moins je l’espère. Vivement le Mondial !
Rachid Badouri sera au Théâtre Trévise (et c’est plutôt pas mal)
Comme annoncé la semaine dernière, j’étais avant-hier à l’avant-première du spectacle de Rachid Badouri à Bobino, sorte de répétition générale après quelques spectacles-tests dans une petite salle parisienne avant le grand bain du Théâtre Trévise pour le début 2011.
Il y avait en tout cas la foule des grands soirs pour la réouverture de cette salle mythique et pour découvrir l’homme qui cartonne tout au Québec depuis sa percée à la télé, sur scène et partout ailleurs. On a donc commencé par un petit film de présentation du bonhomme, sorte de kaléidoscope d’extraits de scène, de télévision et de témoignages de « grands » humoristes français, du Gad Elmaleh, du Franck Dubosc en veux-tu en voilà ! Bon, si l’on excepte le fait que le son était atrocement fort que j’avais la gueule au niveau de l’enceinte, le film est efficace, très pro et très « grosse production hollywoodienne. Autrement dit ce bonhomme est marketé à mort et ça pourrait bien marcher pour lui rien qu’avec ça. C’est ce qu’on appelle une machine de guerre quoi.
Mais le contenu, il donne quoi le contenu ? Parce que bon, c’est un peu le truc essentiel quand on va voir un spectacle, qui plus est un humoriste qui a la tâche la plus difficile du monde : faire rire.
Bien malheureusement, le spectacle de lundi soir n’était pas la version complète mais une version adaptée et raccourcie à un peu moins d’une heure de show… pas vraiment idéal pour conserver l’équilibre dans un spectacle qui fait aussi la part belle aux scènettes musicales et à la musique (cf. les derniers spectacles de Gad en somme). Du coup, le résultat m’a justement paru très déséquilibré : trop de musique, trop de « show » par rapport aux passages parlés, humoristiquement traditionnels dira-t-on. J’ose donc espérer que la version longue du spectacle laissera un peu plus de place à l’humour du garçon.
Car clairement, il en a ! Alors, je n’ai pas ri aux éclats en permanence, n’étant pas le mec le plus sensible à cet humour mais je n’ai pas arrêté de sourire et je pense avoir chopé quelques pré-rides supplémentaires ! C’est efficace, c’est plutôt drôle, Rachid joue très bien de son passé familial, de ses origines des deux côtés de l’Atlantique (Maroc et Québec donc), il raconte son évolution, son adolescence, ses petits boulots avant le succès, etc. Schéma classique en quelque sorte pour un one-man-show avec quelques perles mais aussi des blagues un peu trop appuyées ou redites qui ne m’ont pas forcément séduit. Mais une fois de plus, je sais ne pas être un « client » idéal pour ce genre de spectacles.
Dans tous les cas, l’ensemble est rythmé, Rachid a une énergie folle sur scène, il danse – très – bien, son visage est en caoutchouc – mais comment fait-il ? – et globalement, on se marre bien. Conclusion : si vous êtes fan de Gad, de Franck ou d’Anthony, vous allez vous fendre la gueule du début à la fin (ou presque). En revanche, si vous êtes fan de Christophe Alévêque, vous risquez de rester un poil crispé du début à la fin (ou presque). Bilan mi-figue mi-raisin… il faudra que je voie le spectacle définitif, en intégrale et non pas en version courte pour me faire une idée définitive.
Inauguration du Studio 13/16 à Beaubourg
Samedi matin, direction le Centre Pompidou… Une conférence de presse à 10h un samedi matin, je vous jure que ce n’est pas une sinécure mais bon, l’initiative qui allait y être présentée valait le déplacement, j’ai nommé le Studio 13/16.
© Mathieu Lehanneur
Pour répondre à cette question, on a donc commencé par une conférence de presse en compagnie du directeur de Beaubourg, du designer Mathieu Lehanneur, de Lilian Thuram, parrain du lieu et des mécènes et partenaires. Il s’avère donc que le Studio 13/16 est le premier espace conçu et destiné aux adolescents de cette tranche d’âge, une des plus importantes dans notre vie, une des plus structurantes aussi et pendant laquelle beaucoup de nos sensibilités s’affinent et se créent. Et notamment le rapport à l’art et à la création. Le Studio 13/16 se veut donc un lieu de rencontre, d’échange et de curiosité où les ados pourront découvrir des artistes et échanger avec eux. Finalement, cet espace est un peu la continuité des Ateliers destinés au plus jeunes et d’ores et déjà mis en place par Beaubourg. Voilà en « somme » la vocation du lieu, son leitmotiv et je trouve ça carrément brillant.
Passée cette étape de présentation et juste après l’inauguration célébrée par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand himself et sous l’oeil de l’inusable Jack Lang, nous avons pu accéder au lieu en compagnie de la foule des grands jours. Pas vraiment l’idéal pour se faire une idée du lieu, mais il a bien fallu faire avec.
