A Voir
Sherlock Holmes – du quasi Guy Ritchie
Feb 15th
Drôle de sentiment en sortant de ce film le weekend dernier… un mélange de satisfaction et de frustration.
Satisfaction parce que le film est bien loin d’être mauvais. Au registre des points positifs, la reconstitution du Londres de l’époque et l’atmosphère très particulière qui va avec : on se sent plutôt bien plongé dans ce Londres en pleine explosion industrielle ! L’autre énorme point positif, c’est le duo d’acteur formé par Jude Law et Robert Downey Jr. qui montrent une fois de plus leur formidable capacité à se projeter dans un rôle et à se l’approprier, à lui donner vie et consistance.
C’est notamment le cas pour Sherlock Holmes, grandiose en névropathe alcoolique, esprit brillant voire génial enfermé dans un corps sous l’emprise de divers démons. Mais Watson n’est pas en reste, brillant en âme sœur de son acolyte Sherlock.
Mais là où le bât blesse à mon sens, c’est dans l’équilibre complètement instable entre le respect de l’esprit de Sherlock Holmes et l’apposition de la griffe Guy Ritchie à cet univers… Parfois, le film se met complètement dans ce respect du personnage, donnant alors un côté très classique au film et parfois Guy Ritchie reprend la main, livrant alors des scènes nettement plus cocasses et barrées dont il a le secret.
Alors, ce Sherlock Holmes se retrouve donc en eaux troubles, oscillant entre le film d’auteur (à la Snatch, Arnaques Crimes et Botanique, etc.) dont Guy Ritchie est l’un des meilleurs réalisateurs et le film “block-buster”, sans grande saveur mais terriblement efficace. Le spectacle reste toutefois de grande qualité, on peut donc aller le voir sans hésiter… mais il faudra attendre le second opus pour espérer avoir un caractère vraiment tranché : soit Guy Ritchie fera un film à sa hauteur, soit le studio l’emportera et nous sortira un film sans grand intérêt au final.
In the Air – I love you Philip Morris
Feb 3rd
Petite revue ciné avec mes deux derniers films, l’un en mode “normal”, l’autre en mode “avant-première avec les acteurs” : “In the Air” et “I love you Philip Morris”.
Le premier, c’est un gentil petit film qui aurait pu être un beau film. On en est finalement assez loin tant le scénario semble se dérouler de manière beaucoup trop simple et convenue ! Imaginez un George Clooney beau comme un diable, en permanence dans les cieux (322 jours/an…), en quête personnelle du summum absolu : avoir une carte avec des millions de miles dessus. Il est heureux, là-haut, allant d’entreprise en entreprise pour virer des gens.
Et là arrive le malheur : pam une jeunette veut modifier son boulot… pam il rencontre une femme “comme lui”, toujours en l’air. Et c’est parti pour 1h30 de questionnement sur l’amour, sa relation avec sa famille, etc. George Clooney est excellent, une pub Nespresso animée, une icône sexy à faire baver même le plus blasé des hétéros… et ses co-acteurs sont aussi à l’aise mais peut être un peu fades au final.
On va de poncif en poncif. Sur l’amour, sur la famille, sur la quarantaine et sa crise, sur les déconvenues amoureuses. Le tout est bercé d’une bande son excellente, fort heureusement et parsemé de quelques moments de grâce. Mais le film reste à mon sens encore bien trop riche en “facilités” qui pèsent face à de jolis traits d’humour et à une idée pourtant originale du traitement de ces problématiques. Dommage…
Le second, c’était lundi soir à la Cinémathèque à côté de Bercy, une avant-première organisée par EuropaCorp avec Costa-Gavras en maître de cérémonie. Une heure d’attente et de mise en place avant que finalement ne surgisse le trublion Jim Carrey et son acolyte Ewan McGregor. Le premier aura finalement droit à une rétrospective de sa carrière, finement analysée et décortiquée pour en ressortir la substantifique moelle : la critique de la société par le burlesque et l’absurde. Un éclairage parfois évident pour certains films, nettement moins pour d’autres !
