Essai – Alfa Romeo Giulia 2.2 JTD 180 AT8 Super

Alfa Romeo Giulia. Deux noms mythiques, associés l’un à l’autre. Voir le premier renaître au travers du second est en soi un plaisir pour l’automobiliste un brin passionné de variété éxo germanique. Il faut dire qu’elle aura mis le temps à venir, cette renaissance, après de longues années à survivre sur deux modèles antédiluviens et une courte excursion passionnelle mais imparfaite au travers de la 4C.

Alors voilà, l’Alfa Romeo Giulia est enfin là, premier véhicule basé sur la toute nouvelle plateforme Giorgio du groupe FCA. L’enjeu est énorme, la voiture veut devenir une vraie alternative au premium sportif allemand ou à la renaissance de la qualité française chez Peugeot. Les attentes le sont tout autant. Ce n’est pas tant que la marque a fortement communiqué, c’est juste ce que ce fameux trèfle génère.

C’est comme ça, Alfa Romeo est un mythe parmi d’autres dans l’automobile, mais plutôt dans la catégorie « costaud ». C’est l’histoire qui veut ça, les modèles culte, le passé sportif, l’attachement presque inexpliqué à ce blason. Je fais partie de ces gens-là. Je n’ai pas beaucoup de passif avec la marque mais tout de même, j’y suis sensible, je sais ce que cela veut dire.

Alors voilà : j’essaie la nouvelle Alfa Romeo Giulia, dans la version qui sera sûrement la plus vendue sur le marché, dotée d’un niveau de finition intermédiaire « plus » : la 2.2 JTD 180 ch diesel, finition Super.

Alors, c’est beau dehors, comme une Alfa Romeo, ou pas, cette Alfa Romeo Giulia ? La réponse est « élégant ». Je trouve la nouvelle Giulia élégante, surtout dans cette robe beige parsemée de paillettes dorées qui m’a quelque peu surpris au début mais à laquelle je me suis habituée, au point de la préférer aux différentes nuances de gris et de noir vues ici et là.

Je vais commencer par l’arrière pour changer un peu parce que c’est de ce côté que je suis le moins convaincu. Les feux, débordant sur l’aile et la malle de coffre, sont étirés et joliment dessinés mais ils manquent de grâce, je trouve. La malle en revanche, avec sa petite lèvre faisant office de menu becquet est bien faite, avec le GIULIA majuscule et la mention du système Q2.

Les échappements sont joliment intégrés mais le plus joli détail reste le petit décroché visible sur le flanc du feu, petit trait presque vertical glissant doucement vers le coin inférieur de l’auto. Ce petit gimmick visuel permet de mettre en valeur la largeur du train arrière et crée un peu de richesses de traits. Au global, c’est donc bien fait, pas vraiment transcendant mais équilibré.

Les flancs sont tout aussi sobres avec le cerclage chromé des fenêtres et une belle double vague entre les portières et le bas de caisse. Vue de 3/4 avant ou arrière, c’est là-encore élégant, avec des rétroviseurs sobres qui n’adoptent pas la mode du brillant ou chromé.

Les roues de 18 » sont optionnelles (la monte d’origine est en 17), tout comme les étriers peints en jaune quand ils sont habituellement noirs. L’ensemble est plutôt réussi, donnant un très léger caractère dynamique à l’ensemble sans trop en faire.

Allez, passons au clou du spectacle comme souvent chez les Alfa Romeo : la face avant ! L’Alfa Romeo Giulia ne déroge pas à la règle de la légendaire calandre et s’encanaille presque avec deux belles prises d’air joliment soulignées d’une petite lame. Au centre trône donc la forme habituelle du triangle italien, bien évasée et surmontée du logo de la maison, avec un petit bossage pour enrober le tout et un petit trait de chrome pour surligner le trait sur la partie basse.

Le regard est quant à lui effilé, surplombé d’un capot joliment bosselé. Je trouve en revanche les feux un peu placides, pas totalement réussis. Je chipote sûrement un peu mais il y a quelque chose à peaufiner dans le regard de cette Alfa Romeo Giulia pour que ce soit absolument beau. Ce n’est pas grand chose mais ça aurait pu être un tout petit peu plus beau. Une chose reste sûre : elle se glisse délicatement dans la circulation, presque sans se faire repérer. En revanche, une fois aperçue, impossible de détacher son regard d’elle.