Et qu’en dire alors ? A part qu’il y avait beaucoup trop de monde ? Assez peu de choses finalement tant j’ai du mal à imaginer des ados dans ce lieu, tant je ne visualise pas pour l’instant comment le lieu va pouvoir évoluer et se mettre en place. On va dire que c’est le genre de vernissage qui ne met finalement pas l’endroit en valeur mais je crois en l’idée de ce Studio 13/16 et si la programmation est bien faite, il y a moyen que la sauce prenne. C’est du moins tout le mal que je souhaite à cet espace unique en son genre. Rendez-vous donc dans quelques mois pour un premier bilan que j’espère positif !
La suite...En balade sur le tournage de Philibert
Lundi dernier, j’étais une nouvelle fois en vadrouille à base de vol d’avion, de découverte de pays et d’expérience encore jamais vécue… En gros, j’ai rendu encore plus mauvais mon bilan carbone « avion », je suis retourné dans un pays où j’ai beaucoup de souvenirs, la République Tchèque et j’ai assisté pour la première fois de ma vie au tournage d’un « vrai » film : Philibert.
Rendez-vous à l’aéroport avec l’équipe Gaumont et direction Prague, on a clairement vu pire pour un lundi matin, qui plus est avec la lecture du scénario pendant l’heure et demie de vol. Bon, de Prague, je n’ai rien vu, pas même un clocher, les studios Barrandov étant situés à quelques dizaines de minutes de la capitale. J’avais beau avoir déjà entendu parler de ces studios, l’expérience est toute autre lorsqu’on débarque au milieu de tous ces bâtiments, les uns flambant neufs, les autres datant de la construction des studios, dans les années 20. Un gigantesque complexe avec toutes les infrastructures disponibles et surtout un écosystème économique complètement dédié au cinéma dans les alentours : prestataires, fabricants de décor, etc. : s’ils ne sont pas directement sur le site, ils en sont tout proche… Autrement dit, Barrandov est un peu LE lieu absolu pour un tournage studio, en plus de n’être pas cher, République Tchèque oblige. L’infrastructure est donc impressionnante, oscillant entre les grands décors, les couloirs un peu lugubres très soviétiques, les coins « clope » avec des bouts de District 9 dedans.
Mais bref, parlons plutôt de Philibert, en cours de finalisation par son réalisateur, Sylvain Fusée. Premier « gros » film et une aisance à la manœuvre, une facilité à diriger ses acteurs et ses équipes qui en a à priori bluffé plus d’un. L’expérience Groland qui consistait au final à donner une cohérence à un joyeux bordel n’y est surement pas pour rien ! En tout cas, dès le premier contact, on sent que l’homme s’amuse tout en restant extrêmement concentré sur ses objectifs car lorsque nous sommes arrivés, Monsieur Poulpe et moi-même, c’était tout simplement le tournage d’une scène principale du film et surtout les tous derniers jours de location du studio.
Du coup, je me suis baladé ! Derrière les décors, devant les décors, j’ai profité de chaque instant, de chaque « action » prononcé par le réal’, de chaque « clap » de prise de vue, des « caméra », des « ça tourne » et autres détails qui font le cinéma qu’on voit en général dans les reportages et non pas en vrai comme ce fut mon cas cette fois-ci.
Bon, et niveau acteurs alors, ça donne quoi ? Du bon, du très bon, on sent que tout le monde s’éclate dans son rôle. Alexandre Astier d’un côté en méchant (Clotindre) pur et dur, Jérémie Renier en Philibert tout feu tout flammes, Manu Payet en compagnon impayable (Martin) dudit Philibert et enfin Elodie Navarre en Inès, délicate et splendide à la fois, sans oublier une belle brochette de seconds rôles bien savoureux.
La lecture du scénario, mise en lumière par les décors, les costumes et les quelques scènes que j’ai pu apercevoir me font penser qu’on va vraiment bien se fendre le groin avec Philibert : déjà parce que le film est produit par ceux qui ont « commis » avec bonheur les OSS 117 et ensuite parce qu’il est réalisé par Sylvain Fusée qui a commis pendant des années le fabuleux monde de Groland ! On va donc osciller entre le potache, le pastiche de films de cape et d’épée et l’hommage aussi à ce genre… J’ai vraiment hâte de voir le résultat final mais en attendant, l’expérience était belle, les rencontres inespérées, il ne me reste plus qu’à retourner à Prague, cette fois-ci pour visiter la ville !
La suite...Philippe Katerine – chronique
J’ai reçu il y a quelques semaines le nouvel album de Philippe Katerine, annoncé comme un retour aux sources du trublion français, barré et perché, touchant et délicat aussi… Comme il sort le 27 septembre, jour de mon anniversaire, je me suis dit qu’il ne pouvait qu’être bien !
