Craquer ou ne pas craquer ? la NGP aka PSP2

Posté par le 28 jan 2011 dans Technophilie | 3 commentaires | 153 vues

La semaine dernière, Sony a présenté ce qui sera la remplaçante de la PSP… Nommée pour l’instant NGP pour Next Generation Portable, basée en terme de design sur la PSP première du nom et annoncée comme étant une PS3 portable en terme de puissance, la bestiole fait sérieusement envie.

Côté écran, du tactile, tout comme au dos d’ailleurs avec cet étrange pad tactile. Côté connectivité, du WiFi, du BlueTooth et en option la 3G… Sinon on retrouve nombre d’autres éléments de l’univers PlayStation : gyroscope à la Sixaxis, un nouveau format de cartouche qui semble basé sur feu le MemoryStick, un slot SD/SDHC.

Mais surtout c’est à l’intérieur qu’il faut regarder avec un proc quad-core qui devrait donc assurer une puissance similaire à la PS3 (?), le tout dopé par 512Mo de RAM pour le proc graphique… ça devrait donc envoyer du lourd au niveau des jeux et de nombreux studios de développement ont déjà annoncé leur intérêt pour la bête.

Alors, en ce qui me concerne, je suis plutôt enthousiaste même si j’attends avec impatience la confirmation du prix de la bête, avec ou sans 3G vu que cette option risque de peser assez lourd dans la balance. Reste aussi à voir si cette « NGP » arrivera à me convaincre d’utiliser une console portable, ce que ni la DS ni la PSP n’avaient réussi à faire.

Wait and see en somme.

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Lavinia – Ursula K. Le Guin

Posté par le 27 jan 2011 dans Lectures | 1 commentaire | 172 vues

Ursula K. Le Guin est à mes yeux l’une des plus grandes auteures de fantasy et de science-fiction. A ce propos, mon avis n’est guère important puisque cette grande dame est clairement vénérée dans le monde entier. Il faut dire qu’elle nous a quand même fait don de l’univers de Terremer et de celui de l’Ekumen. Autant de livres qui sont dans ma bibliothèque pour mon plus grand bonheur. Par conséquent, la sortie d’un nouveau roman est forcément un évènement, d’autant plus quand il a reçu un Locus.

Comme Hélène de Sparte j’ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient ; la mienne, en refusant d’être donnée, d’être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L’homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre.
Dans l’Énéide, Virgile ne la cite qu’une fois. Jamais il ne lui donne la parole. Prise dans les filets du poète qui n’écrira l’épopée des origines de Rome que des siècles plus tard et sans avoir le temps de l’achever avant sa mort, Lavinia transforme sa condition en destin. De ce qui sera écrit elle fait une vie de son choix. Et cela dans la douceur amère et la passion maîtrisée que suscite son improbable position : elle se veut libre mais tout est dit.

Cette fois-ci, point de fantasy, point de science-fiction mais un hommage, un essai, une histoire, une création autour de celle qui fut citée qu’une fois par Virgile dans l’Énéide, l’un des plus fameux poèmes au monde. Le roman s’inspire donc de l’œuvre du poète en retraçant la vie de Lavinia, fille de Laurentus, roi du Latium de l’époque.

Le Latium, c’est cette région au sud de ce qui deviendra Rome, les fameuses Sept Collines alors occupées tantôt par les Grecs, tantôt par les Étrusques. On y découvre une vie simple y compris pour les rois de l’époque, il ne faut pas oublier après tout que nous sommes en plein âge de bronze. Troie est tombée, Rome n’existe pas encore et les différentes cultures essaiment dans tout le bassin méditerranéen. Les rites sacrés ont une place importante dans ce monde, que ce soit du côté des Latins ou du côté des Grecs. Ursula K. Le Guin s’attarde assez longuement sur la description de ce mode de vie, sur les actes du quotidien et sur les pensées d’une jeune femme qui deviendra reine.

