Essai – BMW 730d xDrive Berline M Sport

Une Série 7, ce n’est pas vraiment mon gabarit préféré chez les bavarois. Moi, je serais plutôt BMW M2 ou en attendant d’être riche, M235i. Sauf qu’il est difficile de faire l’impasse sur ce qui préfigure l’avenir pour tout ce qui est confort, technologie et aides à la conduite. C’est en faisant ce constat que je me suis décidé à demander l’essai de la BMW 730d en version Berline, au même titre que j’avais pris le volant du X6, avec une once de doute mais au moins autant de curiosité. Verdict après 600 km au bord du nouveau vaisseau amiral de la marque.

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Avant cet essai et même en ayant très largement vu les photos presse de l’auto, je m’attendais en découvrant la BMW 730d à une masse imposante, à quelque chose d’assez effrayant et de malaisé à emmener dans les petites rues, à un grand paquebot dont l’étrave n’aurait été taillée que pour la haute mer des autoroutes allemandes. Alors oui, c’est grand et plutôt gros mais la marque ne livre pas avec son grand vaisseau un bloc de granit inexpressif et sans âme, bien au contraire. Le regard et plus généralement la face avant sont expressifs et racés, distingués aussi avec les reflets bleutés de l’éclairage au laser et ce qu’il faut de chrome et de babines de part et d’autres des traditionnels mais refondus naseaux. La filiation est indubitable, c’est une BMW mais c’est aussi un brin nouveau et on sait désormais à quoi s’attendre cette année avec l’arrivée de la nouvelle Série 5. A moins que ce ne soit l’an prochain, je ne sais plus ! Bref : l’avant est suffisamment effilé et travaillé pour camoufler le gabarit somme toute imposant de la première moitié de la voiture.

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Les grands berlines souffrent souvent également d’un train arrière ne sachant trop comment vivre. Prendre une silhouette de coupé comme la mode le veut et quitte à sacrifier le confort des places arrières ? Ce n’est pas le propos ici et le coffre a bien toute sa place, tout comme l’habitabilité des places arrière. La Série 7 est une voiture de conducteur comme de chauffeur et les uns comme les autres sont choyés. Reste que ce type de choix génère souvent une poupe à mourir de tristesse. Ici, ce n’est pas si dramatique que cela avec les 5 mètres de longueur et une belle ligne qui court de l’aile avant jusqu’à l’aile arrière, renforcée par la ligne descendant du toit. C’est à la fois galbé du côté des ailes mais aussi anguleux avec l’arête qui redescend depuis les feux jusqu’à l’échappement. La baguette de chrome qui fait la jonction entre malle arrière et feux est quant à elle un peu de trop en ce qui me concerne bien que nécessaire pour justement casser les volumes. Bref : c’est plutôt réussi au vu du gabarit et la ligne plongeante depuis la vitre passager jusqu’au bout de la malle n’y est assurément pas pour rien. Compromis, compromis ! Je ne vais pas m’appesantir plus longtemps dans la description de cette BMW 730d, livrée ici en finition M et par conséquent un rien plus incisive que sa consœur dite « Exclusive », plus statutaire et classique finalement.

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Passons à l’intérieur (pour un bon moment !) car c’est finalement de ce côté-là qu’il y a du changement et une profusion de gadgets technologiques plus ou moins utiles ! Faisons simple toutefois pour résumer un peu l’ambiance dès que l’on pénètre à bord : luxe, calme, propreté, soin du moindre détail, agencement, tout est travaillé et rien n’est oublié. C’est d’ailleurs la seule BMW dans laquelle à ce jour je me suis retrouvé quelque peu coi en cherchant les habituels petits « défauts » de la marque. Je n’en attendais pas moins d’une voiture dont la facturation commence à 87k€ mais tout de même : chapeau ! Allez, juste un point : le pédalier en plastique noir, c’est toujours aussi laid mais bon…

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Du côté du volant tout d’abord, on trouve une jante ronde, du bon diamètre. Les surpiqûres blanches sur le cuir noir sont bien réalisées mais c’est surtout la qualité des chromes et des boutons qui satisfait le regard. Le léger brossé de l’aluminium est agréable et se retrouve d’ailleurs un peu partout dans l’habitacle. Les habitués de la marque ne seront en tout cas pas perdus en terme de fonctionnalités. Sans faute sur le volant, réglable électriquement par ailleurs et bordé des traditionnelles palettes de la boîte 8 BMW. Les comodos se sont assez discrets avec un plastique noir parsemé d’étoiles, c’est avec le pédalier le seul élément bien peu noble de la voiture.