Et ma foi, c’est bel et bien le cas. Oubliés, les Robots après Tout, revoilà un Philippe Katerine qui fait ce qu’il aime et qu’il fait bien. Et ça commence avec les deux premiers titres, là pour lancer l’album et sans intérêt si ce n’est de propulser un premier morceau barré, « la reine d’Angleterre » et le « Les derniers seront toujours les premiers ». La suite, pour moi, c’est l’ode aux « Bisoux », le cinquième titre, petit bonheur et premier coup de coeur du disque.
La suite, du #6 au #10, « Liberté » et « La banane » en tête, est jouissive et égale en terme de bonheur… et se calme ensuite avec quelques morceaux qui ne m’ont pas conquis quand bien même son « Té-lé-phone » est parfaitement représentatif de notre jolie société de smartphones ! « Parisvélib’ » arrive ensuite, peut-être le meilleur morceau de l’album…
« La musique » et « Vielle chaîne » arrivent après, un peu bucoliques et oniriques, plaisants… avant un « Morts-vivants » sans grand intérêt et une fin d’album un peu plus molle si l’on excepte la toute dernière diatribe, tellement puissante de vérité qu’est « Le champ de blé ».
Au final, c’est un bon album que livre Philippe Katerine, quelque chose qui se rapproche d’un retour aux sources. Moins commercial, plus barré, plus subversif aussi, très clairement Katerine donc. On aime ou on déteste, perso j’ai choisi mon camp, je savoure et d’ailleurs, on s’en remet une couche avec le clip de « la banane », en attendant celui de « Liberté » !
HBO dévoile Raven – Game of Thrones
A l’occasion du season finale de True Blood (qu’il me tarde de voir !), HBO a dévoilé les premières images et un teaser de Game of Thrones, l’adaptation tant attendue de « A Song of Ice and Fire » aka « Le Trône de Fer » dans nos vertes contrées.
C’est court, c’est très graphique, c’est surtout hautement frustrant tant c’est court et essentiellement plein de plumes de corbeau mais ça m’aura quand même fait prononcer un « hiiiiii !!! » hystérique à la fin… Enjoy.
Et puis je ne me lasse pas de découvrir Daenerys Targaryen…
La suite...MEP – juin à août 2010 – un cru bien inégal…
Mercredi dernier, passage à la MEP en compagnie de l’ami CarpeWebem pour découvrir à quelques jours de leur remplacement les expositions courant de juin à août. Au programme :
- Photographie de la nouvelle Russie, 1990-2010
- Anna & Bernhard Blume et leurs polaroids sur la période 1975-2000
- Aki Kuroda et son Cosmogarden
- Cyril Porchet
- et enfin « L’éclat de la perte » de Holger Trülzsch
Et que dire de tout ça si ce n’est que c’est profondément inégal et que j’ai été tout sauf touché par la plupart des expositions… ! On commence par les photographies de la nouvelle Russie, couvrant donc le renouveau de la photographie russe correspondant à la mise en place de la Perestroïka au début des années 1990 : la scène underground qui avait perduré est ressortie de ses sous-sols, la photographie de mode s’est développée, le photo-journalisme-non-étatique aussi ! L’exposition ne se veut donc pas exhaustive mais affiche plutôt un patchwork des différentes tendances. Ainsi, de Tishkov et Bendikov et leur « Lune privée » (j’ai adoré) aux régions russes de Tchilikov (de la photographie humaniste brute de décoffrage, très « nue » dans sa représentation de la Russie) en passant par les photographies très borderline-lolita de Bratkov (surprenant, dérangeant, un peu), on en a pour tous les goûts. Alors bien sûr, cette profusion de photographes nuit un peu à la cohérence de l’ensemble mais il ne s’agissait pas de toute manière de s’intéresser exclusivement à un seul courant. On aime ou on n’aime pas tout, mais en allant voir cette exposition, on est à peu près certain de trouver au moins une dizaine de clichés qui nous touchent ou nous plaisent mais quand même, on aurait bien aimé avoir un peu plus de détails, d’explications, de commentaires car là, « rien », le fureteur d’expo est livré à lui-même.
© Tishkov et Bendikov
© Bratkov
© AES+F
La suite, ce sont les polaroids du couple Blume. Et là j’ai décroché. Complètement décroché. Donc je n’en parlerai pas, je ne comprends pas cet art photographique, je le trouve amusant, certes, touchant parfois mais clairement trop névrosé et névrotique à mon goût. Je zappe. Même constat pour Holger Trülzsch…
Pour ce qui est de Aki Kuroda, l’exposition est intéressante mais manque là aussi d’explications pour prendre toute la mesure des compositions et juxtapositions de photos et dessins… Dommage.
Enfin, on termine avec le travail de Cyril Porchet : il s’agit de photographies frontales du choeur d’églises situées un peu partout en Europe, choisies pour leur ornementation et leur style extrêmement chargé en détails, en couleurs, en nuances. Il en ressort une sorte de saturation spectaculaire et finalement intéressante.
