A l’assaut de la Transfăgărășan avec SEAT CUPRA

Combiner beaux voyages et belles voitures n’est pas chose aisée. Si je m’arrange pour me créer de beaux voyages, il est bien rare que j’y sois en compagnie de belles mécaniques. A l’inverse, si j’essaie de très belles voitures, il est rare également que je les emmène en de lointaines contrées. Pour combiner les deux, il faut souvent une invitation, encore plus rare, à voyager et à rouler, au delà de l’essai d’une nouveauté.

SEAT a bien compris la chose ces derniers temps, proposant des expériences singulières en sus des activités plus classiques que sont les lancements de nouveaux véhicules. La dernière expérience en date ? Fêter les 20 ans de CUPRA sur la Transfăgărășan.

La QUOI ? Transfăgărășan. Transfăgărășan. Transfăgărășan.

Voilà, il faut le dire plusieurs fois, si possible avec l’accent roumain (car oui c’est en Roumanie) et après ça passe tout seul ! Il s’agit, vous l’aurez peut-être compris, d’une route fort singulière, qualifiée par beaucoup comme étant l’une des plus belles routes du monde. Rien que ça.

Un peu d’histoire avant de parler expérience : cette route a été construite entre 1970 et 1974 par Nicolae Ceaușescu, personnage à la triste notoriété à l’époque président de la Roumanie, quelque peu contrarié par l’invasion russe de la Tchécoslovaquie en 1968. Le principe était simple : traverser le plus vite possible les Făgărăș, la chaîne de montagne des Carpathes séparant la Roumanie du nord et du sud et assurer un passage que les russes ne pourraient que très difficilement bloquer.

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Me voici donc à Bucarest (ou București si on reste dans l’esprit prononciation locale !) en compagnie d’une bande de joyeux drilles dont les sourires font pâlir le ciel bleu et les plus de 30°c de la plaine capitale. Les SEAT Leon Cupra 290 nous attendent sagement sur le parking de l’hôtel. Mon partenaire du weekend : Gonzague, une connaissance de fort longue date en qui j’ai toute confiance et qui a toute confiance en moi. On verra par la suite que les routes empruntées, la confiance en l’autre, c’est bien.

Nous optons pour ce qui est pour moi la version ultime de la Leon CUPRA : version 5 portes (pratique), moteur porté à 290 ch (braaaapapapap), suspension pilotée (pratique – bis), boîte mécanique (rire démoniaque) et enfin pack Sub8 avec option PilotSportCup2 (rire triplement démoniaaaaaque). Le premier morceau du roadtrip n’est guère excitant mais il a un double intérêt dont nous allons parler rapidement. Premier intérêt, baissez un peu la tête pour voir la photo du dessous… voilà.

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Cette chose massive, brutale et dénuée de finesse est le parlement roumain. Il y a quelques années, à l’époque du fâcheux déjà coupable de cette fameuse DN7C (aka Transfăgărășan), c’était le palais présidentiel. La façade que vous voyez et sous laquelle trône notre petit monstre à quatre roues n’est qu’un seul des quatre côtés du carré (oui, c’est presque un carré, c’est absolument monstrueux). 350000 mètres carrés habitacles, 45000 mètres carrés au sol, 270×240 mètres de côtés, 1100 pièces sur 12 étages, 520 hectares rasés pour le construire, 40% du PIB pour le construire, la Casa Poporului ou maison du Peuple ne l’était guère, témoin gigantesque de la folie d’un homme.

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Second intérêt de cette première partie du roadtrip ? Mettre en valeur la polyvalence de la SEAT Leon CUPRA. Malgré la boîte mécanique et l’embrayage, tous deux sportifs, la voiture se glisse dans la circulation extrêmement dense de Bucarest sans encombre. On observe ainsi le contraste saisissant des grands boulevards et manoirs d’un côté de la ville et de l’autre des grandes barres d’immeubles totalement décatis. Les vieux trams circulent tant bien que mal et la faune automobile locale est essentiellement constituée de Lada qu’asticotent de grandes, grosses et noires berlines allemandes. Ambiance… ambiance d’ancien pays martyr qui lutte pour s’élever de nouveau. L’histoire roumaine est riche, dense, l’héritage des années de communisme puis de dictature pèse et pèsera encore un temps.

