Essai – BMW 340i xDrive Touring M Sport

Après la toute nouvelle Série 5, je suis revenu à plus petit dans la gamme BMW pour essayer ce qui se fait de plus velu sur Série 3 sans adjonction de badge M, à savoir la BMW 340i xDrive Touring. Je devais à la base en essayer la version « M Perf » mais ce sera finalement pour cette fois et en attendant la prochaine une finition « M Sport », à savoir sans échappement sport et sans kit moteur (et autres menus détails que je vous présenterai plus tard dans l’année).

Décevant ? Pas si sûr. La recette sur le papier est plutôt alléchante. Une BMW Série 3. 40i et donc un six cylindres en ligne développant 326 ch. Le système xDrive pour pouvoir rouler tous les jours sans arrière-pensée. La silhouette Touring pour trimballer un volume conséquent d’amis ou d’enfants. Enfin, la finition M Sport pour un zeste de dynamisme extérieur. Tout cela ressemble fortement à un compromis assez parfait, facturé tout de même la bagatelle de 60k€ voire même 74k€ pour mon modèle d’essai.

Extérieurement, la Série 3 continue à mes yeux de bien vieillir, aidée en cela par le facelift de 2015. Un tout nouveau repoudrage venant d’être annoncé, la voiture sous vos yeux n’en bénéficie bien sûr pas encore mais cela ne saurait tarder, les différences restant tout de même assez légères et presque invisibles à l’œil non averti.

La face avant, avec ses petites écopes et ses naseaux surlignés de chrome, reste toujours poliment agressive. Le regard est affuté, passé au full LED et le capot semble musclé. Pas trop. La finition M Sport rajoute un petit quelque chose mais sans trop en faire. La discrétion reste toujours de mise.

Le constat est le même sur les flancs avec un discret blason ///M à l’arrière du passage de roues et sur les belles roues à cinq branches spécifiques. L’arrière n’en fait pas non plus des tonnes avec une double sortie d’échappement très conventionnelle, un petit aileron et les mentions habituelles de déclinaison et de présence du xDrive. Sobre ? Sobre mais identifiable.

Une réflexion me vient tout de même en tête. On voit assez peu de Série 3 Touring et c’est vraiment dommage. Cette silhouette est vraiment réussie, avec de belles proportions et une ligne de toit qui me plaît bien, que ce soit en vue de 3/4 avant ou arrière. Il y a quelque chose dans les breaks, quand ils sont bien faits, qui les rend vraiment attirants, en sus d’être pratiques. La BMW 340i Touring en fait à mon sens partie. Ou alors je vieillis. Non, je l’aime vraiment bien.

A l’intérieur, cette BMW 340i Touring est du même niveau que ce que j’ai déjà pu voir dans la 4 Cab’ ou dans la 330e, à savoir qu’on s’y sent très vite chez soi, avec une ergonomie quasiment sans faille et des assemblages de qualité, mais toujours avec des matériaux en décalage par rapport à la concurrence. L’approche BMW reste différente de celle de Mercedes ou Audi, cela se voit et cela se sent. Je ne désespère pas un jour d’avoir le meilleur des mondes sous la main.

Il n’empêche, on a toujours en rentrant dans une BMW un excellentissime système infotainment, un affichage tête haute de qualité, des commandes qui tombent bien sous la main, un volant splendide, des finitions brillantes sans faire dans le spectaculaire et à la fin, comme dit plus haut, on se sent chez soi. Reste maintenant à voir comment le dernier facelift se tiendra à l’intérieur face aux C et A4, pour la vraie (r)évolution, il faudra attendre une nouvelle Série 3, en fin d’année pour la présentation à Francfort.

Bon, on est bien dans une BMW, on l’a bien confirmé aussi à l’extérieur et le programme a l’air tout sauf dégueulasse. Mais une BMW, comme je le disais récemment en parlant de la Giulia, c’est du feeling, du ressenti de conduite, de la direction, quelque chose qui te connecte à la route. Du moins, ça, c’est le papier, l’histoire, la légende, ce qui a forgé la réputation de la marque. Est-ce aussi vrai dans un break de 326 ch qui a tout l’air de savoir tout faire ?

Moteur lancé, le doute est un peu là, à dire vrai. Le six cylindres, pourtant fort de 326 ch et 450 Nm, se montre discret, jappant tout juste au démarrage pour se signaler et puis ronronnant ensuite doucement. Bien plein en terme de couple (1380 à 5000 tr/min), il gronde ensuite jusqu’à 6500 tr/min pour son pic de puissance. A dire vrai, il est très linéaire et pousse certes fort mais il peine à se faire entendre. Entre l’insonorisation de l’habitacle (réussie) et la relative discrétion des trompettes, je peine à trouver du plaisir à l’oreille.