© Cyril Porchet
Une édition complètement inégale donc en ce qui me concerne mais de belles photos malgré tout… Si cela vous tente, il vous reste jusqu’au 29 août pour en profiter, si possible un mercredi à partir de 17h30, c’est gratuit !
La suite...Bazar du weekend – Blogueuse et le Rêve Américain de Duane Hanson à la Villette
Petit weekend tranquille, le second de ce genre après la succession de déplacements et autres petits bonheurs qui se sont enchaînés entre la mi-juin et la mi-juillet, l’occasion d’aller faire un tour dans Paris. Au programme : une pièce de théâtre, Blogueuse, à la Manufacture des Abbesses. Mais aussi « le rêve américain » de Duane Hanson à la Villette. Et puis de longues balades entre les Abbesses, la Villette et le retour à la maison en passant par la place Ste Marthe et un bar qui est bien parti pour devenir ma nouvelle taverne.
On commence par Blogueuse, pièce qui m’a été recommandée assez chaudement et que nombre d’influentes sont allées voir paraît-il. Du coup j’y allais avec un mélange d’intérêt et de circonspection et mon sentiment à la sortie est du même genre ! L’intérêt est lié à la richesse du texte (du « vrai » français, soutenu), à sa très bonne interprétation (les actrices sont au poil, facétieuses et complémentaires) et au choix de poser les différentes scénettes comme autant de « billets » de blog auxquelles les trois actrices insufflent la vie et l’humour.
La circonspection, ou plutôt la légère déception, vient du fait que j’attendais quelque chose de plus cynique, de plus dur, de plus méchant. Ce n’est que très peu le cas ici : quelques piques, quelques constats finalement assez faciles sur la vie de blogueuse « influente » courtisée et sollicitée par tel ou tel journal ! Les auteurs de la pièce se sont contentés de pointer quelques défauts très visibles pour peu que l’on lise un blog, quel qu’il soit (et celui-ci inclus) : la propension du blogueur à raconter sa vie quand bien même tout le monde s’en tape, le nombrilisme parfois galopant, la capacité à dénuder des zones énormes de vie privée alors que les proches n’en sont pas informés voire même n’ont pas le droit de connaître l’information tandis que les « lecteurs », si ! Mais voilà, on reste en surface, on ne creuse pas. Le texte aborde finalement le début de la vie d’une blogueuse, son amour des statistiques et son ego qui enfle. Quid de la suite ?
Blogueuse est donc bien interprété, bien écrit mais il manque une dose de cynisme, d’ironie plus mordante, quelque chose qui fasse que la pièce se démarque de son accroche : « Si Bridget Jones avait eu internet »… Car voilà, sous le couvert d’un titre aguicheur qui plaît à la blogobulle, ce sont finalement des histoires de fille racontées sous forme de billets de blog qui sont ici racontées et détaillées. Le « blogueuse » et les terminologies « web 2.0″ ne sont donc qu’un prétexte pour raconter ces histoire intemporelles. Toutefois, si cela vous dit de vous faire votre avis, n’oubliez pas de chuchoter « churros » au moment de réserver vos places… tarif réduit garanti !
La suite, c’est donc un très rapide passage à l’expo Duane Hanson à la Villette, baptisée « Le Rêve Américain » et qui traduit la vision hyperréaliste de l’artiste de son pays et de ses contemporains : l’ennui, la déception, l’abattement…
Premier choc : le réalisme. Confondant, troublant, bluffant. Hallucinant. L’exposition est à voir pour cette raison toute simple : son réalisme (bon, en plus, c’est gratuit…). J’ai été totalement abasourdi par le niveau de détail atteint par l’artiste dans ses sculptures à taille réelle.
Le second choc vient de l’abattement visible de ses personnages, leur ennui, leur tristesse à peine masquée, l’expressivité des visages figés dans une position du quotidien. Cela en est presque bouleversant, on se prend à chercher un mouvement dans le regard, un mouvement d’une veine, une frissonnement des poils des bras, un orteil qui tressaute. Mais non, rien. Ces gens là ne sont pas là et pourtant leur présence muette est un fardeau que l’on trimbale tout le long de l’exposition, un brin courte.
Car oui, on aimerait en voir plus, se gorger du désespoir figé de ces gens. On aimerait aussi se convaincre que l’on n’est pas comme ça, qu’on ne souffre pas nous-mêmes de ce syndrome de désillusion que Duane Hanson a si habilement mis en forme. Et pourtant, on nage d’ores et déjà en plein dedans. Du coup je me raccroche à mes voyages, à mes envies d’avoir un oeil neuf sur les choses qui m’attendent par la suite. Mais cette exposition m’a mis un coup, malgré tout. Courez-y.
