Essai – Volvo V40 D4

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La Volvo V40, présentée à Genève en 2012, représente une nouvelle alternative sur le segment des premium compactes face à la concurrence allemande notamment, mais aussi face à quelques françaises, DS4 en tête. La remplaçante de la C30 s’est fait attendre et c’est peu de dire que le véhicule est important pour la marque après notamment une très bonne S60… Fan de la C30 pour ce qui est du design, je l’attendais moi aussi avec impatience pour voir si Volvo allait réussir à combiner un beau design dans la lignée de celui de la S60 mais aussi de belles qualités dynamiques et de bonnes prestations à bord. Autrement dit, je me demandais si Volvo allait être en mesure de venir se frotter sérieusement à la concurrence.

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Extérieurement, la réussite à mes yeux est indubitable. Nez agressif, lignes tendues, joli regard et toujours une partie arrière singulière. C’est cette dernière qui est la plus clivante d’ailleurs, avec ses feux torturés et cette grande zone noire au niveau de la vitre de custode qui fait qu’on reconnaît une V40 à coup sûr parmi le flot de véhicules se ressemblant tous. On retrouve aussi une petite ligne de LED au niveau de la partie basse du bouclier avant, un capot nervuré et travaillé bien malheureusement un peu « gâché » par les buses de nettoyage du pare-brise. Drôles d’excroissances qui viennent quelque peu casser la réussite globale de la ligne. Il fallait bien qu’il y ait un (petit) point négatif car pour le reste, V40 est agréable à voir, séduisante même.

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Intérieurement, je suis un peu plus partagé. L’accès à bord est agréable, la portière présente une belle finition, les boutons sont lovés dans un écrin de clarté souligné de chrome. Joli… Le regard se porte alors sur le volant, réussi lui aussi même si j’aurais aimé des boutons plus qualitatifs que ce sombre plastique dur, surtout pour 40 et quelques milliers d’euros. Bonne tenue en main en tout cas et belle qualité de cuir, c’est important quand on veut enchaîner les kilomètres… Le compteur 100% numérique est lui aussi une réussite ! Très lisible, facilement configurable, je n’ai pas de points négatifs à souligner. Les baguettes de chrome sont omniprésentes quoiqu’il en soit, autour du compteur, du bouton Start/Stop, du logement de la clé et l’harmonie cuir clair / plastiques sombres / chrome très épurée est agréable à vivre.

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En revanche, quelques points me choquent, à commencer par le frein à main proéminent et presque mal placé. Que fait-il là ? Vu le niveau de prix et de technologie (fonctions de sécurité etc. sur lesquelles je ne reviendrai pas, elles font partie de l’ADN Volvo) affiché par cette Volvo, on était en droit d’attendre un frein de parking automatique. Oui c’est bien moi, adorateur du tirage de câble dans les épingles qui dit ça… Tout dépend du véhicule bien évidemment, mais pour cette V40 premium et voyageuse au long court, j’aurais aimé avoir cette fonction. Ensuite, le système de navigation / entertainment, s’il est efficace, est en retrait par rapport à la concurrence. Pas tactile, molette longue et un peu pénible à utiliser, c’est en fait une reprise du système de la S60, sortie il y a déjà quelques temps. Dommage.

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La liste des défauts n’est pas bien longue puisque pour le reste, Volvo livre avec sa V40 une voiture agréable, bien finie et confortable, j’étais tout sauf fatigué après un bon millier de kilomètres parcourus ! Bonne assise, beau cuir (même si les sièges de la DS4/DS5 reste à mes yeux un régal…), chauffage des lombaires, levier de vitesse qui tombe bien sous la main quand on s’en sert, ergonomie très correcte malgré l’espèce d’énorme pavé de boutons au centre de la console centrale, c’est très bien, voire excellent pour la gamme de prix / segment.

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Enfin, puisqu’il faut bien évidemment parler dynamisme et conduite, que vaut cette V40 ? Bilan du weekend : 2000 km parcourus et une moyenne à 6.3L/100km. Raisonnable quand on sait que j’ai tendance à bien solliciter l’accélérateur dès que la route le permet. D’un strict point de vue confort pour moi-même et ma passagère (ainsi qu’une passagère occasionnelle à l’arrière), la V40 est réussie. Comme je le disais plus haut : aucune fatigue, pas de mal de dos, un corps presque frais et dispo au sortir de l’auto ; c’est un régal de dérouler les kilomètres. Ce confort est d’autant plus vrai que la boîte automatique (je déteste les boîtes auto à la base…) est véritablement excellente ! Rapide, discrète, douce quand il le faut, elle est aussi très réactive au kick-down et s’adapte à la conduite avec intelligence. J’ai été proprement bluffé par cette boîte qui si j’en crois quelques confrères, vaut celle du groupe VW.

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En tout cas, on la croirait presque sportive cette V40 avec sa belle monte pneumatique, sa double sortie d’échappement et son espèce de becquet qui la coiffe. Elle est pourtant motorisée par un gros diesel, le D4. Cinq cylindres turbo-compressé de 2.0L de cylindrée, il développe tranquillement ses 177 chevaux avec en sus un couple de camion de 400 Nm. Et puisqu’on commence à parler de dynamisme, léger focus sur le freinage et sur la consistance de la pédale, pas vraiment à mon goût. Peu de mordant, de l’efficacité très progressive et une sensation de pédale qui s’enfonce. C’est un pedal feel qui ne me sied guère mais je sais qu’il est apprécié par beaucoup d’autres. Agréable au quotidien, beaucoup moins en conduite dynamique voire sportive !

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Pour le reste, la liaison au sol m’a semblé très saine mais je n’ai malheureusement pas pu pousser trop loin la voiture, faute de temps disponible seul dans la voiture ! La tenue à haute vitesse est excellente, tout comme la directivité. Les transferts de masse se font sainement, de même, malgré une suspension assez douce, et on se sent rapidement en confiance. Mon impression globale est que la voiture est bien née et que l’association direction / boîte / liaison au sol est très efficace. Reste à tapoter un peu plus fort dans la voiture une prochaine fois pour véritablement me rendre compte de sa performance.

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Sans aller chercher la performance brute, la V40 en motorisation D4 autorise d’ores et déjà des vitesses très loin de la légalité, que ce soit sur autoroute ou sur (très) petites routes où son comportement très sain rassure et encourage à aller un peu plus loin.

Volvo a ainsi réussi sa V40, extérieurement, intérieurement, mais aussi pour ce qui est de l’agrément de conduite en la rendant utilisable au quotidien tout en la laissant bien fonctionner pour peu qu’on souhaite l’emmener fort dans les virolos. Une vraie alternative à l’Allemagne sur ce segment… espérons que les ventes suivent car elle le mérite et vivement l’essai de la version T5 qui risque elle aussi de venir chatouiller quelques références.

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