Et Jim Carrey, timide au début, faisant le pitre pour évacuer le stress et l’émotion d’être ainsi croqué, nous a gratifié d’une petite chanson, comme ça en live. Les réalisateurs, aussi présents, ravis d’être là pour leur première création et pour cette rétrospective… Puis Ewan McGregor, timide, ne voulant pas du micro, facette opposée du tandem, gérant sa timidité par l’évitement. Enfin, Luc Besson, remerciant les “gros studios américains” pour n’avoir pas voulu de ce film !
Longue mise en bouche, en quelque sorte, éclairée par l’apparition de toutes ces têtes connues, assises à 2m seulement de nous ! Amusant. Et le film l’est aussi, c’est une véritable surprise, un film à la fois touchant, comique, dramatique et trash, un exercice d’équilibriste de haut vol où l’on peut rire de tout : la prison, les arnaques, les gays, le sida et finalement une société américaine classique dans son ensemble.
Le film raconte l’histoire vraie de Steven Russel, arnaqueur chronique et gay, de son rapport à l’amour, à l’argent, à la famille… Et cette vie est une farce, une éternelle course après l’amour où tout est acceptable pour que l’autre soit heureux. C’est aussi un concours de burlesque avec un Jim Carrey parfaitement à l’aise devant la caméra, sensible et touchant. Ewan McGregor n’est pas en reste, jouant un rôle des plus féminins avec brio même si au début on peine à l’imaginer ainsi, icône masculine qu’il est ! Toujours est-il que la sauce prend, alternant comique, ridicule, sérieux, pathos et autres farces trash.
Un numéro d’équilibriste, voilà ce que ce film est. Et chacun traverse la corde raide avec brio, traitant de sujets très sensibles avec un dédain comique presque odieux qui n’en est que plus jouissif, sans pour autant tomber dans le mépris ou la négation, bref un exercice sérieusement casse-gueule tout le monde se sort parfaitement : à voir absolument ! (sauf si on est homophobe hein)
Archer
Feb 3rd
Petite brève pour parler d’une série TV que je viens de commencer et qui me fait bien marrer : Archer. Une sorte de pamphlet comique et cynique sur une agence internationale d’agents secrets ISIS dans laquelle chacun tente tour à tour d’humilier, de blesser, de déstabiliser et de tromper ses collègues !
Personnage principal : Archer justement, le fils de la patronne… une sorte de boulet absolu qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Pierce Brosnan. Jouissif je vous dis.
Voilà, il y a déjà 3 épisodes dispos… et ça dure une vingtaine de minutes chacun, à découvrir !
Caméra Café 2 – une histoire de filiation ?
Feb 3rd
Il y a deux semaines était lancée la nouvelle mouture de Caméra Café, étonnamment appelée Caméra Café 2… (hum, l’originalité, chez M6, z’ont du mal) ! Amusant et étonnant quand on apprend que le trio de créateurs de la série pensait plutôt à La Boîte du Dessus, très logiquement d’ailleurs puisque ces nouvelles aventures se déroulent à l’étage supérieur de l’immeuble hanté par les blagues d’Yvan le Bolloch et Bruno Solo.
Les deux comparses (ainsi qu’Alain Kappauf) étaient d’ailleurs là pour nous accueillir et nous présenter la nouvelle brochette d’acteurs et les principes fondateurs de la nouvelle série avec un leitmotiv : garder l’esprit Caméra Café tout en produisant un nouveau contenu plus en phase avec la situation économique et sociale actuelle. Car, oui, quand on regarde les épisodes créés à l’orée des années 2000 et qui sont encore rediffusés, on se rend compte qu’en effet notre société et notre rapport à l’entreprise ont bien changé ! Les blagues restent toujours aussi poilantes en revanche, pour peu que l’on aime l’humour développé par le duo de potes de 20 ans.
C’est mon cas d’ailleurs et j’attendais donc avec une appréhension non dissimulée le résultat de ces nouvelles aventures… Allait-on subir la présence des anciens acteurs, tel un fantôme rappelant l’excellent du passé et du concept exporté à l’échelle mondiale ? Ou bien allait-on se prendre au jeu de ces nouveaux personnages plus en phase avec nous ?