La première partie du livre s’appuie sur le poème de Virgile. Ce sont donc les jeunes années qui sont traitées et Lavinia y forge son caractère, allant notamment dans les sources sacrées d’Albunea avec son père pour y recevoir un oracle. Celui-ci prendra d’ailleurs la forme de son poète, Virgile, qui aux portes de la mort sur le navire qui le ramène de son ultime voyage, rencontre celle qu’il ne cite que peu et prend conscience de certaines erreurs et du fait qu’il aurait du lui accorder un peu plus d’importance. Cruelles discussions et cruelles prédictions du poète à Lavinia qui lui raconte une part de son futur, celui qui est connu car lié à Énée. Les premières pages donnent donc le ton : la guerre, la mort, l’arrivée du héros sur les terres latines. On se retrouve ensuite en plein dans ces évènements en prenant le point de vue de Lavinia qui, bien qu’au courant de ce qui va arriver, ne peut que le subir et prendre en route sa destinée sans réussir à l’orienter si ce n’est en étant ce qu’elle doit être : une femme libre, comme l’auteure les aime.

Ces quelques années passées, le rythme s’accélère et le temps file. Lavinia va vivre sa vie en tentant de créer ce qu’Énée a commencé : l’unification, la pacification, la cohabitation avec les Étrusques qui commencent à bâtir ce qui deviendra Rome. On rêve d’en savoir plus, de continuer l’aventure aux côtés de cette dame extraordinaire mais le roman s’arrête là et se conclut sur une postface qui m’a laissé sur mon séant tant l’auteure y livre ses impressions, son amour pour le travail accompli. Elle y parle aussi de ses choix, de la volonté de mettre Lavinia au cœur de l’histoire, de la manière dont elle a imaginé la vie d’alors, mettant quelque peu de côté le faste de Virgile (poème oblige) pour y introduire un peu plus de simplicité. Et comme elle dit si bien, la vérité se trouve certainement au beau milieu de l’univers du poète et du sien. Mais la manière amoureuse dont elle évoque la naissance de son livre, la superposition des cartes de l’époque, la reconnaissance dans le réel de ces lieux mythiques est un bonheur.

Le roman m’aura en tout cas transporté avec succès dans ces temps lointains dont il ne reste plus grand chose de nos jours si ce n’est le souvenir de quelques héros et personnages clés et bien évidemment des ruines et un héritage culturel extraordinaires. L’écriture en revanche m’a parfois pesé car redondante, assez loin finalement de ce à quoi j’étais habitué avec Ursula K. Le Guin. Cette dernière laisse énormément la parole à Lavinia et ses pensées qui bien que délicates et censées, ont un petit côté répétitif et appuyé qui finit par lasser par moments. Serait-ce le féminisme assumé du propos dans une époque où les femmes étaient bonnes à marier, bien que les latins de l’époque aient toujours laissé une grande place aux femmes, au contraire des grecs ? Je ne le pense pas car au contraire cet aspect est plaisant, je penche vraiment sur le côté répétitif et je me suis parfois un peu ennuyé et ai coupé quelques pages d’un grand regard de travers.

Toutefois, malgré ce défaut, l’univers et l’histoire racontés sont splendides et valent le détour. A lire, donc et n’oubliez pas de jeter un œil au blog des éditions l’Atalante… c’est là-bas que j’ai gagné ce tome !

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Contes de la fée verte – Poppy Z. Brite

Posté par le 25 jan 2011 dans Lectures | 3 commentaires | 135 vues

Poppy Z. Brite. Quel nom étrange au premier abord, un nom que je ne connaissais absolument pas mais la description de ce qu’elle écrit m’a conquis, m’a intrigué, m’a donné envie de plonger en eaux troubles. Car troubles, ces eaux toujours proches de la Nouvelle-Orléans le sont et c’est Dan Simmons lui-même qui nous en parle dans une préface brillante et enthousiaste, un exercice rare de sa part. Or, vous savez tout l’amour que j’ai pour Dan Simmons. En le sachant aimer Poppy Z. Brite, je me suis dit que la suite serait logique, que j’aimerais moi aussi la prose de cette dame.