La suite...1945-1998 – les essais nucléaires dans le monde vus par Isao Hashimoto
Vu sur Twitter grâce à Mr. William Rejault, un splendide récapitulatif de tous les essais nucléaires (connus ?) dans le monde… Le début est relativement lent et long, laissez donc une petite minute à la vidéo, le temps qu’elle s’amorce. La suite est effarante.
Pas de doute, ça laisse rêveur. Un peu catastrophé aussi. Voire beaucoup. Je ne m’étais jamais rendu compte de la quantité affolante d’essais réalisés dans le monde.
La suite...Balade au MNHN – Les Grandes Serres et A l’Ombre des Dinosaures
Samedi, direction le Muséum National d’Histoire Naturelle pour visiter les Grandes Serres, rouvertes depuis quelques semaines à peine et pour faire un tour à la Grande Galerie de l’Evolution où se tient une exposition temporaire : A l’Ombre des Dinosaures.
Dans les Serres, en plein soleil, la température n’y est finalement pas si « tropicale » si je me base sur ce que j’ai pu vivre dans les jungles malaises ou plus simplement dans les serres de la Ménagerie sans même parler du zoo de Singapour. Pas d’étouffement à prévoir à priori même si samedi les températures n’étaient pas affolantes. D’ailleurs, un petit message collé sur les portes stipule que l’accès aux serres pourra être bloqué en cas de fortes chaleurs. Dommage !
A l’intérieur, ça sent encore le neuf ! J’exagère, alors disons plutôt que ça ne sent pas encore grand chose. Je m’attendais à me prendre un parfum d’humus prononcé en entrant dans la première serre, la tropicale, mais il n’en est rien. Il va falloir attendre encore quelques temps avant que le parfum de la terre et des plantes prenne possession des lieux. Un peu dommage, j’aurais donc plutôt tendance à vous conseiller d’attendre quelques mois pour y aller.
La seconde serre, aride, est plus petite et est elle-aussi en cours de finalisation mais recèle déjà de très jolis specimens de cactées et succulentes.
Un peu plus loin, de l’autre côté du splendide rocher qui clôt la première grande serre se tient un plus petit espace, celui de la serre de la Nouvelle-Calédonie. Température un peu plus fraîche là-aussi, les plantes sont encore en phase d’acclimatation (et donc certaines sont encore en pots, enterrés dans le substrat avoisinant). Un joli avant-goût de ce que je m’apprête à voir au mois de novembre ! Hâte !
Enfin, on sort et on pénètre ensuite dans la dernière serre, celle de l’Histoire des plantes avec le détail de la vie des plantes depuis leur sortie de l’eau il y a des centaines de millions d’années. Enrichissant.
Comme je le disais, l’ensemble est encore très « neuf » et mérite d’attendre un peu pour gagner en richesse, en odeurs, en intensité aussi… mais si vous passez par là, ne vous en privez pas.
En revanche, si vous comptiez sur l’exposition « A l’Ombre des Dinosaures » pour justifier une visite au Jardin des Plantes, oubliez ! L’exposition ne fait pas grand chose si ce n’est retracer au fil du temps l’évolution des dinosaures et leur disparition progressive après une succession de phénomènes naturels et/ou catastrophiques. L’intérêt principal de cette exposition tient dans le petit film et dans les mini-ateliers qui retracent l’avènement des mammifères permis par la libération de nombreuses niches dans l’écosystème post-dinosaurien… Mais le film, s’il est très bien conçu, est finalement peu accessible pour les enfants en plus jeune âge qui regardent sans trop comprendre et qui s’ennuient un peu vite. Dommage.
Pour ce qui est de la Grande Galerie de l’Evolution, c’est en revanche toujours aussi grandiose et magnifique… Quel dommage de voir autant de flashes crépiter devant les naturalisations. La connerie n’a pas de limites chez les touristes et visiteurs.
La suite...Visite de l’usine de recyclage de La Hague – Areva ouvre sa communication
Après avoir lancé il y a quelques mois un tout nouveau site comportant notamment une partie dialogue, Areva continue sa politique d’ouverture et de communication pour trancher avec un passé marqué par une certaine forme d’obscurantisme et d’imperméabilité tout sauf bonne pour son image et plus généralement pour l’image du nucléaire et de ses dérivés.
Alors, j’en vois déjà dont le poil est en train de se hérisser… Soyons donc très clairs dès le début : je ne suis pas opposé au nucléaire, je ne suis pas pour autant un pro-nucléaire, j’ai tout simplement conscience que pour l’instant et pour les années à venir, en attendant que le renouvelable trouve enfin grâce aux yeux de tous (autrement dit que les lobbies et compagnies pétrolières s’écroulent…), c’est une solution tout à fait performante, recyclable (je reviendrai dessus) et durable (attention, je n’ai pas dit renouvelable) qui représente je vous le rappelle environ 80% de notre consommation électrique en France à raison d’environ 1 réacteur pour 1 million d’habitants et donc 58 réacteurs en activité. Que tous les anti-nucléaires arrêtent donc de consommer de l’électricité si le nucléaire les débecte tant… Je me mettrai alors à les respecter pleinement.
