Canaries – Tenerife – Jour 6 – randonnée à Chamorga et Taganana

Dernier jour à Tenerife. Ce sera donc une nouvelle journée dans le fantastique parc rural de l’Anaga avec cette fois-ci un franc soleil pour découvrir la côte soleil mais également un vent à décorner les cocus comme l’annonce l’expression populaire ! Était-ce bien raisonnable de randonner sur les crêtes par ce temps ? Sûrement pas vraiment tant parfois, il fallait « contrer » pour rester debout et avancer, pour reprendre le terme si cher à Alain Damasio dans la Horde du Contrevent.

Je reprends la route découverte il y a quelques jours, via San Andrès. Cette fois-ci en revanche, je bifurque en direction de Chamorga, un village totalement perdu tout à fait au nord-est de l’île de Tenerife. La route est minuscule, étroite au possible, sinuant au milieu de la laurisylve exubérante de ce bout de l’île, tantôt grimpant sur la crête, tantôt s’enfonçant dans la forêt, toujours avec vue sur l’océan. On dépasse enfin un petit village, la Cumbrilla, pour atteindre le village reculé de Chamorga.

C’est le bout de la route, impossible d’aller plus loin ou presque, pas avec une VW Up en tout cas. C’est donc parti pour un beau bout de randonnée, la numéro 62 du Rother, empruntée pour cette fois à l’envers. La première portion permet d’atteindre les hauteurs de Chamorga mais aussi et surtout la montagne Tafada et ses maisons abandonnées. Tout au bout, un promontoire avec un dragonnier solitaire et une vue sur le phare de l’Anaga, perché au dessus des flots et bien solitaire.

Demi-tour, le vent s’est mis à souffler si fort que je tiens à peine debout et j’ai failli perdre mes lunettes de soleil qui se sont envolées à cause d’une rafale bien orientée ! Le chemin de randonnée s’engage fort heureusement dans un couvert laurifère splendide, sur la crête de l’Anaga. D’un côté, les vallées creusées de Chamorga et de l’autre, accessibles par moments, les précipices de la côte nord, comme au Roque Icoso depuis lequel on domine totalement les alentours. Splendide bout de parcours, avec des vues à couper le souffle !

Il est désormais temps de rejoindre le second parcours de randonnée en retraçant la route incroyable jusqu’à la crête principale de l’Anaga puis en descendant vers Taganana. Ne pas manquer le double mirador à proximité de la vallée… surtout sous un soleil qui change quelque peu la donne par rapport à la visite précédente.

Le point de départ de la randonnée suivante se trouve à Benijo, un autre bout de la route, fort sympathique au demeurant avec quelques restaurants et bars bien agréables. Il s’agit là de la randonnée 60 du Rother, avec une première section empruntant une piste en terre jusqu’au village très (très) reculé de El Draguillo. Depuis cette sente guère empruntée, on profite déjà des paysages remarquables de la côte, depuis une altitude modérée mais déjà en se faisant copieusement fouetter par le vent !

Depuis El Draguillo, on remonte alors la pente, longuement, assez durement ; quelques centaines de mètres qui en paraissent un peu plus après la première section de marche de la matinée et les premiers kilomètres de celle-ci sous le vent. Les dragonniers solitaires prennent le soleil, le village rétrécit à vue d’œil et le but de la randonnée semble incertain. Il ne faut pas douter : comme à la Gomera ou la Palma, les sentiers de Tenerife sont globalement extrêmement bien balisés ! Bref : ça grimpe et ENFIN, ça bifurque à droite vers un promontoire d’où l’on jouit d’une vue complète tant sur El Draguillo que sur Benijo.

Il est temps de redescendre, tant bien que mal. L’altitude est parfaite pour les alizés… Autrement dit : ça souffle, fort, très fort. Il faut contrer tout du long, lutter contre les bourrasques et tenir debout. Les chemins sont heureusement assez larges mais certaines sections plus étroites demandent un peu d’attention et d’anticipation d’un éventuel coup de vent inopportun. S’il est évident qu’il n’est guère conseillé de faire cette randonnée sous la pluie, le vent n’était pas non plus une des meilleures idées… Mais c’était beau, tellement beau, cette redescente avec la vue sur la côte de l’Anaga !

Allez, il est presque temps de quitter Tenerife. Je reprends encore la route sommitale de l’Anaga pour redescendre vers La Laguna et la civilisation. Cette fois-ci, je m’arrête au mirador de Jardina, un splendide point de vue donnant sur la ville à ses pieds et plus loin, le redémarrage de la crête volcanique menant au Teide. De quoi observer aussi l’urbanisation galopante de cette partie de l’île et savourer d’autant plus la tranquillité presque absolue de l’Anaga.

Il serait toutefois criminel de quitter l’île sans une dernière baignade ! Pour cette fois, j’ai poussé un peu plus loin que Bajamar, non pas que cette dernière m’ait laissé de marbre mais simplement pour varier les plaisirs. C’est Punta del Hidalgo qui m’accueille, sous le vent, avec un très joli bassin et surtout une vue complètement dégagée sur la côte et le Teide. Que ne suis-je venu ici chaque jour !

Cette fois-ci, c’est la bonne. Le voyage dans les Canaries est terminé mais ce n’est sûrement pas le dernier. J’ai très envie de revenir à Tenerife pour randonner encore dans l’Anaga et dans le parc du Teide. J’ai aussi diablement envie de revenir à la Palma pour m’y attarder et arpenter la caldera de Taburiente et la route des Volcans, d’une cumbre à l’autre.

Ce sera pour une prochaine fois car à dire vrai, je commence déjà à réfléchir à un tout autre voyage dans l’archipel avec au programme, trois nouvelles îles : Gran Canaria, Fuerteventura et Lanzarote. Trois nouvelles ambiances, autant de très belles découvertes et d’idées préconçues sur les îles Canaries mises au rebut pour peu que l’on sorte des stations balnéaires sans âme qui les défigurent.

Il restera la petite El Hierro à voir… mais je me dis que ce serait sûrement bien pour une nouvelle balade dans cette première zone de l’archipel. Allez, soyons fous, cinq jours à El Hierro, de nouveau cinq à La Palma et encore cinq à Tenerife. Vendu ?

La carte de cette journée de roadtrip à Tenerife :

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