Sicile – Un périple de Ragusa à Noto en passant par Modica et Scicli

Posté par le 16 juin 2010 dans Au Quotidien | 4 commentaires | 231 vues |

Départ d’Agrigento au petit jour, dernier petit déjeuner et dernière balade avant de rendre les clés du Citybed qui m’aura retourné la tête par sa beauté et son confort. Direction Ragusa. Cette ville fait partie avec toutes les autres « grandes » villes du sud-est de la zone complètement rasée par un gigantesque tremblement de terre en 1693 et adopte donc une architecture particulière que l’on retrouve dans toute la zone, fruit d’un effort populaire de reconstruction hors du commun. Chaque ville possède donc cette signature, issue de cet évènement dramatique tout en ayant son âme propre.

Ragusa m’a charmé, terriblement charmé. Posée sur son piton au milieu des basses montagnes du sud-est de la Sicile, elle trône, princière, surmontée de quelques églises et de son magnifique Duomo. Un charme tel que la balade s’est prolongée à travers les rues, les ruelles, de place en place, de coins ombragés en lieux déserts dénués de touristes, jusqu’à ce jardin surréaliste au bout du promontoire. Un lieu unique, hors du temps, à voir absolument et puis une adresse où manger, tranquillement : La Rusticana, Corso xxv Aprile 68, 97100, Ragusa Ibla (Ibla étant donc la « vieille » Ragusa).

La suite, ce fut un très rapide passage à Modica, nettement moins charmeuse tout en étant magnifique, elle aussi posée sur un éperon mais moins marqué, aux monuments plus épars et à l’âme finalement moins concentrée. Une escale pas vraiment indispensable… En revanche, escale imprévue sur notre tableau de bord : Scicli. Quelle surprise que celle ville lovée entre les collines et dont une église monumentale mais abandonnée surplombe le cœur ! Je serais bien resté un peu plus longtemps ici…

Et enfin Noto, le lieu de villégiature des deux prochaines nuits. Que dire de cette ville sinon qu’elle est classée quasi intégralement au patrimoine de l’Unesco et qu’elle attire donc forcément une horde de touristes débiles au milieu de ses monuments tous plus somptueux les uns que les autres ? Voilà, c’est tout. Des monuments, mais pas d’âme. Et même en déambulant loin du centre, dans les rues assombries par le couchant, difficile de dénicher un petit coin qui ne soit pas marqué du sceau de l’Unesco. Dommage. Mais beau, tout de même.

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4 Commentaires

  1. Il faut bien se rendre à l’évidence : Le tourisme a tué le Tourisme. La masse, malgré son éventuelle bonne volonté, a étouffé les caractères et le côté inédit des découvreurs de merveille.
    Avant on se sentait aventurier quand on partait quelque part, même si on était loin d’être le premier ; Aujourd’hui, on fuit les hordes de nos bruyants compatriotes sans jamais vraiment réussir à les semer.
    Il faut faire du très « hors saison ». Mais c’est parfois dommage, aussi.

  2. @ Lousia : quand tu dis « avant on se sentait… », c’est personnel ou impersonnel ? Ca fait 30 ans que la masse est partout, et si tu faisais déjà du tourisme avant, tu es bien conservée… Ce qui m’emmerde le plus, c’est pas tellement le nombre, c’est l’organisation. Aujourd’hui le moindre détail digne d’intérêt est fléché, encadré, organisé, avec teeshirt sérigraphié et barrières de sécurité. Il n’y a plus rien de brut, tout est bien rangé pour que le touriste le consomme, et ça c’est plus récent je pense. C’est le panneau indicateur et la guérite office du tourisme qui ont tué le Tourisme !

  3. @Bôôh :: Ok pour les 30 ans, mais même en ayant encore du lait au coin des lèvres, je peux t’assurer que j’ai déjà vu la transformation. Notamment à Rome, en fait.
    C’est simple, cette ville je l’ai découverte à 4 ans, donc il y a un peu moins de 20 ans. J’y suis allée tous les deux ans, depuis. Et puis premier boulot, pas de vacances, j’ai laissé passé 4 ans avant d’y retourner en mai dernier.
    Le choc.
    Il y a sûrement une partie déformée de la réalité par le prisme des souvenirs, mais les groupes, l’incivilité, l’impolitesse des touristes, la masse, j’ai débranché.
    Je ne sais pas si tu connais, mais rien que la chapelle Sixitine.
    La dernière fois, c’était le silence. Des personnes étaient là pour frapper dans leurs mains quand la foule bruissait trop fort, et te tapait sur l’épaule quand tu sortais discrètement (ou pas) ton appareil photo.
    Aujourd’hui, il est toujours dit qu’il est interdit de parler fort et de photographier. Pourtant des milliers de flash crépitent et on a l’impression d’errer dans un souk.
    Le tourisme de masse… La manne financière ne s’accompagne que rarement du respect des lieux et des gens.
    Oui ça pue l’élitisme, et oui là je m’en fous royalement, j’aimerais retrouver la sérénité des lieux – Même de ceux que je ne connais pas encore…
    Et puis il y a quelque chose que je déteste : Faire partie de cette masse. Être considérée comme un portefeuille ambulant. Être guidée comme un bœuf entre deux barrières. Passer par les boutiques de souvenirs avant de sortir – ou même d’entrer. Je ne veux pas de ça. Mais ce serait dommage de passer à côté de certaines choses pourtant…

  4. Non, je ne connais qu’un peu le nord de l’Italie, et pas du tout en dessous de l’Emilie-Romagne (honte à moi soit-dit en passant). Mais je te crois sur parole.
    « passer par les boutiques de souvenirs avant de sortir », j’aurais du mettre les boutiques de souvenirs à la place des guérites office du tourisme : C’est le panneau indicateur et la boutique de souvenirs qui ont tué le Tourisme !

Liens

  1. Viinz - Viinz.com // Sicile – Un périple de Ragusa à Noto en passant par Modica et Scicli http://bit.ly/9RvAGt

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