Fin des embouteillages, l’autoroute s’étire tranquillement vers le nord. Calés en sixième, les kilomètres filent et se filtrent au travers de l’amortissement basculé en mode Confort. Sur un filet de gaz, avec un paysage monotone seulement troublé par quelques friches industrielles au milieu de champs infinis. Pas de montagnes, ni à droite ni à gauche. C’est l’occasion de se mettre à jour avec Gonzague sur les derniers évènements de nos vies respectives ! L’autoroute 7 s’achève à Bascov, petit bourg en bordure de Piteşti. Il est temps de passer à la suite.

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A compter de ce point, nous sommes sur la Transfăgărășan ! Entre Bascov et notre hôtel, 71 km et beaucoup de changements dans le paysage et dans l’ambiance. Dès les premiers kilomètres, la route se dégrade et le billard de l’autoroute n’est plus qu’un lointain souvenir. Là encore, la SEAT Leon SUPRA se montre à l’aise alors que le rythme augmente, doucement mais sûrement. L’écurie n’est pas loin mais il ne faut pas oublier qu’il y a de tout sur ces routes, d’autant plus à cette heure tardive de l’après-midi ! Les moutons sont en route pour la bergerie. Plus étonnant encore, les charrettes tractées par un ou deux chevaux, emplies de foin et prenant une voie entière, cahin-caha et avec toute la famille posée en son faîte. Le contraste entre les roumains ayant accès à la voiture et ces roumains, assurément pauvres, est énorme. Ne parlons pas de nous, touristes de luxe… J’avais beau avoir quelque part dans ma tête cette image, y être confronté pour la première fois, à quelques kilomètres de Bucarest et quelques milliers à peine de Paris, est un choc.

Station Rompetrol Express. Le plein. La route Transfăgărășan change encore quelques kilomètres plus loin, se transformant en une route de vallée alors que les montagnes sont soudainement apparues devant nous et que la route grimpe doucement. Nous arrivons à Cetatea Poienari, une forteresse bien connue gardant l’entrée d’une vallée alpine dans laquelle la route s’enfonce. Calée à 800 mètres de haut et accessible par un escalier de 1500 marches, elle fut bâtie au XIIIème siècle et tient une place importante dans l’histoire et le mythe de Vlad III, dit l’Empaleur, dit Dracula.

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Il faudra revenir pour la visiter car pour le moment, la route est véritablement transfigurée ! Il est temps de grimper en tournoyant vers le lac et barrage de Vidraru, une gigantesque retenue artificielle, datant elle-aussi de Ceaușescu avec une mise en service en 1966. Dominé par un drôle de personnage, la voûte du barrage est impressionnante, tout comme la retenue d’eau. Les montagnes Făgărăș se teintent sous le soleil couchant. Difficile de s’arracher à ce lieu mais il reste encore quelques kilomètres pour activer le mode CUPRA et commencer à faire parler la poudre.

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C’est parti. Le DGL s’en donne à cœur joie, tout comme l’amortissement, sur les routes qui ondulent en vertical et en horizontal ! La visibilité n’est pas exceptionnelle mais certains enchaînements permettent de prendre des trajectoires jouissives et de bien tester l’équilibre du châssis, vif et sain, tandis que les PilotSportCup2 mordent gaiement le bitume ! Il y a des trous un peu partout, des bosses aussi. Alors ça saute, ça bouge, ça se tasse et ça bouge un peu dans les baquets. Sur ce genre de routes, des coques un peu plus enveloppantes auraient été les bienvenues (ou alors faut que je grossisse) car la SEAT Leon CUPRA est capable de tellement… Dernier virage serré à droite. Hôtel. Fin de journée, fin de cette première grande moitié de roadtrip qui aura permis de découvrir quelques visages de la Roumanie et autant de ceux de la voiture.

