Essai – Renault Twingo RS 2012

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La Twingo RS, je l’avais essayée dans sa mouture « Gordini 2011« , quelques centaines de kilomètres et un PV pour un stationnement gênant, de nombreux virages passés pleine balle et de nombreux sourires. Quelques grimaces aussi. Depuis, le facelift est passé par là, remettant en conformité le design de la petite puce avec la nouvelle identité Renault. De gros et beaux yeux, le Losange bien en vue, un jaune sirius inratable et un joli nuancier allant du jaune au noir en passant par de belles pièces grises : Twingo RS 2012 est séduisante, plus que la version précédente en tout cas.

Il y a dans cette version un peu de Clio et Megane RS avec le petit aileron, l’espèce de diffuseur à l’arrière mais aussi et surtout la splendide lame de rasoir sur la face avant, dessinant une sorte de bouche prête à mordre. Les ailes sont elles-aussi plus charpentées, sans tomber dans la démesure Megane mais il ne s’agit pas vraiment non plus du même genre de véhicule… Extérieurement, la Twingo se veut donc un peu plus flatteuse et moderne que l’ancienne, plus en accord avec le style marque, une évolution très logique mais aussi réussie pour un modèle antérieur à la définition de ce fameux nouveau code stylistique.

Intérieurement, j’ai eu la sensation que c’était un peu mieux qu’auparavant. Les matières sont un peu plus flatteuses, la finition aussi. L’harmonie noire et blanche surpiquée de jaune rend très bien dans la voiture, c’est véritablement agréable et si l’on est bien sûr pas dans une machine luxueuse, il est clair que la qualité perçue a été travaillée. C’est bien mieux ainsi.

Certaines choses ne changent en revanche pas, comme l’insonorisation de l’habitacle par exemple ! A 130, il est clair qu’on n’écoutera pas ou peu de musique tant le ronflement du moteur est présent. Oubliez de même les trajets au long cours : cette Twingo RS 2012 est un bout de bois qui ne demande qu’à vous faire ressentir la route et ses défauts. Parfait en conduite sportive, nettement moins sur les pavés parisiens où ça peut cogner fort. Disons qu’au contraire de Clio ou Megane, j’ai l’impression que la Twingo RS ne fait pas dans la conduite au quotidien : sa suspension ne souffre pas qu’on essaie de la conduire délicatement. Allez, on va dire que j’exagère un peu sur ces dernières phrases mais ce fut mon ressenti au bout de trois jours : me dire que non, je ne pourrais pas conduire tous les jours dans cette voiture sous peine d’avoir un poil mal au dos. Soit je vieillis, soit elle est vraiment très dure.

D’ailleurs, en parlant de conduite, parlons peu parlons bien : c’est une tuerie. J’ai donc eu l’occasion d’essayer la Twingo RS aux Circuits LFG lors du second tournage Garage Des Blogs, sur la portion de 2 km. Cette portion est à la fois technique, comme l’ensemble du circuit, et rapide. Parfait pour se rendre compte de l’excellence du châssis Renault Sport, même sur une piste détrempée et piégeuse. Le train avant perd un peu d’adhérence quand on l’inscrit trop fort mais ça reste extrêmement propre par rapport aux autres voitures que nous essayions ce weekend là ! Train arrière joueur dès qu’on relâche la pression sur les gaz, vitesses qui claquent au rythme des débattements courts et du bon étagement, il faut par contre taper fort, fort, dans les tours pour qu’elle se réveille, cette Twingo RS. Le petit moulin ne sort ses 133 chevaux que quand on le cravache et qu’il atteint les 4000 tr/min.

Avant, c’est calme, très calme, on roule sur un filet de gaz tandis que l’échappement s’ébroue avec bonheur. C’est d’ailleurs un point positif de cette voiture : un échappement qui aime s’exprimer… fidèle à ceux des grandes sœurs donc. Je reviens aux qualités dynamiques de la machine : c’est joueur, efficace, prévenant et quelque peu à l’ancienne avec le caractère moteur lié à son alimentation. Il est nécessaire avec cette voiture de savoir quand et comment passer ses rapports si l’on veut maintenir la puissance au haut de sa courbe et donc aller vite. Plus facile, le freinage, qui manque un peu de mordant, s’appréhende facilement et est au final très efficace.

A la fois spartiate et légèrement coquette, mignonne à croquer mais rude au quotidien, prévenante et joueuse, la Twingo RS est toujours à mes yeux la petite bestiole parfaite pour apprendre et se faire plaisir, pour ne pas trop se faire peur tout en bénéficiant de l’excellence du travail de Renault Sport et d’une consommation à 10.3L/100 en ayant roulé comme un cochon. Honnête. Une parfaite petite école de pilotage en somme.

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