Que se passe-t-il lorsque deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur de rock s’accompagne d’un drame? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ?
Tout le talent de Poppy Z. Brite se dévoile dans ces douze nouvelles à l’odeur de souffre et au goût d’absinthe, dont «Calcutta, seigneur des nerfs», récompensée par le Grand Prix de l’Imaginaire 1998.

On commence par « Anges », la nouvelle parlant de ces frères siamois souhaitant être de nouveau unis. On plonge au cœur de l’Amérique, dans une ferme où vivent ces deux êtres pas comme les autres rencontrant Steve et Ghost, deux jeunes gens pas vraiment ordinaires non plus. Une nouvelle bouleversante sur cette destinée hors du commun, celle de jumeaux qui ont été séparés alors qu’ils ne l’avaient pas demandé. Le « Conte georgien » qui fait suite à « Anges » est étrange, saignante, elle nous raconte l’expérience partagée par quatre jeunes hommes au dernier étage d’une église squattée par leurs soins. Destruction, création, expérimentations et amour. Le tout pour finir aux portes des enfers.

Ensuite, « Sa bouche aura le goût de la fée verte », une histoire emplie de la folie de deux êtres blasés que rien n’arrête, qui cherchent toujours à aller plus loin dans leur quête de sensations. Jusqu’à se frotter au vaudou. Jusqu’à goûter l’absinthe et rencontrer celui dont la bouche a son goût. C’est noir, c’est profondément morbide et pourtant, c’est d’une beauté à couper le souffle.

« Musique en option avec voix et piano » est quant à elle une ode à la musique, à la chanson et aux émotions qu’elle génère quand notre corps est touché par la grâce d’un génie. Cette nouvelle s’échelonne sur trois périodes dont deux passées qui nous éclairent sur le présent de ce génie retiré du monde. Une nouvelle qui oscille entre beauté et horreur, toujours parsemée d’émotion.

« Xénophobie » nous plonge quant à elle dans l’horreur de ces deux hommes à qui l’on propose de garder un cadavre en plein Chinatown… Je vous laisse lire, c’est glauque et dérangeant au possible. « La sixième sentinelle » est quant à elle une splendide nouvelle d’amour et de destins brisés et déchirés, matinée d’horreur, de putréfaction et de blessures morales insondables si ce n’est par un fantôme. La fin nous laisse étrangement sereins, tempérant l’horreur par la sensation de libération. Splendide.

« Disparu » est une nouvelle ode à l’amour, les « Traces de pas dans l’eau » sont à lire absolument, tout comme « Prise de tête à New York », une plongée dans ce que peut être l’enfer de nos villes, leurs névroses, leurs personnages…

Enfin, « Calcutta, seigneur des nerfs » est la nouvelle qui a révélé Poppy Z. Brite à Dan Simmons. Celui-ci à écrit « le Chant de Kali« , un roman d’une noirceur rare, splendide, éblouissant même. On comprend donc que Simmons ait été quelque peu circonspect en voyant une gamine arriver avec une nouvelle sur sa ville ! Et on comprend son ébahissement à la lecture de cette nouvelle. Calcutta y est encore plus noire, encore plus oppressante, encore plus inhumaine peuplée de ses morts. Une vraie bonne histoire de zombies, ça change !

« Paternité » suit, une bouleversante histoire d’un couple confronté à l’horreur de la perte de l’être cher mais aussi confronté à sa propre déchéance. D’une terrible banalité, malheureusement, mais Poppy Z. Brite arrive à insuffler dans ce cynique constat toute la force de son écriture. Et enfin, « Cendres du souvenir, poussière du désir » est elle aussi d’une beauté à couper le souffle. Je vous laisse la découvrir.

En bref, pas besoin de résumé, vous aurez compris que j’ai dévoré ce recueil de nouvelles avec un bonheur certain mêlé de beaucoup d’horreur et de sentiment d’oppression. J’ai d’ailleurs plutôt mal dormi pendant plusieurs nuits tandis que je lisais ces textes. Reste la puissance de l’écriture, la qualité de la musique des mots et les univers gothiques-underground-vaudou-cequevousvoudrez que Poppy Z. Brite crée autour de sa propre expérience, autour de son ressenti des villes qui l’entourent ou l’ont entourée. Folio SF nous fait un bien beau cadeau en rééditant cet ouvrage épuisé partout ailleurs. Si vous êtes sensibles à ces univers et à ces histoires, vous devriez bien vite pour le procurer et le dévorer.