Sur la route comme sur les quelques parkings où je l’ai garée au milieu de tant d’autres berlines, compactes et SUV, elle se noyait gentiment au milieu des autres et j’observais alors les regards des passants ou conducteurs. Soudain, la prise de conscience et clac, un bout de magnétisme. La calandre, unique en son genre, légendaire une fois de plus.

Dans l’ensemble, l’Alfa Romeo Giulia est élégante, bien équilibrée. Quelques détails m’ont un peu chiffonné et je vous en ai parlé mais dans l’ensemble, c’est une vraie réussite esthétique ! Elle réussit à mon sens, sans trop en faire, à se faire à la fois discrète et singulière, aisément identifiable sans être torturée. Gageons que le facelift réussira à corriger ses menus défauts mais que cela ne vous empêche pas de savourer les moments où vous la rencontrerez sur la route car oui, elle est belle.

L’étape suivante, c’est bien sûr de pouvoir monter à son bord pour découvrir le travail admirable effectué par la marque sur l’Alfa Romeo Giulia. Vous vous souvenez de l’habitacle de la 4C avec ses composants repris sans vergogne dans la banque plastique de FIAT, sans souci de cohérence ? Oubliez-le. L’Alfa Romeo Giulia reprend bien sûr quelques pièces maison mais l’habitacle est à des années lumière de ce que j’avais en mémoire.

Je vais faire dans la revue de détails puisque c’est mon premier essai de cette nouvelle voiture, de l’habitacle qui vient aussi avec la nouvelle plateforme Giorgio. Si vous souhaitez passez un brin plus loin pour le ressenti au volant, ma foi n’hésitez pas mais surtout notez bien que cet habitacle est une indubitable réussite, combinant avec talent une ambiance chaleureuse assez unique assez ce cuir tabac et des technologies certes pas à l’état de l’art mais maîtrisées.

Les portières, commençons par elles, sont bien faites. Le plastique bien fichu côtoie le cuir tabac et de belles poignées entourées d’un cerclage strié très élégant. Le système son Harman Kardon (une option à 1000€) s’intègre dans cet ensemble tandis que les boutons ne dépareillent pas, bien finis.

On retrouve ce même assemblage au niveau de la planche de bord, avec des évents de ventilation pas ultra qualitatifs mais jolis et toujours ce contraste entre plastique moussé, noir ou tabac et inserts striés. Les assemblages sont propres, les ajustements maîtrisés et la qualité perçue générale est bonne, largement du niveau d’une BMW Série 3 par exemple.

Ce bon compromis entre qualité perçue et nécessaire limitation de la qualité réelle des matériaux employés se retrouve du côté des sièges, passés au cuir et électrifiés pour 1600€. Le cuir tabac n’est pas très moelleux mais il semble résistant et épais. J’ai oublié de photographier le blason Alfa Romeo sur les appuie-têtes mais il est bien réalisé ! Même chose du côté des tapis de sol, de bonne facture, ou encore aux places arrière, plutôt généreuses mais plutôt pensées pour 2 passagers que pour 3 avec ce côté baquet de la banquette.

La console centrale est tout aussi élégante, n’offrant une fois fermée qu’une petite prise USB à voir. Frein de parking électrique au bouton à part, système de molette pour l’audio, molette maison pour les modes de conduite DNA et enfin molette de commande du système infotainment sur lequel je reviendrai après. Le tout est entouré de chrome strié et présente bien.A l’intérieur, prise 12V et deux espaces pour gobelet ou bazar.

Non, le seul souci ici, c’est la commande de boîte de vitesse. Le levier est absolument quelconque et semble vraiment rajouté comme un plug&play au centre d’un bloc de plastique noir sans attention particulière et sans charme. C’est vraiment dommage qu’un effort supplémentaire sur la finition n’ait pas été fait ici, sous les yeux du conducteur. Surtout que la boîte AT8 est globalement bien fichue et aurait mérité un poste de commande à la hauteur du reste de l’habitacle.

La zone centrale de la planche de bord remonte le niveau avec les traditionnelles commandes de climatisation et de ventilation, surmontées de l’écran du système multimédia, parfaitement et élégamment intégré à la planche de bord. L’Alfa Romeo Giulia fait un vrai effort de design que beaucoup d’autres ne font pas pour intégrer l’écran aux belles courbes de l’habitacle. Il en ressort un vrai sentiment d’intégration qui n’est pas pour me déplaire.