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Côté portières, le regard trouve également de quoi se satisfaire avec une finition et des assemblages irréprochables mais aussi et surtout des boutons de qualité ! Le plastique noir qui m’avait quelque peu choqué sur d’autres modèles disparaît au profit de contacteurs grisés qui vont à ravir avec le dessin de la poignée de porte, réussi et bien intégré avec le plaquage de bois laqué. C’est beau, les portières sont à déposer gentiment tandis qu’un moteur achève de clore et d’isoler l’habitacle du monde extérieur. Rien à dire si ce n’est le petit bout de noir qui entoure les touches de mémorisation de position des sièges.

Côté sièges justement, à défaut d’avoir une fonction massage, les possibilités de réglage sont infinies et un petit capteur de proximité vient détecter la main du conducteur, générant un rappel à l’écran afin de guider l’utilisateur vers la fonction et le réglage qu’il souhaite obtenir. Bien pensé et pratique tant on peut parfois se perdre dans les boutons de ce type de sièges. Bref : on est remarquablement assis et bien maintenu dans ces beaux ensembles de cuir clair, moelleux et dotés d’une fonction chauffage assez progressive et bien répartie (en clair, on ne se brûle pas le cul).

C’est au centre du véhicule que BMW se renouvèle le plus avec un bon équilibre entre les excellents acquis et des innovations complémentaires. On retrouve sur le tunnel central le traditionnel levier de vitesse, ceinturé du pad cliquable et tactile et des différents boutons de configuration de modes de conduite. Pas de révolution donc mais à dire vrai, pas besoin de révolution non plus. Le seul problème revient à la position du pad, un peu éloignée du conducteur sans que cela gêne, mais surtout aux 7 touches qui l’entourent qui sont du fait de la position du levier invisibles et qu’il faut donc apprendre par cœur.

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Vous aurez noté les multiples prises 12V et USB ainsi que le petit compartiment pour la clé de la voiture, mais j’y reviendrai ! En attendant, je m’attarde sur la console centrale, encore trop chargée à mon goût en terme de nombre de boutons mais qui introduit de belles nouveautés. On note ainsi l’arrivée de deux zones tactiles (oui, pourquoi se priver après tout ?), l’une pour les commandes de ventilation et siège chauffant, l’autre pour définir la température d’ambiance de la ventilation centrale (oui, le petit curseur allant du bleu au rouge est tactile et génère un rappel à l’écran). C’est pratique et agréable, permettant de moduler entre de la fraîcheur aux pieds et un peu de chaleur aux doigts. En revanche, je ne comprends pas bien l’intérêt d’avoir intégré tout ce tactile pratique tout en conservant pléthore de boutons physiques. J’ai ici une nette préférence pour ce qu’a fait Volvo dans son XC90 en terme de regroupement des commandes au travers d’une interface plus épurée. Dommage donc de ne pas avoir poussé le bouchon un peu plus loin mais l’intention reste louable, tout comme le traditionnel bouton central permettant d’activer ou non les sécurités actives et passives de l’auto.

Cette zone centrale intègre aussi le fameux écran BMW, ici plus large et doté d’une résolution très nettement améliorée. Il est paraît-il tactile mais il faudrait pour le toucher le salir et surtout décoller les épaules du siège : sans intérêt. Les fonctions sont par ailleurs connues et reconduites, avec toujours le principe d’écran partagé très pratique et quelques applications natives bien gérées, comme Spotify par exemple. Les caméras qui ceinturent l’auto permettent sur cet écran d’avoir une vision particulièrement détaillée de l’environnement de la voiture et de ne jamais stresser pour les manœuvres malgré le gabarit de l’auto. Le système d’affichage des proximités est bien fait et on peut d’un mouvement de doigts faire pivoter la vue 360° afin d’y voir plus clair. D’un mouvement de doigts. Wait, what ?

Oui, au delà des choses somme toute habituelles bien que particulièrement soignées et travaillées ici en terme de profusion des réglages et de la personnalisation (la voiture gère les profils de conducteurs), il y a en plus dans cette BMW 730d de la reconnaissance gestuelle. Tournicotez du doigt et le volume monte ou descend selon le sens de rotation. Tendez deux doigts et la chanson suivante se déclenche. Pincez et déplacez pour tourner autour de la voiture via les caméras et ainsi de suite ! C’est… gadget. C’est aussi très pratique et somme toute assez addictif une fois les fonctions identifiées et leur utilisation au quotidien mise en pratique ! Reste un peu de latence et de difficulté de détection des mouvements, ce système est un premier jet et sera sûrement mis à jour dans les années à venir avec un peu plus de réactivité.