La réponse est ambigüe en ce qui me concerne après ce premier visionnage en compagnie des équipes de M6 et quelques épisodes regardés au hasard des rares soirées où je rentre suffisamment tôt pour regarder Caméra Café 2. Bruno Solo et Yvan Le Bolloch restent égaux à eux mêmes quand ils réapparaissent à l’écran… Duo infernal, duo mythique du petit écran, difficile de les oublier, quand bien même les nouveaux acteurs s’en tirent admirablement bien ! Car oui, cette nouvelle série est aussi plutôt réussie avec des mots qui sonnent juste, des gueules d’acteurs charismatiques et quelques situations potaches et burlesques qui ont fait le succès de la série.
Bilan : positif en ce qui me concerne ! La sauce prend entre les nouveaux acteurs. La sauce prend aussi grâce à des apparitions ponctuelles des anciens de Caméra Café (doit-on l’appeler 1 ?). Si l’on s’en tient au parterre de blogueurs réuni ce soir là chez M6, je pense que l’on peut dire que les rires étaient bien présents, maintenant je suis curieux de connaître l’accueil des nouveaux trublions dans les salons français. J’ai bon espoir que ce soit positif même si la concurrence s’est sérieusement affutée en face (enfin, Plus Belle la Vie reste une daube atomique absolue, mais c’est le même créneau horaire…) mais reste pour moi un sentiment étrange : pourquoi diable avoir appelé ça Caméra Café 2… ? La notion de filiation est parfaitement évidente pour peu que l’on regarde un épisode, nul besoin de jouer de ce 2… surtout quand on connait un peu le manque de réussite des 2 en général au cinéma, à la télé, etc. !
Bref : le trio Solo – Le Bolloch – Kappauf a fait un superbe travail avec ces nouveaux épisodes, ce nouveau casting, dommage qu’ils n’aient pas eu la main sur le nom final de leur bébé.
Le Siffleur
Jan 29th
La plupart des gens rêvent d’être quelqu’un d’autre, la fille populaire, le type séduisant, celle qui réussit en affaire, celui qui a une chance de cocu…
Pour combler la frustration de tout le monde et surtout celle de son “jumeau”, Maurice enfile ses lunettes de soleil, saute dans sa voiture de sport et se débarrasse d’un sifflement de tous les ennuis alentours. A pourfendre l’oppresseur avec autant de verve, on pense à un robin des bois qui aurait bien vieilli et on ne peut que l’aimer ce Maurice…
Contrairement aux travelings renversants à la limite de la nausée après les repas de fêtes, le scénario est léger mais bien mené, les personnages assez justes et juste comme il faut pour une comédie de début d’année. Et puis, soulignons le casting qui à la manière d’un plat bien relevé permet à chaque acteur de révéler sa propre saveur.
François Berléand jusque là figure secondaire peu marquante nous fait rire et occupe tout le devant de la scène avec brio !On y retrouve également un Fred bien moins lourd qu’avec Omar et quand on se souvient de King Guillaume on se dit que ces deux-là sont comme Hitch et sa copine : plus ils sont loin l’un de l’autre et mieux ils bossent ! Une Elfira qui joue les potiches à merveille, une Célarié plus fine que de coutume et un Thierry Lhermitte méchant à souhait qui nous manquait depuis le dîner de cons.
Pour conclure, le Siffleur me ferait presque changer d’opinion sur ce système de financement populaire qu’est Peopleforcinema.com. Je pars du principe que c’est le début de la fin des maisons de productions cinématographique mais également des maisons de disque (www.mymajorcompany.com) et d’éditions. Mais au final, quitte à ne plus faire que du bon divertissement à la manière du Siffleur, pourquoi pas?
Avatar – La Route – Mr. Nobody
Jan 28th
Combo !!! Comme j’ai environ 28 articles à écrire, je vais grouper, autant vous prévenir. Soirées blogs (&cie), cinéma, on va faire du simple et du concis, pour les bouquins en revanche, chacun aura le droit à sa petite page, question de principe.
Bref. J’ai relativement peu écumé les salles obscures ce mois-ci, une sorte de flemmingite aigüe renforcée par un froid de canard. Mais j’ai quand même vu trois des films qui me faisaient envie (sur la vingtaine qui me tentaient je crois bien, mais bref) : Avatar, La Route et Mr. Nobody. Autant d’univers pour autant de films voyant assez “grand”.