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Lendemain matin, lumière splendide sur le lac. Le chien de garde veille sur les voitures, rutilantes. Cette fois-ci, c’est du sérieux, on part pour le col, on part pour le second point le plus haut pour les routes d’Europe après la Transalpina, elle aussi en Roumanie. 2042 m pour aujourd’hui. Nous sommes à 600 ou 800 mètres d’altitude ! Le programme est… alléchant. Cette première montée, c’est Gonzague qui la fait. Moi, j’observe et je me réveille tranquillement bien vite !

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Je digresse très vite car il vous faut savoir qu’il y aura bien sûr cette montée le matin mais également dans l’après-midi une descente et une nouvelle remontée ! Cette section sud de la Transfăgărășan est très variée, bosselée et technique, peut-être moins jouissive et visuellement incroyable que la section nord qui sert à une étape du tour cycliste de Roumanie, mais quel régal néanmoins.

Le premier bout est donc relativement plat, faisant le tour du lac de Vidraru avant de bifurquer soudainement dans une vallée très resserrée que longe la rivière Arges. On remonte alors une série de grandes courbes et bouts droits, parsemées de quelques enchaînements serrés, le tout avec moult bosses et ondulations de la route ! Gare à vous donc et confiance dans votre partenaire car la voiture saute, vit, décolle de 2, 3 ou 4 roues avant de passer sur le freinage suivant. Cela secoue fort quand ça roule fort mais la SEAT Leon CUPRA sait faire pour peu que vous sachiez augmenter le rythme en sécurité.

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Oh, il faut faire attention aux ours aux abords du lac également. Oui, des ours et des oursons. D’où les chiens qui montent la garde et aboient toute la nuit ! Rencontre… incroyable. La mère n’était pas là, les deux oursons faisaient les curieux (et les affamés de pain de mie distribué par un père roumain…) à distance respectable (3, 4 mètres… est-ce bien raisonnable d’être aussi près d’un ourson ? sûrement pas !).

Il y a ensuite un premier bout d’ascension, parsemé de quelques tunnels au dessus desquels des rus viennent se jeter de manière fort graphique. La montagne est boisée et riche dans cette portion sud que baigne la rivière Arges.

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C’est enfin en arrivant à la Cabana Capra, cette grande maison rouge dans le bas de la vallée, sur la route se transforme une fois de plus. Cette fois-ci, c’est la Transfăgărășan telle que je l’avais imaginée, mais du côté sud, encore et toujours ! L’altitude explose, la végétation devient rase et les virages s’enchaînent. Il n’y a presque personne sur la route et une visibilité idéale. Terrain de jeu. Sans sécurité. Pas ou peu de rambardes, pas de fossés, si tu sors t’es mort.

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Les virages s’enchaînent, la confiance augmente, les freinages ne rallongent pas et le moteur enchaîne sans broncher ni trop pleurer alors que l’altitude augmente et que l’oxygène se raréfie un peu. Cette section d’ascension et de descente dans la moitié sud de la Transfăgărășan est constituée de belles sections très rapides où les placements sont importants. Les freinages, surtout en descente, doivent être considérés avec respect car comme je le disais, les rambardes ne sont pas légion ! Il y a en tout cas de quoi se faire extrêmement plaisir sans atteindre des vitesses folles.

Tunnel. Un dernier regard sur la gauche. La section sud de la Transfăgărășan, c’est fini.

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L’obscurité qui règne dans le tunnel rend la sortie éclatante. Pas encore de vue directe sur la fameuse section nord, plutôt un joyeux bazar de cabanes, tour cycliste oblige ; un parking comble et quelques maisons, restaurants et hôtels destinés à accueillir les touristes et les nombreux randonneurs qui viennent grimper les sommets alentours. Un lac, le lacul Balea, fait office de point de vue avec sommets en fond. On est pas mal là, à siroter un Pepsi, à défaut de bière !

Quelques mètres plus loin. La route est là. Incroyable.

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Section Nord. Comme un air de Nordschleife dans la tête. Cela commence pareil. Le paysage est splendide, il y a nettement plus de monde aussi de ce côté-ci, tour cycliste et « vue » plus vendeuse oblige. Au total, il y aura trois descentes et deux montées. J’aurai de la chance : une descente presque totalement claire et une montée tout autant sur ses 3/4. Les roumains et autres laissent volontiers passer les petits bolides SEAT. Il faut toujours raison garder, cela va de soi, car la route est technique et la visibilité pas toujours parfaite.

