Comme je vous le disais vendredi, la côte sauvage de la Sardaigne est jalonnée d’endroits de toute beauté que j’ai parcourus une première fois, le soir et une seconde fois, le matin. Puis la journée. Nous étions donc à Fontanamare. Continuons maintenant jusqu’à Nebida. Nebida, son promontoire gargantuesque sur la mer, ses ruines, le Pan di Zucchero qui se profile au loin et la promenade qui surplomble tout ce paysage. Immanquable et une étape indispensable sur la route du Nord.
Un peu plus loin, approchons nous du fameux « Pain de Sucre », ce roc de plus de 100 mètres haut qui surplombe la baie de Masua et sa vieille mine désaffectée. On est alors en plein dans ce melting-pot sarde : des paysages magnifiques et des usines en décrépitude. J’aime bien le mélange même si j’évite de les mélanger sur mes photos.
Après avoir lu Etat de Rêve, j’avais dit que je m’attaquerais à son premier roman : Desolation Road, dégoté lui aussi au Salon du Livre. Desolation Road se situe d’ailleurs dans le même univers qu’un des plus belles nouvelles du recueil évoqué : « La roue de Sainte Catherine » racontant le dernier voyage du dernier train de Mars, accompagné de flashbacks sur la fameuse Sainte Catherine, celle qui quitta son corps pour fondre son âme dans les machines présidant à la terraformation de Mars.
Mars se réveille. Jusqu’au fond du bout du pire désert martien où le docteur Alimantado décida de s’installer après avoir bu sa dernière goutte d’eau, et qu’il appella Desolation Road. Là le rejoignirent par accident des personnalités aussi singulières que Persis Tatterdemalion, pilote sans avion et tenancière du premier bar, Rajandra Das qui répare les machines d’une caresse, Paternoster Jericho, haut dignitaire du crime, qui fuit ses assassins. Et d’autres, et d’autres encore, tous plus étranges, tous plus humains. Ils connaîtront la pluie sur Mars, et le pouvoir de ROTECH la transplanétaire, et la Sainte de Tharsis, et la guerre, et les tempêtes du temps déclenchées par le docteur Alimantado.
Sept cent ans après le début de la terraformation, Mars commence à être vivable, voire agréable même. Elle est en fait en pleine effervescence ! Il y a comme un parfum de far-west en cours de découverte aux États-Unis, un zeste de Révolution Industrielle, un soupçon de Trente Glorieuses, du marxisme, de l’écologie, de la hard-science tout à fait cohérente avec une époque où l’on est capable de transformer peu à peu une planète.
Au milieu de tous ces thèmes très fortement imbriqués se trouve Desolation Road, l’un des plus grands carrefours de l’Histoire de Mars. C’est ici que le fameux docteur Alimantado, après sa rencontre fortuite avec une machine ROTECH, va accueillir une foule hétéroclite de gens perdus, des parias, tombés là par hasard ou menés au fin fond du désert suite à une quelconque fuite ou un énième retournement du destin. Les premières pages du roman sont d’ailleurs pour dresser le portrait des arrivées successives : Rajendra Das, Mr. Jericho, les Mandella, les Staline, les Tenebrae et ainsi de suite… Drôles de noms n’est-ce pas ? Ils ne sont pas choisis par hasard mais il vous faudra lire le livre pour savoir comment Ian McDonald va dérouler le fil de leur destinée à Desolation Road, comment les générations successives vont tisser les plus grands changements de la planète !Le paradis qu’était Desolation Road à ses débuts va se muer peu à peu en un creuset de l’Histoire.
On navigue en terre de poésie, de loufoque, de purement scientifique, de politique, de sociologie et de religion. Desolation Road est un melting-pot de l’histoire de la Terre, accéléré par une époque de grands progrès technologiques mais aussi riche de magie, de mystères et de mysticisme. Drôle de roman, mêlant tellement de thèmes et d’influences. L’ambition de l’auteur qui m’avait tant subjuguée dans le Fleuve des Dieux est ici du même niveau : un livre doté de nombreux niveaux de lecture, posant un univers complexe, sérieux et barré à la fois. L’écriture joue beaucoup et la traduction donne un ton rythmé, caustique, drôle et très contemporain à l’œuvre.