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bdBuzz et bulles diverses

Posté par le 24 jan 2011 dans Lectures | 2 commentaires | 83 vues

Récemment, on m’a suggéré de tester une appli sur l’iPhone : bdBuzz. Celle-ci est d’ores et déjà bien référencée et les avis la concernant sont plutôt enthousiastes, alors je me suis dit que l’opportunité de me passer de mon Google Doc listant mes livres / BDs / DVDs / CDs et jeux de PS3 pouvait être intéressante, du moins pour ce qui est de l’onglet BDs. Je me suis donc tapé la création du catalogue de mes 230 albums dans l’application. Tout commence par un petit écran d’accueil puis l’application apparaît avec ses différents onglets : Collection, Buzz (autrement dit la section actualités, etc.), Librairie et Infos. Je me suis bien peu servi de l’onglet Buzz, tout comme de celui Infos mais en revanche, les deux autres ont retenu toute mon attention.

La constitution de sa Collection passe donc pas une série de recherches dans la Librairie, librairie qui scrute donc l’énorme catalogue de BD Gest’ : autrement dit il est difficile de ne pas trouver son bonheur ! Aucune de mes BDs ne manque à l’appel mais en revanche il a fallu m’armer de beaucoup de patience tant l’application a planté souvent ! Ne me demandez pas ce qu’il se passait mais après quelques recherches / ajouts à ma collection, l’appli était tuée. Bim. Obligé de relancer, etc. Quelque peu galère, voire même générateur d’envies de jeter l’iPhone contre un mur.

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De Ault à Berck – Balade en baie de Somme

Posté par le 20 jan 2011 dans Au Quotidien | 2 commentaires | 211 vues

Comme je vous le disais, avant dimanche, il y a eu samedi et une belle balade sur la côte nord. Quatre étapes au total pour ce mini road-trip qui nous faisait envie, de toute façon le temps ce weekend était bien trop beau pour ne pas en profiter : Ault, St. Valery sur Somme, le Crotoy et enfin la fameuse Berck-Plage.

Ault, on en avait entendu parler sur ce blog et on s’était dit que c’était fort beau et qu’il fallait aller y faire un tour. Alors on a pris l’autoroute, on a frôlé Rouen et Dieppe et on a enfin vu la mer et les petites maisons du canton d’Ault. Mais au final ce qui est beau dans cette ville, c’est la mort des falaises, la fin d’une succession de grands murs de craie commencée avant Etretat et poursuivie jusqu’à Ault. La vue est belle, le vent est vif et le soleil est par conséquent le bienvenu quand il montre le bout de son nez.

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Vivement le 17 avril…

Posté par le 19 jan 2011 dans En Vrac | 0 commentaires | 68 vues

Parce que le dernier teaser de Game of Thrones, même s’il ne révèle pas grand chose – enfin si quand même, la gueule du fameux Trône de Fer ! – maintient la terrible pression et l’envie absolue de voir enfin le résultat de cette adaptation d’un de mes livres cultes.

Le 17 avril au soir, je serai donc sur HBO. Ou je me démerderai. Mais hors de question de rater ça.

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En balade à Rambouillet

Posté par le 18 jan 2011 dans Au Quotidien | 3 commentaires | 182 vues

Ce dimanche, la raison aurait voulu que l’on se repose au fin fond du lit. Mais cela aurait été tout sauf raisonnable et intelligent au vu du temps absolument sublime qui régnait dehors et du soleil qui perçait de mille traits les rideaux. Alors on a prolongé la balade du samedi (oui je parle des choses dans le mauvais ordre, j’aime bien) par une nouvelle : direction Rambouillet et l’abbaye de Cernay.