De nombreux virages se resserrent, d’autres s’ouvrent. Il y a quelques changements de revêtement et des bosses, de quoi bien s’amuser et faire travailler l’auto qui n’en demande de toute façon pas tant pour grogner et souffler. La route est limitée à 70 km/h si je me souviens bien. Rouler à 70 km/h partout est un sacré challenge. Dépasser le « fois 2 » n’est pas trop difficile en revanche tant les virages s’enchaînent rapidement, avec des alternances parfois splendides entre épingles et courbes rapides et appuyées sur les différents ponts et menus viaducs qui ont du être construits pour rendre la route possible.

Fin du premier cycle de descente / montée. Mes plaquettes sont blanches sur les 2/3 de leur épaisseur. Les pneus sont bien brûlants et la mécanique cliquète à l’envi. J’ai peut-être poussé le bouchon un peu loin. Que nenni. L’après-midi sur la section sud le prouvera : la SEAT Leon CUPRA encaisse sans problème. Le pack Sub8, ces pneus délirants de grip et l’ensemble boîte / DGL / moteur volontaire rendent impossible le roulage tranquille et sont un véritable pousse au crime sur un tel terrain de jeu !

Quelle idée aussi de rouler à 30 km/h sur cette route !? C’est beau, bien sûr, mais il faut voir les pouces levés, les énormes sourires et les « allez, allez » en roumain lorsqu’une CUPRA passe. Les roumains ne sont pas fous, ils savent ce que c’est que cette voiture et demandent le spectacle qui va avec, tout en pique-niquant !

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C’est le temps de la dernière descente. Le tour cycliste a terminé son étape, il y a du trafic mais quelques bons moments malgré tout. La montagne s’efface doucement pour rejoindre la plaine du nord de la Roumanie. Le regard déjà un peu nostalgique tourne souvent la tête vers le rétroviseur et plus tard, sur la droite, pour observer les monts Făgărăș et les Carpathes. Direction Braşov pour une dernière nuit en Roumanie. Je n’ai fait aucune photo de cette partie du voyage mais vous allez devoir me croire : Braşov, Râşnov et ensuite la route qui descend jusqu’à l’autoroute 1, tout cela est sublime, avec tout là-bas au fond le château de Bran. Vraiment, il va falloir revenir en Roumanie.

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Beaux voyages et voitures communes. Voitures exclusives et lieux communs. Le meilleur des mondes est rare. Rouler sur l’une des plus belles routes du monde en compagnie d’une belle équipe et d’une flottille de l’une des meilleures grandes GTi du moment est un moment unique que SEAT m’a permis de vivre.

Découvrir un pays, avoir envie d’y retourner. Confirmer tout le bien que je pense d’une voiture tout en essayant sa déclinaison la plus séduisante à mes yeux sur une route faite pour cela. (enfin, bon, pas historiquement mais maintenant, si)

Ce roadtrip roumain, clôture de la célébration des 20 ans de la division CUPRA par SEAT, avait des airs de paradis pour moi sur le papier et cela s’est confirmé de bout en bout dans la réalité. Quel moment incroyable, quels paysages incroyables, il y avait même des oursons ! Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Allez en Roumanie. Parcourez la Transfăgărășan. Visitez le reste du pays et tant qu’à faire, trouvez-vous une SEAT Leon CUPRA pour prendre un gros pied automobile en sus du voyage !

2 Commentaires

  • Très belles photos (la Transfa… ne serait-elle pas par ailleurs une des routes ‘mythiques’ que le trio Anglais à présent retraité avait déniché, dis-moi ?), et côté voiture effectivement une fiche technique qui donne envie pour les sportifs. J’aime le look extérieur de la Seat, surtout en définition Cupra, mais elle semble n’exister qu’en blanc ou gris ce qui est triste…là ou j’ai toujours un coup d’arrêt c’est quand je vois le tableau de bord. Plus triste et banal me semble difficile… heureusement que le volant, le levier de boite et les sièges rattraent un peu mais bon sang qu’ils achètent un designer intérieur qui ait autant de peps que l’extérieur !

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