Une belle claque d’imaginaire, une vision de la terraformation qui m’a séduit, bien loin de la hard-science un poil barbante, une part d’émotion et un attachement à tous ces personnages malmenés par les vents de la planète rouge et par les tourbillons du progrès humain. L’imagination débordante de l’auteur servie par une écriture énergique font de ce roman un petit chef d’œuvre, à la croisée des chemins de ses illustres aïeux évoqués en quatrième de couv’ : Bradbury, Gabriel Garcia Marquez, Dick, Orwell et Huxley. La comparaison n’est ma foi pas imméritée.
La suite...Départ à l’aube, il est temps de quitter Cagliari pour arpenter le quart sud-ouest entre ladite ville et notre logis du soir à Bacu Abis. La côte entre Cagliari et Sant’Antioco vaut le détour quand elle est visible. Il faut dire que c’est à cet endroit que nombre de promoteurs immobiliers ont choisi de poser leur valises pour que nombre de touristes puissent faire de même. C’est réussi : on ne voit rien.
Fort heureusement, à partir de Teulada, l’horizon s’éclaircit et on en prend plein les mirettes.
D’ailleurs, les vaches ne s’y sont pas trompé et ça continue ainsi jusqu’à Portoscuso, après la traversée de l’infâme Portovesme. Ce qu’il faut savoir concernant la Sardaigne, c’est que durant les années 60, elle fut le théâtre d’un développement industriel absolument incontrôlé, développement qui s’effondra suite aux chocs pétroliers. Ne restent donc à l’heure actuelle que quelques carcasses plus ou moins décrépies, agrémentant le paysage de leurs tours rouillées. L’ensemble a une forme de beauté pour qui est sensible au côté brut de l’industrie en décrépitude mais apparaîtra comme une verrue aux yeux de celui pour qui la pureté du paysage est la plus importante.
C’est ça, il vous reste 10 jours (10 !) pour vivre un polyorgasme visuel au musée des Arts Décoratifs grâce à l’exposition unique de quelques joyaux de la collection Ralph Lauren. Depuis que je m’intéresse à l’automobile, j’ai toujours su que le fameux homme avait un goût certain pour l’automobile d’exception avec pour preuve les multiples publicités de la marque dans le magazine Automobiles Classiques qui a bercé mon adolescence. Je crois même qu’il avait eu droit, en plus des publicités, à quelques articles sur sa collection. J’avais alors bavé et pleuré du sang sur ce papier glacé de toute beauté.
© Photo Michael Furman
Il était donc hors de question de rater cette exposition qui se clôt donc le 28 août prochain. L’exposition, assez chère, vaut le coup d’oeil pour peu que l’on soit passionné d’automobile mais elle mérite de la même façon un détour pour peu que l’on soit amateur du beau, de l’Art. Car ici, ce n’est pas l’Automobile qui est exposée mais bel et bien son summum, ce qui a pu se faire de mieux, ce qui reste d’ailleurs comme le mieux de l’Automobile avec tout ce que cela implique d’exceptionnel.
© Photo Michael Furman
Après avoir bénéficié d’un lifting en début d’année, la Kia Pro Cee’d se veut désormais plus proche des nouvelles créations de la marque comme le Sportage, la Picanto ou la future Rio avec la calandre et quelques autres éléments de carrosserie qui font l’identité de Kia depuis quelques temps.
Extérieurement, l’exercice est tout à fait réussi et la Cee’d prend un coup de jeune tout à fait bienvenu étant donné que sa ligne d’origine datait de 2008. La version « Sport » que j’ai eu en essai s’affirme donc avec ses bas de caisse ciselés, son bumper avant nerveux et son regard clair associé à sa calandre renouvelée. Les jantes et la partie arrière restent assez sages mais la voiture dans son ensemble présente une belle ligne, dynamique et finalement plutôt affirmée. Tout à fait dans l’esprit Kia actuel !
J’avais prévu de rattraper mon retard en terme de balades et photos de vacances par la Nouvelle-Calédonie mais finalement je m’attaque à la Sardaigne. Il faut dire que j’y repars en septembre, cette fois-ci pour arpenter la côte est, le voyage de juin ayant été complètement dédié à la côte ouest.
Pour prendre pied en Sardaigne, si l’on excepte le bateau, il n’y a pas trente six solutions : Olbia, Fertilia ou Cagliari. Pour moi, ce sera Cagliari et un vol RyanAir (qui s’est très bien déroulé, une fois de plus) avec en prévision deux nuits sur place pour une journée de balade dans la ville avant le départ du road-trip.
Comme je vous le disais il y a peu, au mois d’août, je m’arrange pour « solder » tous les articles que je veux écrire mais que je n’ai pas pris le temps d’écrire (souvent par fainéantise je le confesse…). Parmi les choses dont je voulais absolument vous parler, il y a l’essai de l’Abarth Punto Evo, un joli petit scorpion noir de 165ch dont le moteur 1.4 a fortement envie de résonner dans les contreforts des vallées normandes.