Forcément, nous sommes arrivés quelque peu en retard pour la visite du château à 15h et nous avons du nous rabattre sur celle de 16h… l’abbaye attendra donc une prochaine fois ! L’avantage de cette attente impromptue, c’est qu’elle nous aura permis de prendre notre temps dans le domaine entourant le château de Rambouillet, de flâner le long des canaux, de savourer la douceur du soleil qui se disperse dans les frondaisons dégarnies par l’hiver et de se purifier les poumons à grandes inspirations d’air pur.

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Cendres et Crépuscules – Thierry di Rollo

Posté par le 17 jan 2011 dans Lectures | 2 commentaires | 110 vues

Thierry di Rollo est un auteur que j’aime beaucoup, que ce soit en terme de style ou en terme d’univers. Ses romans m’ont toujours laissé un goût de cendres en bouche et changé ma bonne humeur en pensées crépusculaires. Alors les titres de ces recueils parus chez ActuSF ont forcément attiré mon attention. Le premier, Cendres, est sorti il y a quelques temps tandis que le second, Crépuscules, vient tout juste de paraître. Aussitôt le second acheté, aussitôt le premier commandé et livré. Voici donc une double chronique de ces dix nouvelles au total.

On commence avec Cendres et la nouvelle éponyme. Une plongée dans un camp situé on ne sait trop où ni à quelle époque si ce n’est qu’elle semble tout à fait contemporaine ou bien peu éloignée dans le temps. Ce camp, c’est un mouroir, un antre cendreux qui pue la mort, la merde et la pisse, où les gens tentent tant bien que mal de se raccrocher à la vie. Di Rollo y raconte rapidement l’histoire d’un homme qui a oublié pour quelle raison il est là. Très noir, le goût de cendres en bouche et une once de vie qui apparaît, un soupçon d’amour, aussitôt effacé et une chute surprenante et parfaitement à propos.

Jaune Papillon est dans la même veine, ou comment un clochard agressé et enlevé au milieu de la foule sans que celle-ci ne lève les yeux se retrouve pantin désarticulé et bête de foire pour un rituel politique. Une nouvelle qui ne m’a clairement pas laissé indifférent sur la manipulation de la vérité, des foules, le tout saupoudré de raison d’Etat. A méditer, parce que parfois, je me demande si la marge entre notre réalité et celle de cette nouvelle sont si éloignées que cela.

Ensuite, Les Hommes dans le Château. De loin l’histoire la plus glauque et la plus oppressante de ce recueil. On y suit la course effrénée contre la mort d’une jeune fille cherchant à échapper à de multiples tortionnaires, course perdue d’avance ponctuée de flashbacks et dont l’issue nous entraîne dans un puits d’horreur. Dérangeante, indubitablement. Enfin, les Quelques grains de riz raconte la folie d’un homme fan des Beatles et rêvant de tourner un film adaptant à la perfection l’un des titres du groupe. On y parle voyage dans le temps, interprétation et mise en image de l’art et de la musique. Une nouvelle étonnante mais un peu décevante au final si l’on excepte cette réflexion sur l’art. Dommage.

On passe maintenant aux six nouvelles de Crépuscules, nettement moins sombres en apparence et on retrouve, ainsi qu’indiqué sur la quatrième de couv’, une once d’espoir et de vie.

Éléphants Bleus, la première des nouvelles (et la plus longue je crois), est une petite merveille de cynisme sur l’exploitation minière et sur le capitalisme. On y suite deux inspecteurs détachés sur une planète minière cherchant à élucider les morts suspectes bien que naturelles de plusieurs mineurs. Le tout finit sur une réflexion sur la symbiose et l’évolution / adaptation des espèces et cette petite once de douceur évoquée auparavant bien que l’Enfer perdure pour les mineurs.

Ensuite, Hippo ! est l’histoire de ces convoyeurs chevauchant les répliques IA des hippopotames terriens (éteints depuis bien longtemps cela va de soi), draguant les fonds de rivière à la recherche d’or. Une nouvelle se penchant cette fois sur le remplacement de l’Homme par les Machines… A vous de lire pour en connaître la fin.

