Seine-Maritime – L’Abbaye de Jumièges

Je commence à avoir quelque peu fait le tour des sites à proximité de mon lieu systématique de passage en Normandie. Autrement dit, il n’est pas toujours évident de sortir de la routine balade dominicale / piscine sans faire un grand nombre de kilomètres. Il restait toutefois une ville et une zone que je connais certes un peu mais pas dans le détail : le parc régional des boucles de Seine et surtout l’Abbaye de Jumièges, pile en son centre ou presque.

L’Abbaye de Jumièges, vue de l’extérieur, c’est cette gigantesque porterie qui sert de guichet et boutique, donnant accès aux ruines d’une des plus grandes abbayes bénédictines de Normandie. Le monastère fut fondé au VIIème siècle, se développa très rapidement et embrassa les aléas de la région, entre conquêtes des Vikings, reconquête par Guillaume, pour se terminer par un abandon total en 1790 et son démembrement progressif jusqu’à son rachat et son classement au cours du XIXème siècle.

Ne restent donc de l’abbaye de Jumièges que des ruines, mais quelles ruines !

Les tours de l’abbatiale Notre-Dame trônent, blanchâtres, dominant les alentours de cette boucle de Seine déjà splendide. Vues de loin, elles sont déjà incroyables. Vues de près, c’est un écrasement. Le romantisme qui se dégage de ce site est palpable, tangible, étourdissant. C’est encore mieux en pénétrant par l’entrée principale, entre les deux tours de la gigantesque et austère façade, pour découvrir la nef éventrée.

Quelle claque.

L’esprit un peu embrumé par tant de démonstration architecturale, on s’aventure ensuite dans le reste des ruines, découvrant ici une sculpture d’oiseau, ici un ancien passage voûté et décoré, là un reste du monastère du IXème, avec des mélanges d’art roman et gothique un peu partout et sans oublier le gigantesque parc de 15 Ha au bout duquel trône le logis abbatial, malheureusement fermé au public pour le moment. L’ancienne hôtellerie est également en cours de réfaction, formant l’un des côtés d’un cloître étonnamment très ouvert par l’absence du réfectoire, intégralement détruit. C’est, beau, de bout en bout.

L’abbaye de Jumièges est d’une beauté romantique tout simplement parfaite, surtout avec cette lumière pâlichonne hivernale, mêlant froideur de l’absence de lumière et reflets diaphanes d’un soleil déjà presque couchant en milieu d’après-midi. Les levers et couchers de soleil doivent ici être à couper le souffle, vus depuis la grande terrasse ou au centre de la nef.

Une prochaine fois, car ce lieu, tout comme le parc régional des boucles de Seine, donne vraiment envie d’y revenir. Je veux même bien parier qu’il me reste en réalité une vraie somme de lieux à découvrir quand je vois que je suis passé à côté de celui-ci pendant si longtemps !

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