Bref, je ne suis pas ici pour vous peindre un tableau parfait d’Areva, je ne suis pas là pour discuter des diverses polémiques sur lesquelles j’ai bien évidemment mon avis, je ne suis pas là non plus pour convaincre le monde que le nucléaire, c’est bien. D’ailleurs, Areva n’est pas là non plus pour ça : ils connaissent leurs défauts, ils sont bien contents qu’il y ait une véritable opinion publique dans notre pays, ils ne cherchent pas à convaincre leurs pourfendeurs (ils savent qu’ils n’y arriveront pas et réciproquement), ils cherchent simplement sur le long terme à « ouvrir » au maximum leurs structures, leurs chiffres, leur politique, etc.
C’est donc dans ce cadre bien particulier que j’ai eu l’occasion de visiter l’usine de recyclage de La Hague, sise non loin de Cherbourg et qui emploie la bagatelle de 5000 personnes. La Hague appartient à Areva qui s’en sert pour recycler les combustibles qu’elle vend à ses clients (EDF en tête) mais dont elle n’est bien évidemment pas propriétaire. Mais on va d’abord se faire un petit cour de nucléaire… Une centrale nucléaire, c’est un réacteur d’environ 500kg d’uranium enrichi à 5% (pour créer 100kg d’enrichi, on utilise donc 800kg d’uranium qui se retrouve quant à lui appauvri) qui s’use au bout de quelques années. Ce combustible usé est alors composé de 95% d’uranium à nouveau appauvri (à 1%), 1% de plutonium et entre 3 et 5% de produits de fission. Que fait donc La Hague de tout ça ? Elle les stocke en piscine pendant 6 mois et ensuite s’occupe de séparer les différents éléments : uranium d’un côté, plutonium de l’autre et enfin produits de fission. La Hague utilise pour cela deux usines en activité (tandis qu’une troisième est à l’arrêt et sera démantelée peu à peu) qui en font le premier centre de traitement et recyclage de combustibles usés face au Japon et à la Grande-Bretagne.
Et donc, « recyclage » m’a-t-on dit ? Oui. Même si ce sont des matériaux et substances radioactives, on peut en effet parler de recyclage. L’uranium issu du processus de séparation peut ensuite être ré-enrichi pour une nouvelle utilisation tandis que le plutonium est utilisé pour des combustibles hybrides MOX fabriqués dans le Gard. C’est toute la chaîne de séparation que j’ai eu l’occasion de remonter à La Hague. Passée une première étape d’habillage et de récupération d’un dosimètre (pour info, j’ai absorbé une dose horriblement mineure de radioactivité, du genre tellement moindre que celle que je me prends chaque jour en baladant dans Paris…), nous avons pu accéder à la zone d’ouverture des caissons qui transportent le combustible usé. Ces caissons sont manipulés en zone étanche (pressions différentes, murs d’1m d’épaisseur, verre plombé de 1,20m d’épaisseur, etc.) pour en sortir les assemblages de crayons qui constituent le combustible. Impressionnant, de base.
Une fois le combustible sorti, il est ensuite conduite à une chaîne de cisaillage qui va le découper en petits morceaux de 35mm de long qui seront ensuite passés dans une solution d’acide nitrique porté à 90°c. C’est à ce moment que se produit donc la séparation des différents éléments. Je n’ai bien évidemment aucune photo à vous montrer cet endroit puisqu’il s’agit en fait d’un sarcophage complètement hermétique de murs de béton d’épaisseur monstrueuse, empli de machines conçues pour résister de manière durable à la radioactivité : alliages nobles, coefficients de sécurité *10, etc.