Alors, maintenant, parlons justement de ce système infotainment ! Il est sobre, bien pensé, très largement inspiré du système BMW à mes yeux, ce qui est un vrai compliment. La molette centrale, non tactile comme chez les concurrents premium, se prend facilement en mains. On tire en bas, on a les favoris ; en haut les raccourcis rapides ; sur les côtés pour avancer ou reculer dans les menus.

Les clics sont un peu sonores et plastiques mais l’ergonomie est tout à fait excellente et intuitive, ce qui n’est là-aussi pas sans rappeler BMW. Pas trop de menus, pas trop de réglages, des commandes qui se font facilement et un appairage avec le téléphone bien pensé, mêlant Bluetooth et USB sans que l’un gêne l’autre.

Le fait est toutefois qu’on est donc un peu loin de toutes les fonctions vues par exemple sur le Peugeot 3008 GT et plus encore sur un système BMW avec beaucoup plus d’applications, ou encore Volvo avec sa pléthore sécuritaire. L’Alfa Romeo Giulia comble indubitablement une grande partie du gouffre qui séparait la marque du reste du monde mais il reste encore du travail pour être au trait.

Sa force, finalement, sera de ne pas chercher à trop en faire. Là où certains tentent à tout prix d’intégrer telle ou telle fonction sans vraiment la maîtriser, Alfa Romeo fait un peu moins mais le fait bien, avec une interface fluide, ergonomique, joliment dessinée et finalement largement suffisante pour le client qui ne recherche pas tous les gadgets électroniques servant une fois l’an.

Il est plus que temps de parler du vrai petit chef d’œuvre de l’habitacle déjà très cohérent de cette auto : le volant. C’est un pur régal ! La forme est parfaite, la taille de la jante aussi, le petit bouton de démarrage et d’arrêt du moteur n’est pas sans rappeler la marque qui a travaillé sur le V6 de la méchante version Quadrifoglio Verde et seuls les deux molettes au centre des boutons font un peu verrues de moindre qualité.

Non, vraiment, c’est un régal avec la petite doublure tissu qui tombe pile sous les doigts à 9h15 et la finition du logo plutôt discrète et élégante. En plus de ça, on remarquera pile derrière le volant deux longues palettes, une option quelque peu obligatoire à 200€. Ces deux palettes ne gênent pas l’accès au clignotant ou au comodo du lave-glaces et l’espacement entre le volant et elles est certes un peu étroit pour de gros doigts mais c’est un compromis convaincant.

Surtout, ces palettes sont fixes mais font la bonne taille ! Ah, qu’il est bon de voir une marque sachant faire des palettes fixes, pas comme Renault qui a sacrifié, y compris sur la nouvelle Alpine A110, la taille de ses commandes de boîte au profit d’un immonde comodo datant des années 90 ! Bref : dans cette Alfa Romeo Giulia, l’ensemble volant, palettes et combiné est quasi parfaitement réussi et ça tombe bien, puisque c’est finalement ce qu’on a le plus sous les yeux en conduisant.

Le bilan des comptes, s’il n’est pas exempt de toute critique vous l’aurez noté, est flatteur. L’Alfa Romeo Giulia n’est sûrement pas la plus technologique des berlines de ce segment ni la mieux finie ou la plus luxueuse mais elle offre sur cette version Super facturée 41k€ hors options et 52k€ pour le modèle essayé un compromis très robuste. Les matériaux et assemblages sont convaincants, le poste de pilotage est une réussite et l’ergonomie du système est bien pensée.

Enfin, l’ambiance à bord est chaleureuse et indubitablement italienne et si certains détails gênent un peu, la marque a eu toutefois le bon goût de ne pas chercher à trop en faire pour plutôt réussir sagement à combler une grande partie du gouffre dû au retard de développement de la plateforme. Franchement, je n’aurais pas parié dessus alors oui, chapeau car j’ai passé un vrai bon moment dans cet habitacle.

Démarrons maintenant le bloc 2.2 JTD développant 180 ch à 3750 tr/min et 450 Nm à 1750 tr/min. Le quatre cylindres est plutôt sobre, avec une consommation finale à 7.3 l/100 sur les 550 km d’essai. Vous allez peut-être trouver que c’est beaucoup et vous aurez raison mais il faut dire que j’ai pas mal arsouillé. Vous verrez pourquoi dans la suite…

Mais bref, le moteur. A froid, il claque. A chaud, aussi un peu. L’insonorisation laisse franchement un peu à désirer à vitesse stabilisée sur autoroute, avec un petit claquement qui revient dans l’habitacle. Ce n’est pas dramatique mais il va falloir oublier les voyages sans musique. C’est d’autant plus dommage que les bruits aéro et de roulement sont bien limités, ce malgré la monte optionnelle en 18 ».