Pour en finir avec la partie avant de l’habitacle, on peut enfin parler des compteurs, numériques et dotés de plusieurs affichages bien pensés et complets, servis par la bonne résolution de l’écran. Même combat du côté de l’affichage tête haute, toujours plus complet et en couleur et servi par des photos tout à fait ratées de ma part !

Je reviens à mon histoire de compartiment de recharge sans fil pour la clé ou pour un téléphone compatible d’ailleurs : la clé de la nouvelle BMW Série 7 préfigure l’avenir des clés de la marque, en sus de ce que l’on peut faire du côté de l’application dédiée sur iPhone (bien pratique et complémentaire de la clé à dire vrai) : vérifier que la voiture va bien, démarrer la climatisation et donc préparer la voiture au départ, se remémorer l’état de l’autonomie de la voiture, le tout en tactile sur une clé de voiture. C’est gadget au premier abord et puis on s’y fait et on trouve au final cela bien pratique, un brin inutile parfois mais tout de même, c’est pratique. Mais inutile. Mais pratique. Bon, l’avenir le dira franchement si la petite clé à l’autonomie tout sauf dérisoire fait des petits dans la gamme et ailleurs.

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Dernier point, passons du côté de l’arrière du véhicule : je ne m’y suis installé que pour les photos mais on ne va pas se mentir, c’est spacieux ! Au centre de la partie arrière du véhicule, l’accoudoir inclut un petit écran, amovible sous la forme d’une tablette (Samsung je crois) qui est connectée au véhicule. On peut alors, depuis les sièges arrière, décider de clore les ouvrants et rideaux, modifier l’éclairage et les couleurs d’éclairage de l’habitacle, changer le réglage des sièges ou encore la climatisation et les informations sur l’itinéraire en cours. Vous doutiez du fait que la BMW 730d est une voiture de chauffeur ? Vous pouvez changer d’avis et j’ai envie de dire que ça, c’est la base, en attendant un essai d’une version Limousine dans les prochains mois !

Allez trêve de détails techniques, je repasse dans le siège avant gauche pour parler conduite car oui, la BMW Série 7 est aussi une voiture à conduire ! Je ne vais pas m’attarder outre mesure sur la boîte de vitesse à 8 rapports, déjà connue sur la gamme et ici en version Sport du fait de la finition M et toujours au rendez-vous en terme de compromis entre la douceur, la progressivité et la rapidité. Seul compromis à cette douceur : le mode Sport qui autorise presque quelques à-coups de rapidité, à la M mais sans jamais tomber dans quelque chose de brusque. Pas fondamentalement utile tant cette boîte, quel que soit le mode de conduite engagé, fait le travail. Le constat est le même pour ce qui est du 6 cylindres diesel turbocompressé de 3.0L qui développe 265 chevaux et surtout 620 Nm de couple à 2000 tr/min. En clair : j’avais quelques doutes sur sa capacité à déplacer les presque 2 tonnes de la bête avec passager et bagages mais il n’en est rien. Le 0-100 est annoncé en un peu moins de 6 secondes et les reprises sont très concluantes. La BMW 730d n’est pas un foudre de guerre mais tel n’est pas son objectif. En revanche, cette motorisation avec cette boîte est bien suffisante pour survoler la circulation normale en tenant un raisonnable 9.1 L/100 de moyenne. Verdict : concluant.

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Le constat est d’autant plus valable que la sonorité du diesel est très peu présente, y compris en conservant le start&stop activé, généralement bien désagréable avec les vibrations liées à ce type de carburant. L’isolation de l’habitacle de la Série 7, avec son cœur de carbone et ses multiples couches d’isolants est quasiment sans faille. Quelle que soit la vitesse et surtout quelle que soit la route et malgré les belles roues de la finition M, le calme est au rendez-vous et le confort avec. Si le système son Harman Kardon n’est pas transcendant en terme de profondeur de son, l’isolation générale de l’habitacle et la suspension à toute épreuve font du moindre voyage en Série 7 un vrai plaisir. La fatigue ? Une inconnue. Vraiment, vraiment, que l’on soit en Confort, en Eco ou en Sport, l’amortissement et le confort sont impeccables, c’est assez addictif et on se surprend à guetter tel ou tel trou ou bosse que l’on connaît bien et qu’on évite pour justement y passer et vérifier que non, décidément, ça ne veut pas remonter jusque dans le bas du dos ! Le tapis roulant est infaillible et j’en suis à regretter de ne pas avoir fait plus de kilomètres à bord de cette voiture.