La mise en vitesse est pourtant réelle, faite dans un silence relatif, avec un grondement assurément caractéristique mais indubitablement trop faiblard pour venir émoustiller les tympans. C’est bien pour la vie de tous les jours, on ne va pas dire autre chose, mais il est vrai qu’en mode Sport et Sport+, j’attendais plus de volume sonore et un peu plus d’explosivité d’un moteur qui pousse plutôt à enrouler sur le couple.

La boîte, Sport à 8 rapports, ne démérite pas, se montrant tantôt douce, tantôt légèrement rugueuse, toujours efficace dans ses montées de rapport, un brin paresseuse à la descente parfois. Rien de bloquant, les ensembles ZF équipant la gamme BMW sont d’excellents compromis, réagissant désormais plutôt bien au quick-down et sachant s’adapter au rythme et type de conduite avec perspicacité. D’ailleurs, total final pour cet essai : 11.2 l/100 sur les 600 km d’essai à bon rythme. Convenable.

Le premier bilan, si l’on ne considère donc que le moteur et la boîte, semble quelque peu mitigé. Il manque à cette auto, pourtant capable d’une belle capacité de réglage (mode Sport configuration, mode Sport+, déconnexion du traction control et mode manuel pour la boîte), un zeste d’expressivité qu’un échappement optionnel saura assurément corriger. Pour tous les jours, c’est suffisamment ronflant et plein en sus d’être logiquement efficient mais il manque quelques pétarades et aboiements pour être tout à fait convaincu d’en faire le compromis ou daily idéal.

Il faut alors se rabattre sur les qualités dynamiques de l’auto et sur sa direction pour voir si l’émotion naît et se maintient. En mode normal, la direction est bien trop assistée, se durcissant raisonnablement sans devenir collante une fois les modes Sport et Sport+ engagés. Bien que le système xDrive soit présent et bien présent, la connexion à la route sur le train avant reste tout à fait satisfaisante, manquant tout de même un peu de mordant. Ce n’est pas aussi mauvais que de nombreuses quatre roues motrices mais c’est peut-être un tout petit peu moins bien que la dernière Série 5 en propulsion par exemple.

Il n’empêche, au global, le dynamisme de cette voiture très polyvalente reste intéressant, avec un xDrive sachant toujours bien faire la part des choses entre légère dérive du train arrière et motricité du train avant au service de l’efficacité. Si certaines BMW propulsion ont pu faire peur à leurs conducteurs sur le gras ou le mouillé, cette BMW 340i Touring sait tout faire, enroulant rapidement (en crissant un peu du gommard tout de même) dans le sinueux, déhanchant un peu mais pas trop sauf à tout désactiver, se montrant rassurante du côté des freins et remontant ce qu’il faut d’informations au conducteur tout en filtrant toujours très bien la route avec un amortissement à mes yeux irréprochable.

Vous m’avez compris : tout cela n’est « pas mal » du tout. Ce n’est toutefois pas encore assez et à la sortie de mon essai, j’ai tout de même un petit goût de reviens-y mêlé de pas assez en bouche. Les sièges manquent un brin de maintien. La direction mériterait d’être un peu plus incisive. Le son est bien trop absent. Ce n’est pas trop grand chose à chaque fois mais oui, on a envie de la version M Performance pour voir. Il manque un petit supplément d’âme à cette 340i Touring pour être vraiment attachante et offrir un vrai meilleur des mondes entre les berlines classiques et cette certaine forme de démesure liée au blason M.

Si cette BMW 340i Touring saura à coup sûr convaincre de nombreux acheteurs grâce à un parfait compromis entre performance, dynamisme et efficience au quotidien, il lui manque tout de même un petit zeste de folie pour me convertir totalement. Ce n’est pas grand chose, juste un petit bouton, un mode « Sport+ » « plus », des jappements et pétarades, la sensation d’avoir un pétard sous le pied en changeant de mode de conduite sans perdre cette forme de discrétion quotidienne, un air de rien qui lui va sa bien…

En attendant donc de pouvoir enfin tester celle que l’on présente comme la parfaite alternative à la M3 pour qui souhaiterait conserver un vrai pouvoir d’utilisation au quotidien, la BMW 340i Touring reste tout de même un excellent compromis mais fait aussi office d’amuse-bouche pour la suite. Intéressante, convaincante, performante, polyvalente en diable mais… donnant surtout envie de découvrir la suite.

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