Pour le reste, le bloc est une force tranquille, mettant en mouvement l’auto de manière convaincante sans être tonitruante. Sa plage d’utilisation est très nettement entre 2000 et 4000 tr/min, que l’on soit dans l’un ou l’autre mode de conduite du DNA Alfa Romeo. D pour Dynamique, N pour Natural et A pour All Weather. Dans ce dernier mode, qui me semble d’intérêt assez limité sur une berline de 180 ch, la réponse pédale est réduite à sa plus simple expression. Bien quand il neige, quoi.

A défaut d’une force brute en tout cas, ce moteur est vraiment plein et convaincant, parfaitement accouplé à une boîte AT8 onctueuse en mode Normal. La montée et la descente des rapports est pour ainsi dire imperceptible en conduite douce ou normale. Quand le rythme augmente, la cartographie gère très rapidement les kick-downs, choisissant le bon rapport sans faire hurler le moteur.

En sus de cela, les ingénieurs responsables de cette Alfa Romeo Giulia ont aussi bien réglé les lois de passage, favorisant une montée et une descente des rapports aux moments opportuns des courbes de couple et de puissance. Ainsi, même à pleine charge et au contraire d’une EAT6 du Groupe PSA qui tire le rapport au rupteur, l’AT8 Alfa monte son rapport à 4000, 4200 tr/min maximum.

Le couple moteur/boîte est donc remarquablement maîtrisé et c’est encore vrai en mode Dynamique. Le seul bémol dans ce cas vient de la perception de la cartographie des moments de « pause » dans la conduite, la boîte ayant un peu de mal parfois à comprendre qu’il est temps de passer à rapport plutôt que de stagner à haut régime. Dans ce cas, une pichenette sur la palette et le tour est joué.

Il faut aussi noter que le mode manuel est bien fait, convaincant à la montée, un peu lent à la descente comme souvent sur cette technologie de boîte de vitesses. Il suffit alors d’anticiper un brin et de tomber les rapports successivement pour que tout se passe de manière fluide.

Bref, je ne vais pas aller plus loin. S’il n’était cette petite question de claquement de diesel, raison pour laquelle j’aurais largement tendance à préférer la version 200 ch essence, ce serait parfait !

Passons maintenant à la liaison au sol, ou plutôt devrais-je dire dans le cas de l’Alfa Romeo Giulia à l’idée de connexion entre le conducteur, la machine et la route. Les Alfa Romeo sont plutôt réputées pour être des voitures de conducteurs, au même titre que les BMW. Cette nouvelle Giulia ne déroge très clairement pas à la règle et se montre une digne héritière !

J’ai à dire vrai eu un peu de mal à réaliser à quel point je roulais dans une version « standard » (le vrai standard étant le diesel de 150 ch avec un encore plus petit à 136 ch) tant le rythme et le niveau de ressenti de conduite étaient de haut niveau. Le freinage pour commencer est rassurant, offrant une attaque de pédale franche et un beau mordant sur le train avant, l’arrière se contentant très clairement d’équilibrer le tout. Le choix de petits étriers fixes n’y est sûrement pas pour rien et le pedal feel est par conséquent excellent avec une course pédale maîtrisée.

La suspension, pilotée une fois le DNA passé en mode Dynamique sur ce modèle (options Pack Sport et pack Performance à 1000 et 2400€), est tout aussi équilibrée. En mode Normal ou Dynamique avec le mode désactivé (petit bouton au centre de la molette DNA), la suspension se montre souple, avec même une légère tendance à pomper. Le confort règne à bord, le dynamisme de l’auto n’est pas pataud pour autant.

Une fois le mode piloté activé, l’amortissement et les mouvements de caisse sont sensiblement plus limités sans tomber dans la fermeté exacerbée. On ressent donc très bien la route sans se laisser embarquer pour autant. L’Alfa Romeo Giulia fait ici montre à mon sens d’un excellent compromis, surtout sur cette définition à la vocation plus familiale et classique qu’une Veloce ou une QV. C’est réussi, de bout en bout et sans jamais se faire mal au dos ni se faire peur au gré de mouvements non maîtrisés de la caisse.