Avatar donc… A première vue, ça poutraille sévère les yeux, il faut bien le dire : c’est beau, c’est très beau, c’est du spectacle, c’est “wow” dans tes mirettes. A seconde vue, tu te dis que tu as quand même déjà vu des trucs de ce genre mais peut être pas en aussi grandiose. Enfin, pour finir, en lisant une quarantaine de blogs différents, tu comprends qu’en effet tu avais globalement déjà vu tout ce qu’Avatar présente comme univers (l’arbre, les schtroumpfs géants, etc.) en BD, en film, en bouquin, etc.

Avatar, c’est donc une synthèse de plein de bonnes choses. Avec un scénario de merde mais un message fort : “les humains sont méchants, ils détruisent la planète”… Woot. Vach’te, novateur le bordel. Ou comment James Cameron découvre l’écologie en somme ! C’est beau un américain qui s’éveille aux concepts de la biodiversité (quand on sait que ledit concept a environ 40 ans (je n’ai plus le nom du mec qui a inventé ça, un américain justement, je vous le trouverai à l’occase).
Un scénario inexistant donc. C’est tout à fait ça. Enfin si, il y a un script quoi, un déroulement ultra prévisible et caricatural de l’histoire du héros qui sauve le monde. Comme dans un space-opéra en SF en fait, sauf que pour le space-opéra, tu es prévenu à l’avance… Et puis il y a aussi la danse tribale transcendantale, et là tu ris en repensant à la même scène dans Matrix Revolution, sauf que dans Matrix Revolution, au moins il y avait de belles filles bien cambrées avec des tshirts humides et bien remplis. CQFD.
Bon, je taille, je grogne, reste que j’ai passé un bon moment de cinéma, enfin, de spectacle. Avatar, c’est ça avant tout : tu débranches le cerveau pour la partie cognitive, tu overclockes la partie oculaire et auditive et tu savoures, tu plonges, tu prends de la couleur dans la tronche, c’est beau et c’est beau. Bim. Fin de l’histoire, ça rentre plus d’un milliard de bénéfices et les gens s’extasient. Nul doute possible en revanche : ce film n’est pas culte, ni ne le sera jamais.
La Route, c’est l’adaptation d’un roman archi-connu qui a donc obtenu le Pulitzer si je me souviens bien. Sacrée distinction, gage de qualité en théorie ! Et le film m’a semblé complètement à la hauteur. Viggo Mortensen et le jeune acteur qui incarne son fils sont bouleversants, les paysages sont dantesques et l’humanité y est subjuguée, dépeinte sans fioritures dans toute son animalité retrouvée, seulement tiraillée par quelques restes de civilisation et de sentiments que l’on dit humains.
Beaucoup d’intensité, beaucoup d’émotions, une lenteur parfaitement maitrisée et des instants de grâce dont la banalité n’a d’égale que la beauté, ce film est une petite collection de bonheurs emprisonnés dans un océan d’horreur et de décrépitude. Ce roadtrip vers le salut n’en finit pas de tirer sur la corde sensible avec plus ou moins de succès en ce qui me concerne puisque j’ai senti à un moment le refus de me projeter, de m’imaginer, de rentrer dans le film tant l’horreur y est tangible.
Je suis donc resté en surface pour ne pas trop souffrir. Mais je n’étais plus tout à fait le même en sortant de la salle car on a beau lire des bouquins de fin du monde et lire des essais plus ou moins réussis, une telle mise en images demeure un choc pour moi.
Enfin, Mr. Nobody, surement l’un des films les plus touffus et inclassables que j’aie pu voir ! Un postulat : le refus de choisir entre son père et sa mère. Et l’imagination dans le cerveau d’un enfant de 9 ans de tous les possibles basés sur sa connaissance actuelle des femmes et les quelques premières minutes du film précédant ce dilemme insoluble.
Voilà. C’est le bordel, vous pouvez vous en douter. Et du coup le film est un bordel aussi, on oscille, on switch de Jared Leto en Jared Leto dans chacun de ses possibles et revient toujours, telle une persistance rétinienne cette question : “pourquoi choisir un chemin alors que tous les chemins sont bons ?” ! Dans chaque univers que crée l’enfant, on se demande, on vit, on ressent, on se prend une claque de vie complètement magnifiée par une réalisation photographique de toute beauté.