Seconde Mort est peut être la nouvelle qui m’aura le plus marqué dans ce recueil. Elle oscille entre roman noir et fantastique, celui-ci faisant son apparition de manière progressive et bienvenue. C’est l’histoire d’un employé de sex-shop s’amourachant d’une prostituée boiteuse, voilà une bonne base pour un texte noir, triste, efficace et beau à la fois.

On attaque les trois dernières nouvelles : Un dernier sourire, histoire de loup-garou matinée de SIDA, sympathique mais sans grand intérêt.  Puis La ville où la mort n’existait pas, un drôle d’univers que l’on devine post-apocalyptique avec un peu de Philip K. Dick dans A Rebrousse Temps pour ce qui est du principe. Une nouvelle jouissive où la vie célèbre la mort et réciproquement. Et pour finir, le Crépuscule des dieux, une drôle de nouvelle sur le sacrifice volontaire sur la Croix d’un petit groupe de survivants. Impossible de comprendre ce texte en ce qui me concerne mais toujours, là-aussi, une once d’amour pour finir.

Si Cendres se veut un recueil complètement noir et effrayant, Crépuscules quant à lui introduit un peu de beauté et d’ode à la vie et à l’amour dans ses textes. J’avoue que ce presque-positivisme m’a surpris chez Di Rollo qui d’ordinaire a tendance à nous mettre la tête dans un cul de basse-fosse et à la maintenir en immersion le plus longtemps possible avec seulement quelques respirations deci delà ! C’est cet esprit que l’on retrouve dans plusieurs de ces nouvelles tandis que d’autres nous laissent un peu d’espoir. Si l’ensemble est plutôt bon, certaines nouvelles en revanche me semblent un peu ratées ou incomplètes, pas assez longues pour que l’auteur ait le temps d’y faire naître son univers malgré un style toujours tranchant et propre à lui. Ces deux petits recueils, vendus à prix d’ami, sont malgré ces menus défauts un excellent moyen de plonger dans l’univers de Thierry Di Rollo avant d’attaquer l’un de ses romans.

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Kornwolf – Le Démon de Blue Ball – Tristan Egolf

Posté par le 14 jan 2011 dans Lectures | 0 commentaires | 44 vues

C’est franchement un peu étrange d’aborder un livre en sachant que celui-ci a été publié à titre posthume… d’autant plus étrange quand on sait que son auteur a décidé de quitter le monde il y a peu, à un âge fort peu avancé. Cette sensation, on a du mal à s’en détacher alors qu’on prend en main le livre et que l’on plonge dedans, dans un univers assez sombre.

Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre « Habits rouges » et « Bataves », autrement dit entre beaufs américains et amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal local, il décroche un scoop : le retour du Démon de Blue Bail, cette bête mystérieuse qui jadis ravagea la région. À moins qu’il ne s’agisse d’un canular… Or, si son enquête l’amène à exhumer la légende du Kornwolf, ce loup-garou qui hanta l’Europe du dix-septième siècle, elle croise aussi, à chaque pas, la trajectoire d’Ephraim Bontrager, un orphelin muet qui vit en marge de sa communauté religieuse. Mais où s’incarne vraiment le Mal ? Dans un monstre quelconque, ou parmi les humains qui le pourchassent ?

Si le roman est un peu lent à démarrer, c’est parce que l’auteur prend son temps pour nous décrire le contexte très particulier dans lequel se déroule son roman. Il s’agit de l’Amérique profonde, rurale, brute de décoffrage, marquée par la cohabitation entre les menonnites, ces Gens Simples que l’on imagine toujours dans leurs calèches et leurs habits traditionnels, et la population locale, les Anglais. D’un côté, une communauté qui a perdu de son lustre d’antan et s’est quelque peu repliée sur elle-même, se reproduisant en cercle fermé depuis des générations. De l’autre, des américains eux aussi embourbés dans ce qui s’annonce être la crise actuelle. Tous vont être touchés par ce qui est le retour du Démon de Blue Ball, le loup du maïs (Kornwolf) ancestral.