Cette solution est ensuite purifiée, filtrée pour en extraire d’un côté l’uranium qui sera envoyé et stocké à Pierrelatte, le plutonium, envoyé quant à lui dans le Gard et enfin les déchets ultimes qui sont donc les résidus de la réaction de fission mais aussi les petits bouts de métal des crayons et autres « fines » issues de la purification des deux autres éléments. Ce sont ces déchets qui posent essentiellement « problème » aux anti-nucléaires puisqu’ils sont à ce moment des déchets purs et durs, absolument pas recyclables. Il faut donc les stocker. Et stocker des conteneurs d’un mètre de haut emplis d’un mélange vitrifié de déchets radioactifs ne se fait aisément. Pour l’instant, l’ensemble de la production nucléaire française depuis 40 ans est stocké à l’usine de La Hague dans trois hangars tout à fait ridicules en terme de taille… Donc la place n’est pas vraiment un problème. Le problème est bel et bien de trouver un site stable géologiquement, composé d’une gigantesque couche d’argile dans laquelle l’eau ne circule que très lentement. En effet, le seul danger avec ces déchets vitrifiés (au delà de s’approcher d’eux d’un peu trop près hein…) est qu’ils soient touchés par l’eau qui se charge alors en radioactivité et va polluer les alentours… Tant qu’un tel site ne sera pas près, les déchets resteront à La Hague et j’ai pu visiter un de ces hangars. Sous les pieds de Luc, deux tubes de 10m de profondeur, l’équivalent de la production d’un réacteur français…
Voilà pour tout le circuit de recyclage et de stockage des déchets. Mon avis sur tout ça ? Eh bien en tant qu’ingénieur, j’ai été complètement bluffé par ce site dantesque, hautement sécurisé, aux normes antisismiques les plus strictes, très sévère sur le contrôle des choses qui entrent et sortent sur le site, attentif aussi aux différents éléments qui ont pu être soulevés par les ONG « concurrentes » et désireux de montrer son irréprochabilité en terme d’impact environnemental au travers d’études complètement indépendantes. Après, en tant que citoyen (dira-t-on), j’avoue avoir été rassuré sur le site de La Hague qui véhicule toujours et encore une sale image, image qui a coûté tant au site qu’à l’ensemble de la région pourtant magnifique et préservée si je ne m’abuse. D’ailleurs, je vous invite à télécharger ces deux documents : là et là pour vous documenter un peu. Et bien sûr je vous invite aussi à consulter ce qui se fait ailleurs, il est important de varier les points de vue pour se construire une opinion. Alors, bilan ? Je félicite Areva pour sa volonté de transparence, de communication et d’ouverture pour tout ce qui se passe sur le territoire français, je pense qu’ils le méritent amplement quand on voit ce qui se fait sur le site de La Hague.
La suite...Willy Ronis à la Monnaie de Paris
Dimanche matin, je suis passé à la Monnaie de Paris pour la rétrospective de Willy Ronis, un des grands humanistes qui nous a quittés à la fin de l’année dernière à l’âge plus qu’honorable de 99 ans. Une exposition que j’attendais beaucoup après celle d’Izis qui m’avait laissé mi-figue mi-raisin… vu que cet homme fait partie du même groupe, encore et toujours…
Et j’en ai eu pour mon absence d’argent, la caissière de la Monnaie de Paris n’étant pas encore arrivée à l’ouverture à 11h ! Bon plan, donc, arrivez tôt, vous aurez peut-être la même chance que moi.
Enfin, ça a quand même plutôt mal commencé avec la toute première salle qui se démarque du reste des expositions que j’ai déjà pu faire : c’est fouillis, brouillon, et la foule qui arrive à peine dans l’exposition n’a pas le temps de se disperser et s’agglutine donc directement dans cette première salle où une grande quantité de photo est exposée. Bilan : une galère pour prendre son temps devant chaque photo, une galère pour lire les petites explications de W.R. qui donnent toute leur profondeur aux photos (car oui, une photo « humaniste », c’est toujours mieux quand c’est expliqué).
Les autres salles sont en revanche de haute volée… Tout le travail de Willy Ronis est exposé ici : ses voyages, ses commandes, sa vision de Paris et sa retraite provençale, ses amitiés avec Brassaï, Capa ou Prévert, ses travaux tardifs sur le nu, l’ensemble est magnifique.
Willy Ronis avait définitivement un oeil et une manière de développer ses clichés qui leur confère un équilibre des lumières, des noirs et des flous magnifique. Bref, vous l’aurez compris, pour peu qu’on soit un peu sensible à la photo humaniste (les autres, passez votre chemin… quoique…), voir cette expo très complète sur l’oeuvre de Ronis est absolument indispensable.
Et là, vous avez donc jusqu’au 22 août prochain, c’est honnête ! Et ça coûte 7€, ce qui est tout à fait honnête une fois de plus. Bref : foncez-y.
La suite...Gras Savoye à Auteuil
Encore du cheval ! Et je mets « Gras Savoye » mais en fait c’était le « Gras Savoye Grand Steeple Chase » d’Auteuil, l’une des courses d’obstacles les plus cotées en France avec presque 6 km de longueur. Après le galop, le saut d’obstacles donc. Et même sensations que la semaine précédente à Longchamp : la horde de canassons lancés à pleine vitesse, les chutes (dont celle d’un jockey au départ !), le stress quand on voit approcher les chevaux de l’obstacle, tout cela est fort bon !
Et au contraire de Lonchamp, on était ici dans un cadre un peu plus huppé avec des dames endimanchées et enchapautées, des nouveaux riches en train de pique-niquer au champagne… Un autre monde. Un monde qui ne m’attire pas du tout pour le coup.
Décidément, le cheval, c’est sympa, mais c’est meilleur dans l’assiette.