Le réalisateur aime jouer avec la profondeur de champ, avec la sensation de flou qu’une très courte zone de netteté met en valeur qui préside à nos choix, à nos certitudes quant aux évènements qui découleront de tel ou tel enchaînement de choix et de décisions plus ou moins insurmontables.
Décider, c’est tuer un chemin, tuer un possible, tuer un amour, tuer aussi des situations moins brillantes et joyeuses, mais potentiellement tuer aussi les hypothétiques retrouvailles avec une Diane Kruger d’une beauté infinie dans ce film, quelle que soit la période et quel que soit l’âge de l’actrice incarnant cette Jane qui reste le fil conducteur de la vie de Nemo.
Les cadrages sont là aussi pour intensifier le discours. Plans serrés, images éthérées ou au contraire d’une netteté publicitaire, accentuation des regards et sublimation des couleurs, le film est un bonheur visuel quelque peu torturé mais terriblement beau.
Reste la morale de l’histoire, ces “choix” dont je parlais tout d’abord… et ce final d’une légèreté insoutenable qui vous colle un sourire identique à celui de ce vieillard remontant le temps ! Il ne faut pas choisir. Jamais. Ou alors en ayant envisagé tous les possibles peut être ? Mais qui le peut, à part cet enfant de 9 ans, confronté à l’impossible ?
Un film empreint de poésie, servi par des acteurs justes à mon sens et qui chahutent au fil des mondes et des fins, au gré des amours et des rencontres inopinées, on en sort chahuté aussi, l’humeur oscillant entre la légèreté et la gravité. Car aller voir ce film, c’est se rendre compte de la somme infinie de choix que nous avons déjà faits au fil des ans et ainsi prendre conscience de l’infinité d’univers que nous avons tués.

Le Soliste
Jan 27th
Depuis RAPT et l’Imaginarium, je n’avais pas remis les pieds au cinéma… Grossière erreur, surtout que nombre de bons films sont sortis dans l’intervalle ! Point d’Avatar pour moi pour l’instant, point de Route, mais plutôt le Soliste, avec les d’ordinaire excellents Jamie Foxx et Robert Downey Jr. , deux acteurs que j’adore.
On suit Steve Lopez (Robert Downey Jr. donc), journaliste au L.A. Times et responsable d’une chronique semble-t-il pas mal lue ! En balade dans sa ville, en train de se reposer après s’être lamentablement vautré comme une grosse merde en vélo (belle chute, belle chute), il entend quelques notes de violon non loin de lui.
C’est Nathaniel Anthony Ayers Jr. qui est en train de gratter les deux cordes survivantes d’un violon antédiluvien… Accompagné de son caddie, complètement sous l’eau, le SDF semble surtout être un virtuose. Une aubaine pour Lopez qui tient là sa prochaine chronique.
Le reste du film, c’est donc une série de portraits et de tableaux dressant une fresque sans concession du métier de journaliste, du Los Angeles pauvre et des bas-fonds de cette cité faite de tout sauf d’anges… Intéressant pour la partie dénonciation d’une ville qui ignore ses quelques 90.000 SDF, nettement moins prenant pour la partie rédemption du journaliste devenant ami d’un sans-abri virtuose.
L’histoire est vraie, forcément un peu romancée pour le film, et parfaitement jouée par les deux acteurs principaux et ceux qui les entourent. Le ton sonne juste, la musique est sublime, jusqu’à ce que ça tourne un peu trop au pathos sur la fin du film. Dommage…
Reste pour moi en tête ce moment magique où Jamie Foxx ferme les yeux en écoutant une répétition de la 3ème de Beethoven… Un kaléidoscope défile alors à l’écran, une sorte d’iTunes animé (vous savez quand vous mettez en route cette fonction censée jouer des formes et des couleurs en fonction de la musique…) que j’ai pris pour une invitation à fermer les yeux et à savourer la musique… Belle idée.
Film inégal donc, mais bon film malgré tout, surement mieux que pas mal de bouses actuellement à l’écran. A voir.