Le début est donc un peu lent… on découvre le portrait de cette Cuvette sans trop y rien comprendre au travers des yeux d’Owen Brynmor, un local sur le retour que l’on devine être une sorte d’incarnation de l’auteur dans son roman. Passionné de boxe, passionné d’enquête et doté d’un sens logique prononcé, celui-ci s’attaque à la couverture de la réapparition du Démon. L’auteur nous entraîne alors dans un imbroglio qui a tout du sac de nœuds ! On passe de point de vue en point de vue, de personnage en personnage et on démêle tant bien que mal les différentes intrigues et relations reliant les protagonistes. Nul n’est au final ce qu’il paraît être, si ce n’est le témoin Owen et celui que l’on sait être une des clefs de l’intrigue, Ephraïm.

Le rythme augmente peu à peu pour devenir étourdissant et il faut resté accroché aux pages pour bien saisir tout le dénouement dont la partie se nomme tout simplement la Curée… L’écriture n’est pas en reste puisqu’elle est excellente et bien traduite, riche de détails, riche de formulations sans tomber dans l’emphase. On referme le livre comme on quitte un tableau de maître, en se disant qu’on l’a très fortement apprécié mais que certains détails nous ont assurément échappé.

Reste la peinture d’une Amérique quelque peu dégénérée et bloquée dans un cul de sac et la merveilleuse relecture du mythe du loup-garou que constitue Kornwolf. On oscille entre fantastique, fable humaniste et enquête policière et j’en redemande ! Les deux autres livres que Tristan Egolf aura eu le temps d’écrire avant de nous quitter semblent donc être deux suggestions de lectures supplémentaires pour les mois à venir.

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En balade sur l’île Fanac

Posté par le 13 jan 2011 dans Au Quotidien | 1 commentaire | 171 vues

Samedi, temps maussade et une envie de sortir de Paris. Alors, à défaut de refaire un weekend dans le sud, on a pris le RER en direction de Joinville le Pont ! Ô exotisme ! Ô aventure ! Bon je me moque mais j’avais déjà lu un billet (sur un blog que je vous recommande plus que chaudement d’ailleurs) sur la fameuse île Fanac. Alors il fallait que je me rende compte par moi-même.

L’île Fanac, même en plein hiver et avec une Marne en sévère crue, est splendide et représente un coeur de paix et de verdure entre deux rives, l’une populaire et l’autre nettement plus pavillonnaire. Quelques maisons, un joli pavillon où des musiciens viennent s’entraîner, des canards qui se baladent et caquètent, quelques canoës qui remontent la Marne, on se verrait bien ici même si l’A86 reste effroyablement proche.

Allez, promis, on reviendra au printemps. Et on s’attardera sûrement plus avant sur la Marne et dans les villes et villages qui la bordent. J’ai comme une envie de pique-nique tout de suite maintenant.

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Versailles en mode Intime – à la découverte de Rose Bertin

Posté par le 12 jan 2011 dans Découvertes | 1 commentaire | 358 vues

Versailles et Intime. Deux mots qui ne riment à priori pas spécialement bien tant on a l’image d’un château gargantuesque et peuplé, que ce soit dans le passé ou à présent. La Cour a bien évolué, passant des courtisans et autres personnages, illustres ou anonymes, à une foule de touristes tous plus émerveillés les uns que les autres. C’est en voyant Versailles de cette manière que l’on comprend la volonté des souverains de l’époque de se ménager des endroits intimes, privés, accessibles à quelques privilégiés ou tout simplement à la famille, exclusivement. Et c’est aussi en suivant cette même démarche que le château a organisé avec Diane cet évènement, première étape d’un programme sobrement baptisé « Versailles Intime« .

Une invitation, un programme détaillé de ce qui nous attendait et l’excitation, la fébrilité en songeant à cette première visite intime de Versailles, réalisée à l’occasion de l’exposition « Versailles Photographié« … Forcément, j’avais hâte de revenir en ces lieux ! Et je n’ai pas été déçu, une fois de plus.

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