La suite...Paris d’Amour de Gérard Uféras à la Mairie de Paris
En marge de la rétrospective d’Izis, j’ai fait un saut à l’exposition « Paris d’Amour », réalisée par Gérard Uféras, un photographe que je ne connaissais absolument pas et qui a donc, sous l’égide de la Mairie de Paris, célébré l’Amour au travers d’un des actes républicains les plus connus : le mariage.
Cette exposition, c’est donc un condensé d’images de mariage. Mais attention, je ne parle pas de « photographie de mariage », cet exercice indispensable mais pas toujours glorieux que les mariés et le photographe choisi vivent avec plus ou moins de bonheur. Ici, je parle de « photos de mariages », autrement dit des témoignages, des instants pris sur le vif, des émotions et surtout un métissage absolu de toutes les communautés parisiennes, de toutes les confessions.
Foin donc du mariage religieux catholique, on est à la Mairie de Paris, un lieu républicain et il convient donc de célébrer l’amour sous toutes ses formes et confessions. L’exercice, pas évident et forcément un peu déséquilibré tant les populations ne se ressemblent pas reste complètement cohérent. Difficile en fait dès l’entrée dans la toute première salle de ne pas être empli d’une once d’émotion qui va aller croissant au fur et à mesure que les témoignages et clichés se succèdent.
Les photos sont en effet parfaitement aidées par une ribambelle de phrases et citations de tous genres, des odes à l’amour qui m’ont quelque peu tournicoté une vrille dans le coeur, m’arrachant en fait quelques larmes vite ravalées, il fallait bien garder contenance… puisqu’il paraît que je me contrefous du mariage à titre purement personnel.
© Gérard Uféras
Reste que ces photos m’ont touché. Tout cet amour, tous ces rires, toute cette émotion contenu dans ces clichés à la fois simples et travaillés, riches de détails et parfaitement servis par les textes qui les entourent, celui du maire Bertrand Delanoë déjà, mais aussi tous ceux des mariés que Gérard Uféras a suivis pendant une année entière.
© Gérard Uféras
Un travail de fourmi que cette exposition met parfaitement en valeur. A voir absolument. Vous avez jusqu’au 31 juillet et l’on me dit dans l’oreillette que c’est gratuit…
La suite...Izis, Paris des rêves
Encore une expo dont je vous parle alors qu’elle vient tout juste de se terminer, ce weekend en fait. Izis… un nom presque méconnu pour beaucoup qui ne jurent que par Doisneau, Cartier-Bresson, Boubat et autres Brassaï, et pourtant ! Car Izis fait partie de cette même génération de photographes humanistes talentueux, une bande d’amis qui se sont croisés, connus, opposés, chacun son style, chacun sa patte, chacun son oeil.
La Mairie de Paris a cette fois mi l’accent sur la vision onirique d’Izis, celle de son Paris rêvé, de son Paris des rêves. L’exposition a fait salles combles pendant de longues semaines et nous avons pu nous glisser dans l’Hôtel de Ville l’avant-dernier weekend, à l’ouverture, alors que le monde semblait s’être gentiment tari et que l’exposition courrait vers sa fermeture. (impression fortement démentie à notre sortie, la file était alors énorme !)
L’exposition m’a semblé bien conçue, riche de clichés divers et variés, classés par époque et par travail, commandé ou personnel. On retrouve aussi deux vieux boîtiers, ceux d’Izis justement au milieu des gueules de maquisards qu’il a parfaitement immortalisés.
Après cette mise en bouche maquisarde, place à Paris. Le Paris des rêves, onirique, poétique, amoureux et léger, pauvre aussi avec ses clichés des laissés pour compte de la seconde guerre mondiale, festive parfois avec ce fameux cliché de fête qui illustre l’exposition. Les clichés sont inégaux, certains m’ont particulièrement touché, d’autres m’ont impressionné par leur parfaite maîtrise technique, d’autres encore m’ont laissé froid, j’imagine qu’une oeuvre ne peut pas nous plaire dans son intégralité et heureusement.
Une petite salle était aussi dédiée à l’amitié d’Izis avec Chagall, l’auteur de la peinture gigantesque du plafond de l’Opéra Garnier et enfin une autre, très drôle et décalée sur Londres et le couronnement de la Reine Elizabeth II.
Beaucoup de choses donc dans cette exposition, de très bonnes et d’autres plus basiques… mais l’hommage se devait d’être rendu à cet artiste tellement moins connu que ses contemporains mais qui ne démérite clairement pas.
La suite...












































































































































































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