La Punto de base n’est pas forcément l’objet idéal pour se transformer en petit monstre dévoreur d’asphalte alors on se demande si Abarth a réussi à transfigurer une voiture très sage en un petit bolide digne du Scorption dont la voiture est badgée sur le capot, sur le coffre et sur chacune des jantes. A l’intérieur, en tout cas, la préparation se voit. Autant dans la Mégane RS j’avais pu être surpris par un certain « manque » de préparation cosmétique, autant chez Abarth, ils font les choses jusqu’au bout…
Après avoir lu l’énorme Dance With Dragons, j’avais bien besoin de m’aérer la tête et d’enchaîner de petites histoires. Les nouvelles de Jean-Claude Dunyach ont été un plaisir, je me suis dit que cela pouvait être intéressant d’en lire quelques unes de George R.R. Martin qui, au delà d’être un bon écrivain de romans, est aussi un bon noveliste.
ActuSF a tout récemment publié un recueil de quatre nouvelles : Dragon de Glace. Au menu, la nouvelle éponyme, suivie de Dans les Contrées Perdues, l’Homme en forme de poire et enfin Portrait de Famille. Ces deux dernières ont reçu le Stoker et le Nebula, des prix plutôt prestigieux donc.
Dragon de Glace conte l’histoire d’une jeune fille née l’hiver et ayant développée une sensibilité toute particulière à cette saison et à ces créatures. Située dans un monde de fantasy, cette nouvelle, très agréable, traîne toutefois un peu en longueur mais sa poésie matinée d’héroïsme et noirceur en font un bon moment.
Dans les Contrées Perdues parle quant à elle d’une sorcière qui ne refuse jamais une commande. Jamais. Il lui faut cette fois-ci honorer la commande d’une reine qui souhaite acquérir le pouvoir de se changer en loup tandis que son garde lui commande de ne pas lui donner le pouvoir. Dilemme. Comment honorera-t-elle la commande alors ? La nouvelle est l’occasion pour George R.R. Martin de nous livrer un beau texte en terme d’immersion dans ces contrées perdues qu’Alys la Grise parcourt mais aussi en terme de réflexion sur ces portes que nous ne devrions jamais entrouvrir.
L’Homme en forme de poire, c’est cet homme un peu étrange, en forme de poire justement. On en a tous un dans notre entourage, on en a tous croisé un au moins une fois dans notre vie. L’auteur nous parle ici d’un Homme en forme de poire que son héroïne rencontre. Il s’agit de son voisin du dessous. Drôle de bonhomme. Effrayant. La nouvelle est oppressante, stressante, on se sent tout aussi mal que la principale protagoniste jusqu’au dénouement qui m’a plongé dans des affres de terreur tant il est sadique. A posteriori, je comprends très nettement pourquoi cette nouvelle a reçu le prix Bram Stoker…
Enfin, Portrait de famille s’intéresse à un écrivain très célèbre, divorcé, père d’une fille unique avec qui il s’est fâché de manière assez sévère. Peu d’informations en ce début de nouvelle mais la structure prend forme lorsque sa fille, peintre, lui envoie un tableau représentant le personnage principal de son premier roman, celui qui est et reste son fils aîné… Sous forme de discussions et de flashbacks, George R.R. Martin décortique les névroses et les obsessions de l’écrivain, personnifiées dans chacun de ses romans majeurs. La nouvelle sombre ensuite peu à peu dans les ténèbres tandis que l’on progresse jusqu’aux ultimes discussions entre le père, les portraits et la fille. Une nouvelle bluffante, glauque et oppressante aussi mais un régal malgré la dureté des thèmes qu’elle aborde.
Au final, ce recueil démontre une fois de plus que George R.R. Martin est en effet un très bon noveliste même si je n’en doutais point vu que j’avais déjà lu certains de ses autres romans et nouvelles. A acheter les yeux fermés pour peu que l’on n’ait pas peur de plonger dans des univers quelque peu sombres et effrayants.
La suite...Une fois de plus avec beaucoup de retard (oui, c’est le mois d’août, alors je me rattrape), voici un essai de la Volvo S60 T5 R-Design qui m’avait tapé dans l’œil lors du Mondial de l’Automobile et qu’il me tardait d’essayer après avoir pris beaucoup de plaisir au volant de la « simple » S60 à moteur quatre cylindres de 200 ch.