Le dernier point, c’est finalement la direction. Que ce soit en mode Normal ou en Dynamique, où elle se raidit un brin, c’est une petite merveille de sensations. On est vraiment connecté à la route et au train avant, avec une démultiplication assez limitée mais sans être trop assistée non plus, une bonne consistance en courbes prolongées et une vivacité rassurante à l’inscription !

C’est je crois, au delà des qualités du châssis de manière générale, l’item qui m’aura le plus marqué dans cette Alfa Romeo Giulia. La qualité de la mise au point de la direction, combinée à la beauté du volant, rend les routes plus belles, désirables et plaisantes à enrouler, quel que soit le rythme. On parle ici de la version 180 ch diesel, finition Super. Qu’est-ce que cela va être sur une Veloce ou une QV !

Avec tous ces éléments, il est à dire vrai difficile de ne pas se laisser prendre au jeu et de ne pas augmenter drastiquement le rythme. C’est comme si la Giulia n’attendait à dire vrai que ça, bien montée sur des pneus standard, dans sa robe classique, mine de rien, l’air sage sur lequel il ne faut en réalité pas compter. Car oui, la Giulia aime qu’on la cravache dans le sinueux et qu’on la place aux freins.

L’arrière se déleste gentiment au freinage, le différentiel Q2 prend parfois un peu le relai et on remet les gaz tranquillement, en limite d’adhérence mais sans rien faire clignoter à l’intérieur de l’habitacle, bondissant tranquillement sur le couple du diesel jusqu’au prochain virage. Alors bien sûr, il n’est vraiment raisonnable de hausser le rythme ainsi pendant des kilomètres et des kilomètres car je ne suis pas sûr que les pneus ou les plaquettes y résistent bien longtemps mais tout de même, quel pied.

La petite dernière des Alfa n’est pas une sportive dans cette version d’essai mais elle est plus que dynamique. Surtout, en plus de sa bonne efficacité, elle fournit une dose généreuse et rare de ce qu’on appelle l’engagement du conducteur. Elle est gratifiante, plaisante, naturelle à emmener et à dire vrai enthousiasmante.

Plus encore qu’avec d’autres berlines, on se surprend à attendre l’enchaînement de virages suivant, à retarder tel ou tel freinage mais sans trop en faire pour aller lécher corde sur corde et le tout avec le sentiment vraiment excitant de tout ressentir. C’est inattendu sur une voiture de ce segment et surtout sur ce niveau de motorisation qui sera sûrement le plus vendu.

J’ai bien conscience d’être quelque peu dithyrambique sur cette fin d’article après avoir été un peu chafouin sur le design, sur certains points de l’habitacle ou encore sur l’insonorisation du moteur. L’Alfa Romeo Giulia a ceci de particulier qu’elle génère en moi une vraie petite bouffée d’affection.

Elle est imparfaite, bien sûr. Elle a encore du chemin avant de se hisser à côté d’une Mercedes-Benz ou d’une Audi en terme de finition ou de technologie embarquée. Mais tout de même, quelle face avant, quel habitacle chaleureux et quelle maîtrise de la dynamique véhicule !

Les attentes étaient grandes et ma foi, le résultat est presque intégralement à la hauteur. Il aurait été miraculeux de faire encore mieux que cela, considérant la santé et les difficultés du groupe FIAT ces dernières années. Cette nouvelle Giulia, à défaut d’être la plus complète, offre un compromis de tout premier ordre, portant dûment le blason légendaire.

En dernier lieu et c’est peut-être le principal pour qui aime l’automobile et la conduite, elle donne à son conducteur des sensations et un niveau d’engagement que plus grand monde n’est capable de donner sur ce segment.

2 Commentaires

  • Je suis comme tu sais toujours mi-figue mi-raisin sur la face avant… 🙂 Mais l’intérieur a l’air vraiment sympa malgré quelques détails de finition ou des choix designs un peu bof que tu indiques. Je vois en tout cas qu’elle fait l’unanimité de ceux qui aime conduire cette bestiole (Chris Harris l’a essayé en Veloce sauf erreur).

    Nota: je suspecte un acharnement palettiste lié à ma remarque sur la face avant… 🙂

  • Arès avoir contemplé une Giulietta ce matin (que j’aime pour sa ligne – ma Mazda 3 lui ressemble pas mal sous plusieurs angles 🙂 je pense avoir compris ce qui neme va pas sur la face avant: le reste de la voiture est sportif et dynamique, assez ‘fin’, mais l’avant fait vraiment massif vu de face… le design des feux y est sans doute pour beaucoup

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