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On pourrait penser que du fait de cet amortissement piloté pneumatique de compétition pour le confort, la BMW 730d est une grosse mémère qui se traîne et se laisse embarquer dès le premier virage. Ce n’est pas le cas, justement grâce aux barres anti-roulis elles-aussi pilotées ! La correction d’assiette est ainsi permanente et la prise de roulis très limitée. BMW sait aussi y faire en châssis et les menus virages et grandes courbes s’avalent certes sans grandes sensations mais sans frayeur quant à la masse de la voiture. Seuls les freinages et quelques enchaînements bien serrés viennent rafraîchir la mémoire du conducteur quant au poids et au gabarit du machin lancé à vitesse illégale. Du côté du mode Adaptative, branché sur le GPS et sur la caméra frontale, rien à signaler : le confort et le comportement sont irréprochables et l’adaptation en temps réel au virage et à la route. Bluffant.

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Alors au final, cette BMW 730d n’est pas vraiment une machine à plaisir comme peuvent l’être la plupart des autres BMW en terme de conduite mais son statut de vaisseau amiral n’en fait pas pour autant une baleine inconduisible à joli rythme. C’est à dire vrai plutôt étonnant tant qu’on garde en mémoire le fait que le xDrive est typé propulsion et que l’empattement dépasse les 3 mètres ! Méfiance donc dans le sinueux, ça fait bizarre un petit coup de crabe avec l’ESC désactivé sur ce genre de gabarit mais c’est drôle en réalité même si pour le coup la direction mériterait un zeste de toucher en plus.

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Cela m’amène au final à une petite critique : la différence entre les modes Confort et Sport n’est pas assez marquée et le mode Sport, justement, reste très souple, y compris du côté de la direction, qu’on aimerait avoir en Sport+ tant le reste du châssis est au rendez-vous. Ce n’est certes pas vraiment la philosophie de l’automobile en question mais un peu plus de gênes sportives au vu du pedigree de la marque n’auraient pas été de trop. Utiles pour tous les conducteurs ? Pas du tout. Disons que le choix se comprend mais à titre personnel j’aurais pu aimer quelque chose d’un tout petit peu plus raide sans verser dans l’inconfort, bien sûr.

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Un autre point de commentaire concerne la maniabilité de la Série 7. Vous aurez remarqué que je me suis aventuré dans quelques toutes petites rues et routes et avec un tel vaisseau, on pourrait se dire que c’est suicidaire. Il n’en est rien : BMW Série 7 est très maniable et rassurante à emmener là où je pensais être réellement en difficulté. Le gabarit de l’auto se fait très rapidement oublier et si le museau est large, le reste suit sans difficulté grâce aux différents capteurs et aux roues arrière directrices, une option à 1500€ certes et une première sur un système xDrive mais une option que je ne saurais que trop conseiller au vu de l’apport en maniabilité. Autre chose : le mode de conduite semi-autonome est bien réalisé et plutôt permissif avec un maintien en ligne très efficace et progressif, tout comme le régulateur adaptatif. Pas ma came en soi mais convaincant. Il reste désormais à tester une version encore plus équipée et dotée du gros V8 maison pour aller encore un peu plus loin dans le futur de l’automobile !

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Un peu moins voiture à conduire que le reste de la gamme BMW, cette Série 7 en version 30d est en tout cas un excellent compromis entre les racines dynamiques de la marque et le nécessaire confort feutré des très grandes berlines quelque peu en déshérence face aux SUV ces dernières années mais toujours aussi statutaires, importantes et emblématiques d’un savoir-faire ici évident. Il reste bien sûr à avaler la couleuvre du prix puisque l’on passe de 86500€ à 106250 puis 118420€ avec les options mais cette somme est le prix à payer, chez BMW comme ailleurs, pour bénéficier d’un tapis roulant à toute épreuve, que l’on souhaite se place à l’avant gauche ou à l’arrière droite du véhicule. Essai à transformer en restant à cette dernière place, pour voir.

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