Ici, c’est un quatre cylindres qui sommeille sous la robe rouge étincelante, 240 ch qui se libèrent dans l’échappement et toujours une belle masse à stopper pour les freins. En parlant de rouge étincelant, on peut dire que le style Volvo s’est fait plaisir avec la S60 R, la rendant encore plus dynamique et plus remarquée dans la rue, rouge ou pas d’ailleurs. Le pack R-Design intègre un certain nombre d’éléments de design spécifiques comme le petit becquet arrière, des grilles spécifiques sur la face avant, rétroviseurs et baguettes chromés, jantes splendides… L’ensemble est tout à fait réussi. J’adorais la S60 classique, j’adore tout autant voire un peu plus la version R-Design.
Avec près de six mois de retard, je reviens de façon écrite sur le Ford Focus Global Drive organisé à la fin février à Madrid. Le but de cet évènement unique en son genre était de réunir à un même endroit une vingtaine de blogueurs du monde entier et quarante fans de la marque accompagnés d’un invité, soit cent personnes pour la découverte et l’essai grandeur nature de la dernière née de la firme à l’Ovale.
Pour en revenir au quarante fans Facebook, ceux-ci n’étaient pas simplement tirés au hasard. Ils ont présenté en vidéo leur projet caritatif et la façon dont Ford et potentiellement la Focus pouvaient les aider dans leur tâche. A chacun des gagnants, une bourse de 10000$ a été allouée, soit 400.000$ distribués par Ford à une foule d’associations qui en ont bien besoin. Cent personnes venues du monde entier, une belle somme distribuée à de belles œuvres, un évènement grandiose, c’est ce qu’on appelle de l’ambition pour ce qui « reste » une opération strictement dédiée au digital.
Il faut dire que Ford bénéficie de très bons conseils de la part de ses agences mais qu’en plus de cela, il y a une véritable dynamique quant à l’intérêt des réseaux sociaux pour la marque. Des équipes de Ford Europe à Alan Mulally en passant par Scott Monty, tout un chacun est convaincu de leur utilité et a une bonne idée de la maîtrise de leurs usages. Et ça se voit. Ford met, pardonnez-moi l’expression, une branlée à l’ensemble des autres constructeurs automobiles, bien que ceux-ci arrivent de temps à autre à créer l’évènement. Qu’importe : Ford est précurseur et surtout c’est une volonté globale au niveau du groupe.
J’attendais inFamous 2 avec une certaine impatience, le premier m’ayant particulièrement enthousiasmé malgré une certaine répétabilité en terme de gameplay et une IA quelque peu limitée. Entre la sortie d’inFamous et celle d’inFamous 2, j’ai entre temps baigné dans l’univers DMZ, histoire de maintenir la température et la tension électrique.
On retrouve les mêmes principes que précédemment : un bonhomme, Cole ; la suite de son histoire, cette fois-ci à New Marais ; un nouvel ennemi, plus puissant et plus violent, plus définitif aussi quant à l’avenir de l’Humanité ; des pouvoirs que l’on acquiert, pour ne pas changer ; et toujours trois îles, pour ne pas changer non plus !
Bon. Et la nouveauté alors ? Ma foi, l’environnement, celui de New Marais. Les pouvoirs aussi avec une brochette de nouveautés. Les personnages aussi et bien sûr la suite de l’histoire amorcée dans le premier opus. Un poil maigre non ? Des améliorations graphiques ont aussi été apportées au moteur graphique, de manière assez sensible.
Vous me sentez un peu mitigé ? J’avoue que je le suis même si j’ai pris un bon pied à parcourir ce jeu en mode gentil (exclusivement) et si le gameplay m’a séduit une fois de plus tout comme le scénario (on m’a d’ailleurs dit que la version méchante valait aussi son pesant de cacahouètes en terme de final), je reste un peu sur ma faim en terme de nouveauté, d’expérience de jeu.
Le jeu est un poil court, répétitif une fois de plus pour ce qui est des missions et des choix à faire… Vaut-il ses 70€ ? Non. Autant le premier opus était une véritable découverte, autant le 2 n’est qu’une simple évolution d’un bon jeu et n’est donc au final qu’un autre bon jeu parmi d’autres. Toutefois, dans l’univers PS3, on peut dire sans trop hésiter qu’inFamous et inFamous 2 sont des must-have de la console pour le plaisir qu’ils procurent aux joueurs.
Rendez-vous pour un troisième opus ou pour un tout nouveau concept ?
La suite...
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