Irlande – le désert rocailleux du Burren

J’aurais pu, après ma visite des falaises de Moher, filer directement au nord dans le Connemara pour la suite du voyage. Quelques phrases lues ici et là et la promesse d’une belle randonnée par le guide du Rother irlandais m’ont convaincu de passer une journée de plus dans le comté de Clare, plus exactement dans la région du Burren.

Ce coin désertique, désolé, offrant des paysages lunaires est un endroit vraiment unique en Irlande, un « lieu de pierre » ! Il s’agit en effet d’un gigantesque massif karstique, très rude et traversé par de nombreuses « green roads », ces chemins de pierre que l’on fit construire aux irlandais pendant la Grande Famine.

Depuis Lisdoonvarna, j’ai donc entamé ma visite de ce coin dont l’un des bras droits de Cromwell disait qu’il n’y avait pas assez d’eau pour noyer un homme, pas assez de bois pour pendre et pas assez de terre pour l’enterrer ! Joyeux programme.

Depuis la jolie page de Fanore, j’ai entrepris une belle randonnée faisant le tour de Black Head. Cette pointe désertique, fort connue et bordée d’une belle route côtière, mérite qu’on grimpe sur ses sommets pour prendre la mesure du paysage. Il y a qui plus est là-haut les ruines d’un fort circulaire, le Cathair Dhuin Irghius, au milieu d’un désert calcaire incroyable.

La météo me jouant un peu des tours et le vent soufflant de plus en plus fort, j’ai fini par couper la randonnée en deux bifurquant à un moment entre deux sommets vers la Caher River afin de continuer mes escapades dans la région. Une chose est sûre en tout cas, les paysages de Black Head méritent qu’on y randonne pour profiter de points de vue plus larges et élevés que la seule route côtière.

Après cette bouffée de roches et de vent, je suis parti à la découverte des curiosités du Burren. La région est peuplée depuis des temps immémoriaux et il y a par conséquent de nombreux forts, dolmen et autres à découvrir, au gré de balades plus ou moins longues. Ici, le dolmen millénaire de Poulnabrone, ensuite la drôle de cathédrale de Kilfenora avec ses croix sublimes, enfin le petit château en ruines de Leamaneh, le tout au milieu de paysages désolés et splendides.

Je continue ensuite jusqu’à la parfumerie du Burren. Le lieu est couru des touristes américains assez fortunés, l’endroit est charmant et croquignolet, proposant de nombreux parfums, produits de beauté et décoctions et infusions produites localement, en bio et à tarif certes coquet mais intéressant. Il y a aussi un très joli salon de thé avec des pâtisseries délicieuses… Pause café parfaite.

Je quitte le Burren, doucement, un peu à regrets. Un nouveau paysage s’offre à moi alors que je rejoins une ultime étape, les ruines du monastère de Kilmacduagh. Il serait dommage de ne pas s’y arrêter tant l’ensemble architectural est magnifique, avec sa belle tour refuge, son abbaye et ses autres blocs qui constituaient un bel ensemble monastique au début du second millénaire.

Non, décidément, le Burren mérite que l’on y passe un peu de temps, loin de la foule de Moher, dans un monde vraiment à part en terme de paysages et d’ambiance par rapport à tout ce que j’ai pu voir d’autre le long de la Wild Atlantic Way pendant mon séjour. Pensez-y.

La carte de cette journée de roadtrip :

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